Colombie

S.E. M. Juan Manuel Santos Calderón, Président

21 septembre 2016 (71e session)

S.E. M.Juan Manuel Santos Calderón

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Résumé de la déclaration : 

« Après plus d’un demi-siècle de conflit armé interne, je reviens aujourd’hui aux Nations Unies, à l’occasion de la Journée internationale de la paix, pour annoncer de toute la force de ma voix et de mon cœur: la guerre en Colombie est terminée », a lancé à l’Assemblée générale M. JUAN MANUEL SANTOS CALDERÓN, Président de la Colombie, qui a ajouté qu’avec la fin du plus ancien et du dernier conflit du continent américain, ce dernier, « avec toutes ses îles, de la Patagonie à l’Alaska, est désormais maintenant une zone de paix ».

Le Président colombien, qui a consacré l’ensemble de son discours à la fin du conflit entre le Gouvernement colombien et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) -lequel a fait quelque 220 000 morts et 8 millions de victimes- a rappelé que, depuis 1982, la Colombie s’était lancée sur une longue et difficile voie pour tenter de mettre fin à la violence, et qu’il était lui-même venu depuis 2010 à plusieurs reprises devant l’Assemblée générale parler des progrès du processus de paix et des attentes qu’il suscitait.  

M. Calderón a ensuite précisé les dernières étapes du processus: l’adoption le 24 août à La Havane du texte final de l’Accord sur la fin du conflit, le cessez-le-feu bilatéral entré en vigueur cinq jours plus tard, depuis lequel « il n’y a pas eu un seul mort, pas un seul blessé, pas une seule balle tirée », avant d’annoncer que l’Accord serait signé officiellement à Carthagène de Indias le 26 septembre, avant d’être soumis à référendum le 2 octobre.

À partir de cette date, a-t-il expliqué, les anciens membres de la guérilla se regrouperont dans des zones de concentration et remettront leurs armes aux Nations Unies dans un délai de six mois, tout en entamant leur processus de réintégration dans la société.  Quant aux armes, elles seront fondues en trois monuments à la paix, dont l’un sera placé à New York, un à Cuba, où les négociations de paix ont été menées, et le dernier en Colombie.  L’Accord signifie aussi que les FARC cessent d’exister en tant que groupe armé et peuvent devenir un mouvement politique au sein de notre démocratie, a encore déclaré le président.

M. Calderón a ensuite insisté sur « la principale caractéristique de l’Accord », qui se concentre sur la protection et les garanties des droits des victimes du conflit, ajoutant que c’est la toute première fois qu’un gouvernement et un groupe armé illégal s’accordaient sur la mise en place d’un système de justice transitionnelle plutôt que d’en subir l’imposition de la part d’acteurs extérieurs. 

Il s’est dit certain que ce modèle de justice, qui prévoit aussi des enquêtes et des poursuites pour les auteurs de crimes au sens du droit international, constituera un précédent utile pour de futurs processus de paix.

Le Président a longuement remercié la communauté internationale pour son soutien constant au processus de paix dans son pays, et notamment Cuba, pays qui a accueilli les négociations, la Norvège, qui a joué le rôle de garant de ces dernières, le Chili et le Venezuela, qui ont accompagné le processus, ainsi que les Nations Unies, le Secrétaire général et le Conseil de sécurité, qui a accepté de créer une mission politique de suivi et vérification.

M. Calderón a également mis en avant d’autres conséquences de l’Accord.  Il a ainsi rappelé que les FARC s’étaient engagées à couper tout lien avec les trafiquants de drogue dont elles assuraient la protection, que la déforestation illégale prendrait fin et que les deux parties travailleraient ensemble au déminage.  Il a annoncé que les ressources destinées à la guerre pourraient être consacrées à l’éducation ou à la santé et a rappelé que la Colombie avait déjà transcrit en droit interne les objectifs de développement durable et ajouté que le Congrès examinerait prochainement l’Accord de Paris sur le climat.

C’est une Colombie nouvelle, pleine d’espoir qui salue aujourd’hui la communauté internationale, une Colombie qui tourne la page et clôt un chapitre de guerre pour ouvrir un chapitre de paix, a encore affirmé M. Calderón, qui a répété en conclusion: « Il y a aujourd’hui une guerre de moins sur cette planète, et c’est la guerre en Colombie ».

 

 


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