États-Unis d'Amérique

S.E. M. Barack Obama, Président

23 septembre 2010 (65e session)

S.E. M.Barack Obama

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Résumé de la déclaration : 

M. BARACK OBAMA, Président des États-Unis, a déclaré que Les quartiers de New York racontaient l’histoire d’une décennie difficile, notamment la destruction, il y a neuf ans, du World Trade Center, qui a signalé l’existence d’une « menace qui ne connaît pas de frontière », ainsi que la crise financière de Wall Street, il y a deux ans, qui a dévasté des familles américaines.  Ces deux événements séparés ont affecté les gens à travers le monde, a affirmé le Président américain, qui a passé en revue les initiatives lancées par son Administration pour relever ces défis.  Les États-Unis, a-t-il notamment indiqué, ne pouvaient pas agir seuls et ont joint leurs forces à celles de la communauté internationale pour s’assurer que les crises financières ne se reproduiront pas à l’avenir.  Évoquant notamment le travail du G-20, il a estimé qu’il importait d’agrandir son cercle de coopération pour y inclure les économies émergentes.  « Nous devons obtenir une prospérité plus grande pour tous les peuples du monde », a-t-il dit.

Les États-Unis, a ajouté M. Obama, continuent de lutter contre Al-Qaida et de poursuivre, avec leurs alliés, une stratégie visant à briser l’élan des Taliban et renforcer la capacité du Gouvernement de l’Afghanistan et des forces de sécurité, de sorte que la transition vers la responsabilité afghane puisse commencer en juillet prochain.  S’agissant de l’Iraq, les États-Unis, a-t-il dit, s’efforcent de construire un partenariat durable avec les Iraquiens, tout en maintenant leur engagement à retirer le reste de leurs troupes d’ici à la fin de l’année prochaine.

M. Obama a affirmé que son pays voulait assurer la paix et la sécurité dans un monde exempt d’armes nucléaires.  Il a notamment fait état de la signature entre son pays et la Fédération de Russie du traité de contrôle des armes « le plus complet depuis des décennies », ainsi que des efforts déployés par son pays pour renforcer le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).  Dans le cadre des efforts américains en vue de la non-prolifération, M. Obama a également affirmé avoir proposé l’an dernier une « main tendue » à l’Iran, qui, a-t-il ajouté, « a des droits et des responsabilités en tant que membre de la communauté internationale ».  Les États-Unis et la communauté internationale cherchent une solution à leurs différences avec l’Iran, et «  la porte reste ouverte à la diplomatie », a-t-il souligné.  « Mais, le Gouvernement iranien doit « démontrer un engagement clair et crédible et confirmer les intentions pacifiques de son programme nucléaire. »

Concernant les changements climatiques, le Président américain, qui a évoqué la signature de l’Accord de Copenhague, a affirmé que son pays appuierait un processus dans lequel toutes les grandes économies honoreraient leur engagement à protéger la planète et à mettre les énergies propres au service de la croissance et du développement.  Il a également engagé les États Membres à appuyer le Pakistan, suite aux importantes inondations qui ont frappé le pays.  Le Président américain a de plus fait savoir que son pays resterait aux côtés du peuple haïtien « jusqu’à ce qu’il puisse voler de ses propres ailes ».

Le Président américain a ensuite consacré une longue partie de son intervention au volet du Moyen-Orient, affirmant avoir déployé ses efforts les plus importants, l’an passé, pour soutenir l’objectif de deux États, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité.  M. Obama s’est félicité, après « un chemin sinueux » long de 12 mois, que des négociations directes entre Israéliens et Palestiniens eussent été menées à Washington, Charm el-Cheikh et Jérusalem.  Dans les deux camps, a-t-il dit, se trouvent des forces qui rejettent ce processus et s’attacheront à le faire dérailler.  « Certains disent qu’après des décennies de conflit, la paix est impossible », a-t-il regretté.  « Si on ne parvient pas à conclure un accord, a poursuivi le Président américain, la Terre sainte deviendra le symbole de notre divergence et non pas de notre humanité commune. »

