Myanmar

S.E. M. Henry Van Thio, Vice-président

20 septembre 2017 (72e session)

Statement Summary: 

Après avoir exprimé sa sympathie au Gouvernement et au peuple du Mexique suite au séisme meurtrier d’hier, M. HENRY VAN THIO, Vice-Président du Myanmar, a estimé que l’intensité et la fréquence des catastrophes naturelles sont la preuve des changements climatiques, une réalité qui « menace notre planète ».  Sujet à des tempêtes, à des inondations et à des sécheresses, le Myanmar est un pays « hautement vulnérable », a-t-il poursuivi, avant de souligner que son pays vient de déposer les instruments de ratification de l‘Accord de Paris sur les changements climatiques et de l’Amendement de Doha au Protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Hier, a-t-il rappelé, la Conseillère d’État a informé le corps diplomatique des efforts du Gouvernement visant la réconciliation nationale et la paix.  Elle s’est réjouie des progrès réalisés ces 18 derniers mois, sans cacher les défis qui restent à relever.  S’agissant de l’État de Rakhine, elle a souligné que le Myanmar « partage les préoccupations » de la communauté internationale face aux déplacements et aux souffrances « de toutes les communautés » touchées par le dernier cycle des attaques terroristes.  Elle a aussi souligné que « nous condamnons toutes les violations des droits de l’homme et les actes de violence illégaux ».  Le Myanmar, a assuré le Vice-Président, est déterminé à rétablir la paix, la stabilité et l’état de droit dans tout le pays.  Les forces de sécurité ont d’ailleurs reçu l’ordre de s’en tenir strictement au Code de conduite dans leurs opérations sécuritaires, de faire preuve de retenue et de prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter les « dommages collatéraux ».  Les violations des droits de l’homme et tous les autres actes qui compromettent la stabilité, l’harmonie et l’état de droit seront traités conformément aux normes strictes de la justice.  Nous ressentons profondément les souffrances de toutes les personnes qui ont été piégées dans ce conflit », a ajouté le Vice-Président.  

La situation dans l’État de Rakhine est une priorité du Gouvernement qui s’efforce de restaurer la paix et la stabilité et de promouvoir l’harmonie entre les communautés, a poursuivi M. Van Thio.  Le Comité central sur la mise en place de la paix, de la stabilité et du développement de l’État de Rakhine, que préside la Conseillère d’État elle-même, a d’ailleurs été créé le 30 mai 2016 pour répondre aux besoins spécifiques de l’État.  En août 2016, la Conseillère d’État a aussi mis en place une Commission présidée par M. Kofi Annan pour conseiller le Gouvernement sur des solutions durables à la situation « complexe » de l’État de Rakhine.  Nous faisons tout, a affirmé le Vice-Président, pour assurer le développement de l’État de Rakhine tout en assurant la paix, la stabilité et la cohésion sociale.  Ce n’est pas une tâche facile, a avoué le Vice-Président, en invoquant la profonde méfiance qui s’est enracinée depuis des décennieS et qu’il faut faire disparaître progressivement. 

Nous aurions voulu, a-t-il dit, vous faire part des progrès dans la mise en œuvre des recommandations de la Commission Kofi Annan mais c’est « avec un grand regret» que j’ai dû parler de la situation actuelle après les dernières attaques des terroristes de l’Armée du salut des Rohingya de l’Arakan (ARSA), le mois dernier, lesquelles attaques ont été à l’origine de la nouvelle vague de violence dans la région, donnant lieu à des pertes en vies humaines, à des souffrances généralisées et à des déplacements massifs « de toutes les communautés » et pas seulement les musulmans et les Rakhine.  Or, le monde continue d’ignorer les autres minorités, s’est étonné le Vice-Président.  Le Gouvernement du Myanmar est vivement préoccupé par la situation actuelle dans l’État de Rakhine, a-t-il précisé, et reconnaît l’ampleur du problème ».  Mais la situation s’est améliorée, aucune attaque n’a été signalée depuis le 5 septembre, s’est réjoui M. Van Thio, avant de s’interroger sur les raisons de l’exode des populations musulmanes vers le Bangladesh.  Mais ce qui est moins connu, c’est que la majorité a décidé de demeurer dans ses villages.

Le Vice-Président s’est dit heureux d’annoncer la mise sur pied d’un comité chargé de mettre en application les recommandations de la Commission Kofi Annan.   Pour assurer « transparence et redevabilité », le comité est tenu de publier un rapport d’étape tous les quatre mois.  Le Myanmar s’est aussi doté d‘un conseil consultatif composé d’éminentes personnalités du pays mais aussi de l’étranger.  À présent, c’est l’aide humanitaire qui est la priorité, une aide qui sera distribuée sans discrimination et pour laquelle le Gouvernement a débloqué des fonds importants.  Ce dernier a aussi mis en place un nouveau mécanisme, en coopération avec la Croix-Rouge, qui a déjà commencé son action humanitaire.  En outre, le Gouvernement s’efforce de renforcer ses relations avec le Bangladesh et comme l’a dit hier la Conseillère d’État, le pays se prépare au processus de vérification des réfugiés. 

