Déclaration
Résumé
Le Secrétaire général définit « cinq choix cruciaux qui s’imposent à nous »
« Le respect de la Charte des Nations Unies n’est pas facultatif ».
Décrivant « une ère de perturbations dangereuses et de souffrances humaines incessantes », le Secrétaire général a estimé que la tâche de la communauté internationale est immense, « alors même que nos moyens d’agir, eux, fondent comme neige au soleil ».
Alors que des nations souveraines sont envahies, que la faim est instrumentalisée comme une arme, que la vérité est réduite au silence, que des colonnes de fumée montent au-dessus des villes bombardées, que la colère sourd dans des sociétés fracturées et que les littoraux sont avalés par la montée des eaux, M. Guterres a estimé que cinq choix cruciaux s’imposent à nous.
Le premier est celui d’une paix ancrée dans le droit international. Le deuxième celui des droits humains et de la dignité humaine. Le troisième choix réside dans la justice climatique. Il faut également choisir de mettre la technologie au service de l’humanité. Enfin, il faut renforcer l’ONU pour le XXIe siècle.
Confiant avoir grandi « dans un monde où les choix étaient limités », dans les « ténèbres de la dictature », le Secrétaire général a dit croire farouchement en notre humanité commune et au potentiel de chaque être humain. Quels que soient les défis à relever, « nous ne devons jamais baisser les bras », a-t-il ajouté, promettant de ne « jamais abandonner » son action « pour la paix, pour la dignité, pour la justice, pour l’humanité ».
Le Secrétaire général dénonce les coupes dans l’aide au développement
« Nous avons les solutions… mais nous siphonnons le carburant qui nous permettrait d’avancer ».
Après avoir insisté sur le fait que « les droits humains ne sont pas un ornement de la paix –ils en sont le socle », le Secrétaire général a rappelé que ces droits –sociaux, économiques, politiques, civiques et culturels– sont universels, indivisibles et interdépendants.
Estimant qu’en de multiples domaines, « nous avons les solutions… mais nous siphonnons le carburant qui nous permettrait d’avancer », le Secrétaire général a appelé à la justice financière et à la solidarité et demandé une réforme de l’architecture financière internationale afin qu’elle soit au service du développement de toutes et de tous. « Les coupes dans l’aide au développement font des ravages », a-t-il déploré, parlant d’une condamnation à mort pour les uns, d’un avenir confisqué pour les autres.
M. Guterres a aussi appelé à se doter des moyens d’une transition juste pour les peuples et la planète, afin de réaliser la justice climatique. S’il a jugé « encore possible » de limiter la hausse de la température mondiale à 1,5 degré Celsius d’ici à la fin du siècle, il a averti que « le temps est compté ». Il a préconisé des mesures dans les domaines de l’énergie, des forêts, du méthane et de la décarbonisation industrielle; la mobilisation de 1 300 milliards de dollars par an en financements climatiques d’ici à 2035 pour les pays en développement; l’appui à des transitions justes; le doublement des financements de l’adaptation; et le versement de contributions importantes au Fonds pour les pertes et préjudices.
« Les solutions et les outils nécessaires sont à notre portée », a martelé le Secrétaire général.
Le Secrétaire général: « la communauté internationale doit veiller à ce que la technologie améliore l’humanité »
« L’intelligence artificielle (IA) est en train de redéfinir l’existence humaine en temps réel ».
« La technologie doit être notre serviteur, et non notre maître », a déclaré le Secrétaire général, pour qui elle doit faire progresser les droits humains et garantir la capacité d’agir des êtres humains. Il a appelé à en mesurer les risques, qui « s’étendent à de nouvelles frontières, des biotechnologies aux armes autonomes ». Nous assistons à l’essor d’outils de surveillance et de contrôle social de masse, de perturbations massives, voire de destruction massive, s’est-il alarmé.
Saluant la création, le mois dernier par l’Assemblée générale, d’un groupe scientifique international indépendant sur l’intelligence artificielle et d’un dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA qui se tiendra tous les ans, M. Guterres a souhaité qu’aucun pays ne soit « exclu de l’avenir numérique, ni enfermé dans des systèmes qu’il ne peut façonner ou dans lesquels il ne peut avoir confiance ».
« Les gouvernements doivent faire preuve de vision; les entreprises doivent agir de manière responsable et nous, la communauté internationale, devons veiller à ce que la technologie améliore l’humanité », a ajouté le Secrétaire général, qui a appelé à choisir « la coopération plutôt que la fragmentation, l’éthique plutôt que l’opportunisme, et la transparence plutôt que l’opacité ».
