Bahamas

S.E. M. Frederick Mitchell, Ministre des affaires étrangères

26 septembre 2016 (71e session)

S.E. M.Frederick Mitchell

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Résumé de la déclaration : 

Voulant faire « quelque chose de spécial », M. FREDERICK A MITCHELL, Ministre des affaires étrangères et de l’immigration des Bahamas, est venu accompagné de dirigeants de la société civile, des communautés religieuses et de l’opposition pour illustrer le consensus multipartite qui prévaut dans son pays s’agissant de la politique étrangère.

Le Ministre a attaqué d’emblée sur le front économique et financier.  Aujourd’hui dans les Caraïbes, une région où la tradition veut que l’on ouvre à un enfant un compte en banque à l’occasion de son baptême, il est de plus en plus difficile pour « des gens comme nous » de le faire, certains pensant même que c’est une politique voulue pour nous dissuader de pénétrer le système financier.  Le problème, a diagnostiqué le Ministre, c’est « l’hyperrèglementation » imposée par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).  Tout à coup, être un politicien ou de la famille d’un politicien, c’est être menacé d’être rejeté par les services bancaires parce que « les risques » sont trop élevés.  Dans le monde développé, en particulier aux États-Unis, les banques refusent même d’endosser les chèques de certaines banques des Caraïbes parce que le risque qu’elles ne respectent pas les règles établies est trop élevé et que leur niveau de transactions est trop bas.

Nous parlons ici, s’est emporté le Ministre, des Bahamas et des Caraïbes que des dizaines de millions d’Américains et d’Européens visitent chaque année.  Ces gens-là, a-t-il ironisé, s’attendent à tous les services modernes quand ils atterrissent pour « tremper l’orteil dans l’eau et faire la crêpe sur les plages » mais leurs Caraïbes, décrites dans leurs brochures touristiques comme « le paradis sur terre », sont pourtant traitées comme « l’enfer sur terre » par des règles financières qui n’hésitent pas à utiliser des expressions péjoratives comme « paradis fiscaux » et à imposer des mesures et des sanctions iniques sans se préoccuper une seule seconde de leur impact sur les envois de fonds des expatriés ou la capacité des parents à payer les études de leurs enfants. 

Mais dans le même temps, on n’hésite pas à faire du lobbying auprès de ces petits pays pour les amener à voter « pour ci ou pour ça » dans l’intérêt exclusif des pays développés. « Mais dans ce prétendu jeu du donnant-donnant, que reçoivent les petits États? » s’est une nouvelle fois emporté le Ministre.  Les Bahamas, comme tous les pays de la Communauté des Caraïbes, ne protègent aucun criminel.  Ils adhèrent à toutes les mesures contre le blanchiment d’argent et la fuite des capitaux.  Les attaques contre eux sont donc « non fondées et injustes ».  Accuser nos systèmes bancaires de jouer sur la concurrence est à bien des égards « immoral » car tout le monde sait que l’argent déposé dans les comptes offshores repart toujours d’où il vient, à savoir dans les pays développés. 

S’il est effectivement légitime de combattre l’évasion fiscale, il faut néanmoins assumer la « responsabilité morale » de comprendre que « l’hyperréglementation » et le maintien d’un système financier international « inique » peuvent avoir des conséquences « immorales » comme « la destruction de millions de familles ».  Ce problème doit être réglé par ceux-là même qui veulent imposer les règles.  Il s’agit d’un « impératif moral », a tranché le Ministre.

Le Ministre a poursuivi en annonçant que son pays vient de déposer les instruments de ratification de l’Accord contre la pêche illicite.  Les Bahamas ont aussi l’intention d’obtenir un autre mandat au Conseil de l’Organisation maritime internationale (OMI) et un tout premier mandat au Conseil des droits de l’homme pour la période 2019-2021.  Le Ministre a également plaidé pour l’élargissement et la modernisation des indicateurs utilisés pour évaluer le niveau et les besoins de développement.  Nous continuons à arguer que le PNB par habitant ne doit plus être le facteur déterminant de l’accès à l’aide économique ou aux financements concessionnels.


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