« Chacun de nous doit choisir la voie de la paix », a déclaré M. Obama, qui a dit avoir été frappé par les mots du Premier Ministre israélien, M. Benyamin Netanyahu, et du Président de l’Autorité palestinienne, M. Mahmoud Abbas, des dirigeants israéliens et palestiniens.  «  Ces mots doivent maintenant être suivis d’actions et je crois que les deux dirigeants ont le courage de le faire », a-t-il souligné.  Le Président américain a notamment réclamé la prolongation du moratoire sur les colonies juives et la poursuite des pourparlers, « jusqu’à ce qu’ils aboutissent ».  « Le temps est venu de renforcer la confiance et de prendre le temps pour que des progrès substantiels soient réalisés », a-t-il déclaré.  « Chacun d’entre nous doit jouer son rôle.  La sécurité véritable pour l’État juif exige une Palestine indépendante, et les droits du peuple palestinien ne seront assurés que par une voie pacifique », a dit le Président.

M. Obama a en outre engagé les signataires de l’Initiative de paix arabe à adopter des mesures tangibles pour garantir la normalisation promise à Israël.  Il a de plus estimé que l’Autorité palestinienne devait bénéficier d’un appui politique et financier, permettant ainsi auxPalestiniens de bâtir les institutions de leur État.  « Ceux qui souhaitent une Palestine indépendante doivent cesser de chercher à détruire Israël », a-t-il affirmé.  « Son existence ne doit pas faire l’objet de débats. »  M. Obama a engagé les États Membres à atteindre ce qu’ils ont de meilleurs en eux.  « Si nous le faisons, a-t-il dit, lorsque nous reviendrons ici l’an prochain, nous aurons un nouvel accord qui aboutira à l’inclusion d’un nouveau Membre des Nations Unies, un État palestinien indépendant et souverain vivant en paix avec Israël. »

« La tyrannie est toujours avec nous », a encore déclaré M. Obama en abordant le thème des droits de l’homme.  Il a notamment cité les Taliban et la « tyrannie » qu’ils exercent sur les écolières, et évoqué la situation en République populaire démocratique de Corée (RPDC) et en République démocratique du Congo (RDC) où le viol est utilisé comme arme de guerre.  Pour le Président américain, « la démocratie, plus que toute autre forme de gouvernement, donne ce qu’il faut à nos citoyens ».  « Cette vérité ne sera que plus forte dans un monde où les frontières s’estompent. »

M. Obama a ensuite indiqué avoir établi, hier, une nouvelle politique de développement axée sur l’ouverture et qui place la dignité humaine en son centre.  « L’obligation des gouvernements est de donner des moyens aux citoyens et non pas d’entraver leurs efforts ».  Après avoir affirmé que la société civile était la conscience de notre monde, il a indiqué que les États-Unis avaient l’intention d’élargir l’accès à l’Internet pour « permettre à chacun de se forger ses propres opinions ».

« L’année prochaine, a poursuivi le Chef d’État américain, nous devons avoir des engagements précis pour promouvoir la transparence, lutter contre la corruption et appuyer les idéaux de tous les pays.  Affirmant que l’ONU était une « institution indispensable » pour la protection les droits de l’homme, il s’est félicité, sous une salve d’applaudissements, de la création d’ONU-Femmes.  Il a également appelé à la redynamisation du maintien de la paix afin de mettre un terme à la violence sexuelle et d’assurer le règne de la dignité.  « Une partie du prix de notre liberté est la défense de la liberté des autres.  Cette conviction sera la base du leadership des États-Unis au XXIe siècle », a-t-il lancé.  Le Président américain a notamment appelé à la création d’un « monde où les promesses du développement iront jusqu’aux prisons de la pauvreté et de la maladie ».

De l’avis du Président américain, la création de l’ONU est le témoignage du progrès humain. « Nos prédécesseurs ont choisit l’espoir de l’unité, plutôt que la facilité de la division, et ont promis aux générations à venir que la dignité et l’égalité des êtres humains seraient notre cause commune ».  C’est à nous qu’il incombe de transformer cette promesse en réalité, a-t-il dit.


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