« La technologie ne nous attendra pas mais nous pouvons toujours choisir ce qu’elle sert », a conclu le Secrétaire général.
« Jamais, je n’abandonnerai. Jamais ». C’est par ces mots que le Secrétaire général de l’ONU a conclu son discours à l’ouverture du débat général de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations Unies mardi à New York.
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« Les forces qui secouent notre monde ébranlent jusqu’aux fondements du système des Nations Unies. Nous sommes confrontés à des tensions et à des divisions géopolitiques croissantes, à une incertitude chronique et à une pression financière de plus en plus forte », a-t-il constaté devant les chefs d’Etat et de gouvernement réunis dans la salle emblématique de l’Assemblée générale au siège de l’ONU.
Le monde a besoin de l'ONU
Selon António Guterres, « en ces temps de crise, jamais l’Organisation des Nations Unies n’a été aussi indispensable ».
« Le monde a besoin de la légitimité unique que nous incarnons. De notre capacité de rassemblement. De notre volonté d’unir les nations, de réduire les clivages et de relever les défis qui se présentent à nous », a-t-il affirmé.
« Nous sommes toutes et tous dans le même bateau. Et c’est dans cette salle de l’Assemblée générale que palpite le cœur de cette vérité. C’est la raison pour laquelle, depuis des décennies, les responsables du monde entier se réunissent en ce lieu unique en son genre », a-t-il ajouté.
Selon lui, « parce que, lorsqu’elle joue pleinement son rôle, l’ONU est bien plus qu’un lieu de rencontre ». « C’est une boussole morale. Une force de paix et de maintien de la paix. Un gardien du droit international. Un catalyseur du développement durable. Une bouée de survie pour les personnes en situation de crise. Un phare dans la nuit pour les droits humains. Un centre qui traduit vos décisions – les décisions prises par les États Membres – en mesures concrètes », a-t-il martelé.
Il a mis en avant notamment les réformes internes qu’il a engagées pour « construire une Organisation plus forte, plus inclusive et plus efficace » et a appelé à « investir dans une Organisation des Nations Unies qui s’adapte, innove et a les moyens d’agir pour les populations du monde entier ».
Faire les bons choix
Dans un monde « de plus en plus multipolaire », le Secrétaire général a estimé que « sans institutions multilatérales efficaces, la multipolarité ouvre la porte au chaos ».
Selon lui, « promouvoir la coopération internationale, ce n’est pas faire preuve de naïveté. C’est d’un pragmatisme plein de lucidité ».
« Dans un monde où les menaces ne connaissent pas de frontières, l’isolement est un leurre. Aucun pays ne peut arrêter à lui seul une pandémie. Aucune armée ne peut enrayer la hausse des températures. Aucun algorithme ne peut rétablir la confiance une fois qu’elle est brisée », a-t-il dit.
« C’est la résistance de nos systèmes, la force de notre solidarité et la profondeur de notre détermination qui sont aujourd’hui testées. J’en suis convaincu : Nous pouvons réussir ces épreuves. Et nous le devons ».
« Quel monde allons-nous choisir ? Un monde où règne la force brute ? Ou un monde régi par les lois ? Un monde où seul compte son propre intérêt ? Ou un monde où les nations s’unissent ? Un monde où règne le droit du plus fort ? Ou un monde de droits universels ? », s’est-il demandé.
Il a exhorté les Etats membres à faire « les bons choix ». « Nous devons donc faire un choix, un choix actif. Pour réaffirmer la primauté du droit international. Pour redonner au multilatéralisme sa place centrale. Pour renforcer la justice et les droits humains ».
Il a détaillé « cinq choix cruciaux » : le choix d’une paix ancrée dans le droit international ; le choix des droits humains et de la dignité humaine ; le choix de la justice climatique ; le choix de mettre la technologie au service de l’humanité ; et le choix de renforcer l’ONU pour le XXIe siècle.
« Quel que soit le défi à relever. Quels que soient les obstacles à surmonter. Quelles que soient les circonstances. Nous devons triompher. Et nous triompherons. Car dans un monde où de nombreux choix s’offrent à nous, il en est un que nous ne devons jamais faire : celui de renoncer », a dit le Secrétaire général. « Nous ne devons jamais baisser les bras ».
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