Qatar

 H.H. Sheikh Tamim bin Hamad Al-Thani, Amir

24 septembre 2013 (68e session)

H.H. Sheikh Tamim bin Hamad Al-Thani

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Résumé de la déclaration : 

CHEIKH TAMIM BIN HAMAD AL-THANI, Émir du Qatar, a mis en exergue les changements historiques qui sont actuellement en cours dans le monde arabe après « l’entrée des peuples sur la scène politique nationale ».  Parallèlement, l’impasse caractérise toujours le conflit israélo-palestinien, a-t-il noté, ce qu’il a imputé à l’occupation israélienne des terres palestiniennes et arabes et aux injustices infligées au peuple palestinien, ainsi qu’à l’incapacité de trouver une solution juste et durable à ce conflit conformément à la légalité internationale.  Pour lui, il est irraisonnable que les organisations internationales, qui ont été créées pour garantir le droit à l’autodétermination des peuples après les guerres mondiales, n’aient toujours pas été capables de faire quoi que ce soit sur cette « dernière question coloniale au monde ». 

Israël devrait savoir que la politique du fait accompli ne peut apporter la paix, a-t-il poursuivi, ajoutant que la vraie paix ne vient que de la coexistence des peuples sur la base du respect mutuel, des relations de bon voisinage et de la prise en compte des intérêts de tous.  « La paix que nous voulons est construite sur la dignité, la justice et la légalité internationale ainsi que sur les résolutions pertinentes de l’ONU et sur l’Initiative de paix arabe », a poursuivi l’Émir qui a lancé un appel au Conseil de sécurité pour qu’il assume sa responsabilité et prenne les décisions qui s’imposent pour mettre un terme aux pratiques israéliennes illégales.

L’Émir a également dénoncé les actions destructives et les massacres horribles du régime syrien contre son peuple.  Il a regretté que les responsables de ces crimes, y compris de l’utilisation d’armes chimiques contre le peuple syrien, jouissent de l’impunité.  Pour lui, cela remet en cause la crédibilité des mécanismes internationaux des droits de l’homme.  La question n’est pas de savoir si la Syrie possède des armes chimiques mais si elle les a utilisées contre son propre peuple, a précisé l’Émir.  Il a rappelé que le peuple syrien ne s’est pas soulevé pour que les armes chimiques soient placées sous contrôle international mais pour se débarrasser du despotisme et de la corruption, et mettre fin aux injustices. 

L’Émir a condamné l’incapacité du Conseil de sécurité à prendre les mesures qui s’imposent pour venir à bout de l’intransigeance du régime syrien et de son rejet de toute initiative régionale ou internationale.  Le processus de prise de décisions au sein du Conseil de sécurité doit changer parce qu’il manque d’objectivité et d’équité.  Par conséquent, a dit l’Émir, le Qatar réaffirme l’importance d’accélérer le processus de réforme complet du Conseil de sécurité pour qu’il soit plus à même de faire face objectivement aux défis mondiaux et de répondre aux attentes des peuples.  Cela suppose, selon l’Émir, une représentation équitable de la communauté internationale.  Un ou deux États ne devraient pas pouvoir prendre en otage tout le Conseil.  L’Émir a aussi saisi cette occasion pour appeler ses « frères syriens à s’unifier et à s’engager ensemble dans la transition qui devrait les mener à un système de Gouvernement qui garantisse la liberté et la dignité à tous les Syriens sans discrimination de genre, de nationalité ou de croyance ».  

L’Émir a abordé les difficultés rencontrées par les pays du printemps arabe et a expliqué que ces difficultés étaient prévisibles.  Il a avoué que ce qui le surprend, c’est que certains hommes politiques n’aient pas su éviter ces problèmes.  « Quiconque connait la réalité du monde arabe et son contexte historique peut comprendre que ces révolutions sont le fruit d’un long processus historique, à savoir une transformation profonde en faveur de régimes plus justes et de la prise en compte des revendications du peuple, ce qui n’a jamais été facile dans l’histoire de l’humanité », a noté l’Émir qui a appelé à la patience et à la détermination. 

Soulignant que dans la plupart des révolutions, on a vu les anciens régimes essayer de les faire avorter, il a expliqué que c’était la raison pour laquelle les personnes plus sages préfèrent que les changements de régime passent par des réformes graduelles et non pas par des révolutions.

Mais, a affirmé l’Émir, le monde arabe ne fera pas marche arrière puisque les peuples sont désormais plus conscients de leurs droits et plus impliqués dans la vie publique.  

Pour sa part, le Qatar a toujours voulu jouer un rôle constructif aux plans bilatéral et multilatéral et régional et il espère être un centre de dialogue entre les différentes parties aux conflits sans pour autant devenir lui-même partie à ces conflits, a expliqué l’Émir, qui a dit attendre les résultats de la prochaine conférence de Helsinki qui devrait faciliter la mise en place d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient.


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