Rwanda

S.E. M. Paul Kagame, Président

25 septembre 2018

Statement Summary: 

En dépit d’un sens inégalé de la solidarité transnationale, a estimé M. PAUL KAGAME, Président du Rwanda, l’Afrique s’est souvent illustrée par ses divisions et disfonctionnements internes, un état de fait qui a selon lui empêché le continent de faire avancer des intérêts communs.  « Nous avons confié à d’autres la responsabilité de notre futur, non pas par la force, mais par défaut », a ainsi déploré le Président.

Cependant, pour M. Kagame, la tendance actuelle sur le continent est à « une coopération plus productive », aussi bien à travers l’Union africaine (UA) que les communautés économiques régionales.  À ses yeux, les États d’Afrique sont désormais capables de se concentrer sur leurs besoins urgents, de maintenir l’ordre sur leur territoire et de changer la façon dont ils font des affaires.  C’est la raison pour laquelle l’UA a selon lui entamé une réforme financière et institutionnelle majeure il y a trois ans.

« Nous en récoltons aujourd’hui les résultats tangibles », a estimé M. Kagamé, pour qui la nouvelle discipline financière a contribué à diminuer de 12% de budget de l’UA cette année.  Dans le même temps, la part de ce budget financée par les États membres de l’organisation régionale a fortement augmenté.  Les contributions au Fonds pour la paix, qui finance les opérations d’appui à la paix de l’UA, sont à leur plus haut niveau depuis la création du Fonds en 1993.  Plus tôt cette année, l’accord sur la Zone de libre-échange continentale africaine a été signé après plusieurs décennies de négociations.  M. Kagame a estimé que ces différentes avancées permettraient aux États d’Afrique de réaliser les objectifs de développement durable d’ici à 2030, y compris la création de nouveaux partenariats public-privé.

Au-delà de la dimension économique, le Président a en outre estimé que 2018 avait été le théâtre de transitions politiques clefs et de résolutions pacifiques des conflits, en particulier dans la Corne de l’Afrique.  Il a appelé le Conseil de sécurité à collaborer étroitement avec l’UA pour accompagner ce processus de normalisation.  Au Zimbabwe, a-t-il poursuivi, la communauté internationale doit également encourager de manière soutenue les prochaines étapes du processus de paix.

Toutefois, le Président a reconnu que de nombreuses questions sécuritaires demeuraient irrésolues sur le continent, notamment en République centrafricaine, en Libye, dans le Sahel et au Soudan du Sud.  À ses yeux, l’Afrique et le monde doivent travailler de concert pour « prendre les décisions qui s’imposent, harmoniser les initiatives qui font doublons et s’assurer que les accords sont respectés » sur ces dossiers.

C’est dans cet état d’esprit, a poursuivi M. Kagame, que l’UA et les Nations Unies sont sur le point d’ouvrir une nouvelle page de leur coopération, avec pour « base solide » les missions d’appui à la paix mandatées par l’UA.  Dans ce contexte, le Président a estimé que la représentation diplomatique de l’UA à l’ONU devait désormais jouir d’un statut et d’un poids équivalents aux autres organisations régionales majeures.

Dans le même ordre d’idée, le Président a dénoncé la gouvernance mondiale « à deux vitesses » en vertu de laquelle « un petit nombre d’États dictent les normes en fonction desquelles d’autres doivent être jugés ».  C’est en s’attaquant à cette injustice au cœur même du système onusien que l’Organisation sera à même de raviver sa légitimité, a-t-il conclu.


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