Antigua-et-Barbuda

S.E. M. Gaston Alphonso Browne, Premier Ministre

24 septembre 2016 (71e session)

S.E. M.Gaston Alphonso Browne

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Résumé de la déclaration : 

M. GASTON ALPHONSO BROWNE, Premier Ministre et Ministre des finances et de la gouvernance des entreprises d’Antigua-et-Barbuda, a salué l’adoption, l’an dernier, des 17 objectifs de développement durable, même si certains parmi eux peuvent être perçus comme des vœux, étant donné qu’aucune obligation juridiquement contraignante ne suscite le financement qui est pourtant nécessaire pour leur réalisation.  Il s’est également félicité de l’Accord de Paris sur le climat pour lequel son pays, un petit État insulaire, vient de déposer, en début de semaine, l’instrument de ratification. 

Il a rappelé que l’objectif de contenir l’élévation de température à moins de 2 degrés Celsius n’est pas viable, arguant même qu’en fixant ce chiffre à 1,5 degré, de nombreux pays insulaires seront rayés de la surface de la terre.  Les ravages des changements climatiques ne vont pas prendre fin avec la destruction des petits États insulaires en développement (PEID), a-t-il averti, ajoutant que ces conséquences ne vont pas disparaître avec la dernière marée montante.  Il a prédit que les réfugiés, les déplacés et la misère créés par les conséquences des changements climatiques vont s’afficher sur les rivages des pays qui ont rejeté ou négligé cette question aujourd’hui.

Le Premier Ministre a indiqué que les PEID étaient victimes des conséquences des changements climatiques, non pas parce qu’ils ont créé ceux-ci, mais parce qu’ils sont la cible d’actes de pollution d’autres pays.  Fort de ce constat, Antigua-et-Barbuda a toujours proposé que sa dette soit effacée en échange des mesures d’adaptation et d’atténuation aux changements climatiques. 

Il a expliqué que de nombreux PEID croulent sous le poids de la dette du fait qu’ils n’ont pas accès aux financements concessionnels, étant ainsi forcés d’emprunter à des taux d’intérêt très élevés, afin de reconstruire les infrastructures après des catastrophes, ou pour investir dans des mesures d’atténuation.  Ce poids de la dette est un boulet pour la croissance économique et constitue un frein à la réalisation des objectifs de développement durable.  « Nous sommes piégés au milieu d’un cercle très vicieux », a fait observer M. Browne. 

D’un autre côté, les prêts préférentiels ne seront accessibles aux PEID que si l’on arrête d’utiliser comme critère de sélection la variable du produit national brut (PIB), a-t-il expliqué, ajoutant que cette doléance était restée sans réponse jusqu’à présent.  Il a estimé que le moyen approprié de juger de la possibilité d’octroi des prêts concessionnels aux PEID serait de considérer leur vulnérabilité face aux chocs externes, une situation sur laquelle ils n’ont du reste aucun contrôle.  Il a fait part de sa frustration et de sa déception du fait qu’année après année, ses pairs et lui-même viennent à l’Assemblée générale expliquer leur défi en vain.

Le Premier Ministre a en outre expliqué que le dernier défi auquel les pays des Caraïbes, d’Amérique centrale et d’Afrique faisaient face était la fin de partenariats d’affaires entre les banques locales et des banques d’envergure internationale, prétendument pour éviter de payer des infractions colossales imposées par les régulateurs d’Amérique du Nord et d’Europe dans le contexte de la lutte contre le terrorisme et le blanchiment d’argent.  « Ils appellent ce processus réduction du risque, moi je l’appelle la destruction des économies », a lancé M. Browne. 

Le Premier Ministre a expliqué que la perte de partenaires bancaires pour ces petits États avait des conséquences calamiteuses, car ils seront de facto mis hors du système commercial international par l’impossibilité d’effectuer des paiements à l’étranger, ou même de recevoir des fonds venant d’autres pays. 

De même, les subsides envoyés par la diaspora vont s’amenuiser, poussant les populations locales à vivre sous assistance sociale alors que les économies sont déjà essoufflées.  « C’est un cancer qui s’étend et qui sape notre développement, menace la stabilité de notre région et nous empêche de participer à l’économie mondiale », a-t-il également souligné. 

« La menace est réelle et le danger imminent, mais prenez garde, aucun pays ne sera immunisé face aux conséquences de ce phénomène si rien n’est fait », a-t-il encore prévenu.  Il a annoncé que son pays allait accueillir un sommet des chefs de gouvernement de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) sur cette question les 27 et 28 octobre prochain.


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