Le terrorisme ne doit pas nous empêcher de développer une stratégie à long terme pour résoudre les problèmes de l’État de Rakhine, a ajouté le Vice-Président.  Les recommandations de la Commission Kofi Annan nous offrent une feuille de route claire et le comité de mise en œuvre, qui a commencé son travail la semaine dernière, ne manquera d’inviter les observateurs étrangers pour témoigner des programmes.  L’engagement du Myanmar en faveur de la paix est aussi fort maintenant qu’il y a un an, lorsque que Daw Aung San Suu Kyi s’est adressée à vous pour la première fois du haut de cette tribune, a promis le Vice-Président.

S’agissant du processus de paix dans l’ensemble du pays, il a rappelé que la Conférence de paix de l’Union a tenu sa deuxième session en mai.  À cette occasion, les représentants du Gouvernement, des militaires, des groupes ethniques armés et des partis politiques se sont entendus sur 37 principes portant sur des questions politiques, économiques, sociales et environnementales.  Toutefois, a-t-il conclu, la route vers la paix, la prospérité et la démocratie demeure « longue et sinueuse », et le Myanmar aura besoin de l’appui de la communauté internationale pour y parvenir.
 


Source

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Droit de réponse (25 septembre 2017)

Le représentant du Myanmar a exercé son droit de réponse suite aux remarques « irresponsables » faites par certaines délégations à l’encontre de son pays au cours du débat général.  Il a dénoncé les accusations infondées qui avaient assimilé la situation dans l’État de Rakhine à celle d’un nettoyage ethnique.  Il ne faut pas utiliser des termes comme « nettoyage ethnique » et « génocide » avec légèreté et y recourir que lorsqu’on dispose de preuves concrètes de ces actes, a lancé le représentant.  Le Myanmar s’oppose catégoriquement à l’utilisation de ces termes et exhorte le monde à observer la situation au nord de Rakhine de manière objective et non biaisée.  Le Myanmar fait son possible pour éviter le nettoyage ethnique et le génocide, et, jusqu’à présent, cela n’a pas eu lieu, s’est-il défendu.

Il s’agit d’une situation humanitaire extrêmement complexe, a poursuivi le représentant qui a insisté sur la responsabilité pour chaque gouvernement de combattre le terrorisme et de protéger sa population de civils innocents.  Son gouvernement condamne les violations des droits de l’homme et les actes de violence. 

Il a rappelé que 30 postes de police avaient été attaqués le 25 août par la « prétendue » Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA), ce qui a amené le Gouvernement à déclarer que l’ARSA était un groupe terroriste.  Ce groupe a également été condamné par les organisations islamiques du Myanmar.  Ce sont ces attaques qui sont à l’origine du déplacement de personnes, a affirmé le représentant qui a également rappelé que les musulmans ne représentaient pas une minorité dans l’État de Rakhine mais bien la majorité avec 95% de la population.

« Quand il s’agit de terrorisme, il n’y a pas de choix possible », a-t-il poursuivi en expliquant l’exode par la peur qui a poussé les femmes et enfants à fuir alors que les hommes ont été appelés à rejoindre le groupe ARSA.  Il a également affirmé que les villageois ayant collaboré avec le Gouvernement avaient été assassinés par ce groupe terroriste qui a également incendié des bâtiments et placé des bombes.

À ce stade, a fait valoir le représentant, l’aide humanitaire représente la priorité pour le Gouvernement du Myanmar, soulignant que depuis le 5 septembre il n’y a plus eu de confrontations armées.  Le Gouvernement a mis en place un mécanisme, en coopération avec le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), pour dispenser l’aide humanitaire aux personnes déplacées.  Il est en pourparlers avec les pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) pour avoir recours à leur centre d’aide humanitaire pour venir en aide à l’État de Rakhine. 

Avant de conclure, le représentant a assuré que le Gouvernement du Myanmar était déterminé à régler la situation dans l’État de Rakhine et a salué la feuille de route proposée par la Commission consultative à cette fin.  Il a également assuré que les réfugiés qui se trouvent au Bangladesh seront rapatriés.  Un groupe de vérification sera mis en place pour mener un processus de vérification systématique.  Par ailleurs, a-t-il annoncé, le Gouvernement organisera, le 28 septembre, une visite du corps diplomatique dans les zones affectées au nord de l’État de Rakhine, pour qu’il puisse voir de ses propres yeux la situation sur le terrain.  Il est également en pourparlers avec le Bangladesh pour trouver des moyens pour faire face au problème des réfugiés.

Source: AG/11953

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  • S.E. M. Wunna Maung Lwin
    Ministre des affaires étrangères
  • S.E. M. Wunna Maung Lwin
    Ministre des affaires étrangères
  • S.E. M. U Wunna Maung Lwin
    Ministre des affaires étrangères
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    Président
  • S.E. M. Wunna Maung Lwin
    Ministre des affaires étrangères
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    Ministre des affaires étrangères
  • S.E. M. General Thein Sein
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