Sénégal

S.E. M. Abdoulaye Wade, Président

24 septembre 2010 (65e session)

Statement Summary: 

M. ABDOULAYE WADE, Président de la République du Sénégal, a évoqué le thème de cette soixante-cinquième session, consacré à « la place de l’ONU dans la gouvernance mondiale ».  À son avis, la question n’est pas de savoir si l’Organisation a concouru à l’amélioration de la gouvernance mondiale mais plutôt comment rendre son action plus utile et plus efficace dans les bouleversements inédits qui agitent le monde.  « Sommes-nous disposés à définir un nouvel ordre mondial au sein duquel l’Afrique et les puissances émergentes joueront pleinement le rôle que leur confèrent les mutations en cours? ».  Après 65 ans d’existence, le système des Nations Unies reste encore marqué par l’héritage d’une période historique close, la Charte de l’Organisation portant en elle-même les stigmates de l’après-guerre et les préjugés coloniaux.

La réforme du Conseil de sécurité se négocie depuis 17 ans sans une perspective réelle de consensus.  « Si nombre de décisions du Conseil de sécurité sont aujourd’hui contestées et leur mise en œuvre défaillante, c’est parce qu’elles sont perçues par la grande majorité des États Membres plus comme l’expression d’intérêts nationaux que la traduction d’un mandat au nom de la communauté des Nations », a souligné M. Wade.  Il n’est pas possible de concevoir un rôle crédible pour l’ONU dans la gouvernance mondiale sans que l’Afrique, qui compose plus du quart de ses effectifs et occupe 70% des questions à l’ordre du jour du Conseil, ne dispose d’un siège permanent.  Le Sénégal a proposé qu’il soit octroyé à ce continent un siège permanent avec droit de veto.

Par ailleurs, le Président a jugé que la Cour pénale internationale (CPI) ne sera jamais crédible si le Président du Soudan doit être le seul poursuivi avec « un empressement suspect ».  La CPI doit refléter les principes agréés par les Nations Unies dans les domaines des droits de l’homme: l’universalité, l’objectivité, la non-sélectivité et l’impartialité.

S’agissant de la gouvernance économique mondiale, le Sénégal, avec d’autres, cherche à mettre en place un cercle indépendant de spécialistes de très haut niveau, pour se placer en amont du G-8 et du G-20 et apporter aux chefs d’État et de gouvernement ses réflexions sur les sujets qu’ils évoquent.  Pour parer à la hausse brutale des prix agricoles, M. Wade a proposé la mise en place d’un mécanisme institutionnel adéquat, associant pleinement les producteurs, afin d’établir une gouvernance mondiale des produits agricoles tenant compte des intérêts des producteurs et des consommateurs.  Ce sera l’objet du deuxième Forum Dakar agricole, après celui de 2005, que le Sénégal accueillera en janvier-février 2011.

Le Sénégal poursuit ses efforts de protection de l’environnement, notamment dans le cadre du projet d’édification de la grande muraille verte le long de la zone sahélo-saharienne, de Dakar à Djibouti.  S’agissant des Objectifs du Millénaire pour le développement, M. Wade a souligné que l’approche quantitative qui ne voit le développement qu’en termes de financement est insuffisante.  Il a cité un certain nombre d’initiatives mises en œuvre au Sénégal qui montrent la nécessité de recourir à l’innovation pour réaliser les OMD.

En sa qualité de Président en exercice de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI), le Président a mis l’accent sur la recrudescence de l’islamophobie dans certains milieux.  Il a souhaité que chacun comprenne que l’islam et les musulmans ne sont les ennemis de personne.  « L’islam est une religion du juste milieu, qui enseigne la modération, exhorte au bien, prêche le respect de la diversité et la coexistence paisible entre les peuples, quelles que soient leurs obédiences. »


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