Serbie

S.E. M. Boris Tadić, Président

23 septembre 2011 (66e session)

Résumé de la déclaration: 

M. BORIS TADIĆ, Président de la Serbie, a estimé qu’en ces temps de changements importants, le pire à faire serait de laisser la crainte et l’indécision prévaloir.  Chaque crise à laquelle nous sommes confrontés, qu’elle soit économique, politique ou environnementale, s’étend au-delà de nos frontières nationales et il n’existe aucun moyen de la résoudre sans le cadre de travail défini par des droits et règlements internationaux auxquels tous les pays doivent se conformer, a-t-il souligné.  « Notre objectif doit être de gérer les crises réelles et d’éviter d’en créer d’autres inutilement », a-t-il estimé, notant l’amélioration de la coopération régionale en Europe et un nouveau niveau de confiance établi avec la Croatie.  Tout ceci a préparé le terrain pour que la Serbie se propose à la présidence de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) en 2014.

La Serbie a consacré un extraordinaire niveau de ressources à la capture de criminels de guerre, a assuré M. Tadić, estimant que le pays avait rempli ses obligations et fait la preuve de sa volonté d’avancer vers un climat de réconciliation totale dans la région.  Le Président de la Serbie a insisté également pour que tous fassent leur part et l’enquête du Conseil de l’Europe sur « Le traitement inhumain des populations et le trafic illégal d’organes humains au Kosovo » doit bénéficier des mêmes normes et du même examen par le Conseil de sécurité que les autres crimes de guerre, a-t-il dit.  Le Président serbe a salué l’accession à l’indépendance du Soudan du Sud, « un règlement trouvé après de longues et difficiles négociations entre les deux parties » et salué par le Président des États-Unis.  Il a cependant regretté que ce processus n’ait pas été respecté dans le dossier concernant la province du Kosovo et Metohija.  Le 17 février 2008, les autorités d’origine albanaise ont tenté la sécession unilatérale, en violation des principes de la Charte des Nations Unies, de l’Acte final d’Helsinki et de la résolution du Conseil de sécurité 1244, a-t-il dénoncé, se félicitant qu’une forte majorité d’États Membres de l’ONU n’ait pas reconnu cette indépendance.  L’appel lancé depuis ce podium pour une telle reconnaissance n’est pas un appel pour la paix, a-t-il prévenu, mais un appel pour l’unilatéralisme qui créerait un précédent profondément dérangeant et un encouragement aux parties sécessionnistes partout dans le monde.  M. Tadić a assuré que son gouvernement avait fait tout son possible pour empêcher une flambée de violence, notamment au mois de juillet lors de la tentative de placer des postes frontières entre la Serbie et la région du Nord Kosovo.

Le Président Tadić a regretté que les Serbes négocient avec Pristina « avec un fusil sur la tempe, sous la constante menace de l’isolement international ».  « Nous sommes extrêmement indignés par ce climat de menace émanant de pays que nous considérerions sans cela comme des partenaires naturels », a-t-il insisté.  Même si la Serbie n’acceptera jamais l’action unilatérale, elle n’abandonnera plus jamais le processus de négociations, a-t-il promis, détaillant plusieurs conditions sine qua non d’un accord sur la question: le statut de la population serbe dans le Nord Kosovo, la mise en œuvre de la décentralisation au Kosovo au profit de ses enclaves serbes, le statut de certains sites sacrés de l’Église orthodoxe serbe et la question plus générale de la propriété.  M. Tadić a estimé que l’échec pour avancer avec bonne volonté sur la question centrale des droits des communautés serbes du Kosovo, au cœur du problème, était extrêmement dérangeant.  La Serbie a, en outre, un deuxième objectif en parallèle à celui de cette question: accélérer le processus d’intégration à l’Union européenne.  Parvenir à atteindre ces deux objectifs est possible et dans l’intérêt de tous, a enfin déclaré M. Tadić.  La Serbie a rempli les critères pour être candidate à adhérer à l’Union européenne et a montré l’exemple en matière de réconciliation, de mise en place de l’état de droit et de lutte contre le crime organisé, a-t-il dit.
 


Source

Speaking in exercise of his right of reply, the representative of Serbia said that today’s speech by the Prime Minister of Albania had contained “misrepresentations and falsehoods”. Kosovo had taken unilateral actions of a “coercive nature” in the negotiation process in Brussels, attempting to create a fait accompli on issues that were still pending. The Prime Minister had also misrepresented the advisory opinion of the International Court of Justice from July 2010, he added, noting that the Court had never decided that the declaration of independence of Kosovo was in full compliance with international law. In fact, it had only found that Kosovo did not violate international law because the law contained no applicable prohibitions on declarations of independence.

Neither Serbia nor the Security Council had ever accepted “Ahtisaari’s package”, which the Prime Minister had mentioned today. Further, it was not true that Serbian cultural heritage was more secure in Kosovo today than ever. One only needed to recall the 2004 Albanian pogrom of Serbs to see that. Nor were inter-ethnic relations where Albanians and Serbs lived together “very good”, as the Prime Minister had said. Criminal groups mentioned by the Prime Minister were better characterized as Albanian groups that had a long tradition of devastating the rule of law in Kosovo. Finally, on the issue of the return of the remains for victims of the conflict in Kosovo, Serbia had shown its full readiness to complete that task, he said.

Taking the floor a second time, Serbia’s representative said that he had stated all he deemed to be necessary and it was now up to the Assembly to draw its own conclusions.

Déclaration

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