Mali

S.E. M. Ibrahim Boubacar Keita , Président

27 septembre 2014 (69e session)

S.E. M.Ibrahim Boubacar Keita

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Résumé de la déclaration : 

M. IBRAHIM BOUBACAR KEITA, Président du Mali, a déclaré qu’au moment où la phase de conception du programme transformateur pour l’après-2015 est entamée, il reste une tâche cruciale à achever: celle de veiller à la complète exécution des engagements importants pris antérieurement. Il a souhaité qu’un véritable plaidoyer soit mené en faveur de l’accélération de la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Il a salué, par ailleurs, l’approche « inclusive, universelle, ambitieuse et transformatrice » du thème de la présente session de l’Assemblée générale qui intègre non seulement toutes les composantes essentielles des OMD en souffrance mais également celles des objectifs du développement durable, arrêtés sur la base d’un processus intergouvernemental transparent. Il s’est déclaré convaincu que l’élimination de la pauvreté à l’horizon 2030 devrait être l’une des cibles prioritaires des engagements de l’après-2015, en précisant que la contribution de l’Afrique à ce processus se trouve déjà formalisée dans la « position commune africaine sur le programme de développement pour l’après-2015, adoptée en juin dernier à Malabo, lors du Sommet de l’Union africaine. Cette position fait de la durabilité sociale, économique et environnementale la clef de voûte de la politique de développement du continent.

Alors que nous approchons de l’échéance de 2015, a-t-il poursuivi, l’Afrique se trouve de nouveau confrontée à la terrible épidémie de la fièvre à virus Ebola qui sévit cette fois en Guinée, en Sierra Leone, au Libéria et dans d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest dont l’apparition fulgurante et l’ampleur ont mis à rudes épreuves tous les systèmes de santé publique déjà en place. Les capacités individuelles de nos États, déjà fragiles et en pleine consolidation, ne suffiront pas à y faire face, a-t-il prévenu.

Au plan national et depuis l’amorce du processus de dialogue pour la paix et la réconciliation conformément aux résolutions du Conseil de sécurité et à l’Accord préliminaire de Ouagadougou du 18 juin 2013 avec les groupes armés du nord du Mali, des évolutions significatives ont été enregistrées dans les domaines de la sécurité, du rétablissement de l’autorité de l’État, de la protection des droits de l’homme, du développement de l’action humanitaire, de l’exécution du mandat de la MINUSMA, de la coordination des actions de développement et du partenariat avec la communauté internationale.

Dans ce contexte, le Gouvernement du Mali a engagé une large gamme d’actions couvrant la décentralisation, par une dévolution plus radicale de compétences jusque-là détenues par l’État central, la réconciliation nationale et le vivre ensemble, le développement effectif des régions du nord du Mali, la bonne gouvernance ainsi que la lutte contre la corruption et l’impunité.

Aujourd’hui, se tissent à Alger, avec la facilitation de l’Algérie et l’accompagnement de la communauté internationale, les fils du dialogue inclusif intermalien sur une paix globale et définitive, a indiqué le Président. « Il est à présent permis de croire en la conclusion, à brève échéance, d’un tel accord répondant aux aspirations profondes du peuple malien », a-t-il commenté, en précisant qu’un premier cycle de pourparlers directs tenu à Alger du 16 au 24 juillet 2014, avait permis d’aboutir à la signature conjointe d’une feuille de route consensuelle et d’une déclaration de cessation des hostilités dans les régions du nord du Mali. Les discussions de la deuxième phase doivent conduire à se mettre d’accord sur une vision commune du futur, à apporter progressivement une solution à tous les points de divergences et à amorcer la phase finale devant se conclure par la signature de l’accord de paix en terre malienne.

Il a condamné « avec la dernière énergie » toutes les formes de terrorisme et d’extrémisme, ainsi que les avatars de grand banditisme, de narcotrafic et de crimes transnationaux et transfrontaliers qui les accompagnent. « Le terrorisme, en particulier celui conduit sous la bannière de l’extrémisme religieux est complètement étranger à la société malienne », a-t-il tenu à préciser, en ajoutant que cette société est connue pour son ouverture, sa tolérance et pour sa pratique d’un islam modéré, fondé sur des valeurs d’humanisme et d’acceptation de la différence de l’autre.

Le Président malien s’est ensuite félicité des progrès accomplis sur la voie de la reconstruction et de la réconciliation nationale en Guinée-Bissau, estimant que la bonne tenue des élections présidentielles et législatives consacre le rétablissement de l’ordre constitutionnel dans ce pays. Se disant cependant préoccupé par la situation en République centrafricaine, notamment la situation humanitaire, il a appuyé la Mission multidimensionnelle intégrée pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) dont, a-t-il espéré, le déploiement rapide permettra de mettre fin à l’escalade de la violence et de protéger les populations civiles. Il s’est dit aussi inquiet des offensives du groupe terroriste « État islamique en Iraq et au Levant », qui mettent en péril la stabilité de toute la région du Moyen-Orient.

Concernant la réforme de l’Organisation des Nations Unies, le Président du Mali a déploré « l’érosion du multilatéralisme » dans le domaine du désarmement en particulier, et la paralysie prolongée dont souffre la Commission du désarmement, d’une part, ainsi que du manque d’avancée dans la réforme du Conseil de sécurité, dont les négociations intergouvernementales se poursuivent pourtant depuis deux décennies déjà. « L’Afrique, malgré ses 53 États sur les 193 que compte l’ONU, reste, à ce jour, le seul continent à ne pas disposer de siège permanent au Conseil de sécurité. Cette situation jure d’avec les valeurs d’égalité et de justice qui sont les idéaux prônés par notre Organisation », a-t-il souligné, en renvoyant à la position commune africaine, arrêtée à Ezulwini qui propose une solution juste et réaliste pour l’octroi de deux sièges permanents au continent, avec droit de veto, et de cinq autres sièges non permanents. Le Conseil ainsi réformé reflétera mieux les réalités géopolitiques du monde actuel et réparera l’injustice historique faite à l’Afrique, a conclu le Président malien.


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