Iran (République islamique d’)

S.E. M. Mahmoud Ahmadinejad, Président

23 septembre 2010 (65e session)

Iran (République islamique d’)
Statement Summary: 

M. MAHMOUD AHMADINEJAD, Président de la République islamique d’Iran, a affirmé que le système capitaliste et l’ordre mondial actuel s’étaient avérés incapables de fournir des solutions appropriées aux problèmes des sociétés.  Opposant les « divins prophètes » du monothéisme à l’égoïsme et à l’avarice, il a affirmé que l’appât du gain et de la domination avait remplacé le monothéisme, « portail vers l’amour et l’unité ».  Évoquant les affres du colonialisme, il a constaté qu’au début du siècle dernier, de belles paroles sur la liberté, les droits de l’homme et la démocratie avaient suscité l’espoir de guérir les profondes blessures du passé, mais que ces rêves avaient failli. 

Le Président iranien s’est ensuite longuement attardé sur les attentats du 11 Septembre, estimant qu’à l’issue des attaques, une « machine à propagande » avait laissé entendre que le monde entier était exposé au « danger énorme » du terrorisme et que le seul moyen d’y faire face était de déployer des forces en Afghanistan.  Finalement, l’Afghanistan, puis peu de temps après l’Iraq ont été occupés.  M. Ahmadinejad a recensé « trois points de vue » sur les auteurs des attaques.  Il a d’abord fait état d’un groupe terroriste très puissant et complexe, capable de défier les services secrets et la sécurité des États-Unis.  Ensuite, il a souligné que « certains segments au sein du Gouvernement américain » avaient « orchestré » les attentats pour inverser la tendance du déclin de l’économie des États-Unis et « sauver le régime sioniste ».  Enfin, selon lui, ces opérations ont pu être menées par un groupe terroriste, mais bénéficiant de l’appui du Gouvernement américain, lequel aurait « profité de la situation ».   

Lors de l’énoncé de ces points de vue, la délégation des États-Unis, suivie de plusieurs autres, notamment européennes, ont quitté la salle de l’Assemblée générale.

Dans son discours, le Président iranien a ensuite estimé qu’une « enquête approfondie » aurait dû être menée par un groupe indépendant afin d’identifier les responsables et d’établir un « plan rationnel » de réaction.  Est–il rationnel de lancer une guerre classique qui a provoquée la mort de centaines de milliers de personnes pour combattre un groupe terroriste, a–t-il notamment demandé.  Il a, de même, réclamé la création par les États-Unis d’un groupe d’enquête indépendant afin qu’à l’avenir, les points de vue divergents sur les événements du 11 septembre ne soient plus interdits.  Il a également annoncé que l’an prochain, l’Iran accueillerait une conférence consacrée à la lutte contre le terrorisme.

S’agissant de la situation en Palestine, M. Ahmadinejad a affirmé que « les sionistes » avaient commis des « crimes horribles » contre des « peuples sans défense » au Liban et à Gaza.  « Ce régime, qui jouit du plein appui de certains pays occidentaux, menace régulièrement les pays de la région, tandis que ceux qui s’opposent à ce régime se voient imposés le label de terroriste et d’antisémite », a lancé le Président iranien.  « En Europe et aux États-Unis, toutes les valeurs, même celle de la liberté d’expression, ont été sacrifiées sur l’autel du sionisme », a—t-il poursuivi.  Il a ensuite plaidé en faveur du retour des réfugiés palestiniens dans leur terre natale et leur droit à la souveraineté.

Le Chef de l’État iranien en est ensuite venu au dossier nucléaire, et a affirmé que l’énergie nucléaire était un « cadeau des cieux » et un des meilleurs moyens de réduire la pollution liée à la consommation de pétrole.  Il a également dit que la bombe nucléaire était « l’arme la plus inhumaine » et qu’elle devait être entièrement éliminée.  Il a ensuite dénoncé le fait que « certains membres permanents » du Conseil de sécurité aient créé, selon lui, un amalgame entre l’énergie nucléaire et la bombe atomique, et mis l’énergie nucléaire hors de la portée de la plupart des États en créant des monopoles et en exerçant des pressions sur l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).  Il s’est également insurgé contre l’arsenal nucléaire du « régime sioniste ».  M. Ahmadinejad a ensuite proposé de proclamer l’année 2011 l’année du désarmement nucléaire avec pour slogan: « l’énergie nucléaire pour tous, les armes nucléaires pour personne ».

Le Président iranien a par ailleurs affirmé que l’inefficacité de l’ONU avait pour cause sa « structure injuste ».  Il a préconisé une réforme structurelle de l’Organisation, l’annulation du droit de veto, et a souhaité voir l’Assemblée générale devenir son plus important organe et que celle-ci finalise la réforme de l’ONU d’ici à un an.

À nouveau sur la question de la non-prolifération, M. Ahmadinejad a affirmé que la Déclaration de Téhéran, rendue possible, a-t-il précisé, grâce à la bonne volonté du Brésil et de la Turquie, avait constitué une mesure extrêmement constructive de rétablissement de la confiance.  L’Iran, a-t-il ajouté, s’est toujours tenu prêt à dialoguer sur la base du respect et de la justice.  Il a dénoncé les mesures d’intimidation et les sanctions qui ont été brandies contre « la logique évidente » de l’État iranien, lesquelles détruiraient, selon lui, la crédibilité du Conseil de sécurité.  « Nous nous tenons prêts à débattre sérieusement et librement avec le Chef d’État américain afin d’exprimer notre point de vue transparent », a assuré le Président iranien.


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Right of Reply
23 September 2010

Speaking in exercise of the right of reply, IRAN's representative said Belgium had made “baseless allegations” against his country’s nuclear programme.  Iran’s nuclear activities were, and always had been, for peaceful purposes.  According to the Nuclear Non-Proliferation Treaty, development of peaceful nuclear energy was the inalienable right of all States and his country was no exception.  Iran took its responsibilities seriously and its commitment to non-proliferation remained intact.  There had been an unwarranted focus on its safeguarded nuclear facilities, rather than addressing the unsafeguarded facilities of the Zionist regime.  He urged abandoning such an inconsistent approach to non-proliferation.

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24 September 2010

The representative of IRAN, speaking in exercise of the right of reply, said he wished to clarify two points.  Regarding comments made by the Prime Minister of Kuwait earlier in the day concerning islands located in the Gulf of Persia, he stressed that there was no conflict “whatsoever” over those islands, as they were considered an “eternal part” of Iran that fell under its sovereignty.  Iran would continue to spare no efforts to strengthen its “neighbourly and brotherly relations” with all its neighbouring countries, he said.

He then turned to what he called “bizarre comments” made by the Deputy Prime Minister of the United Kingdom earlier about the speech made by the President of Iran the day before.  The representative pointed out that his President had “simply raised a number of questions” concerning major events of the past decade, and that such comments made by the United Kingdom’s delegate only added to intolerance and impeded the freedom of expression.  A long time had passed since only a handful of Powers had dictated world opinion.  He also reminded the Assembly that Iran had been one of the first nations to have expressed a clear position concerning the terrorist attacks of 11 September 2001, as a cowardly and atrocious crime.

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28 September 2010

Addressing remarks made by the representatives of Sweden and Ireland regarding the human rights situation in his country, the representative of IRAN used his second intervention to say that those countries were ignoring their own record of human rights.  He urged them to stop spreading distortions against others and using United Nations tribunals to spread false accusations and distortions.

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