État de Palestine

S.E. M. Mahmoud Abbas, Président

25 septembre 2010 (65e session)

Statement Summary: 

M. MAHMOUD ABBAS, Président de l’Autorité palestinienne, a dénoncé la non-application par certains États des résolutions du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale.  La communauté internationale doit prendre des mesures effectives pour contraindre ces pays à respecter et à faire appliquer les résolutions et, notamment, à mettre fin aux puissances d’occupation étrangère, à la colonisation et à l’exploitation du monde afin de promouvoir les valeurs de liberté, de justice, de tolérance et de combattre l’extrémisme et le terrorisme, a estimé le Président Abbas.  Les Nations Unies, a-t-il souligné, ont un rôle fondamental à jouer dans la promotion des relations entre les peuples.  Il a regretté que le peuple palestinien et la région du Moyen-Orient soient toujours exposés à la violence, manquant chaque occasion de répondre sérieusement aux problèmes auxquels font face les peuples de la région et de parvenir à une solution complète et véritable ».  C’est, selon le leader palestinien, le résultat de la mentalité de l’expansion et de la domination de la politique et de l’idéologie israélienne, « la puissance occupante », qui continue d’occuper la Palestine et qui n’applique pas les résolutions adoptées par l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité.

« Un tel mépris a rendu inefficace ces résolutions, affaiblissant la crédibilité des Nations Unies et augmentant l’idée qu’il y a une politique de « deux poids, deux mesures », notamment en ce qui concerne la cause du peuple palestinien et qu’Israël est au-dessus des lois », a critiqué le Président Abbas.  Il a dénoncé « les oppressions, les arrestations et les détentions, les assassinats, les destructions et les démolitions de maisons, le siège, l’expansion des colonies de peuplement, le mur de séparation », qui, selon lui, sapent le droits du peuple palestinien.  Le Président Abbas a poursuivi son discours en mettant l’accent sur la situation qui prévaut dans la bande de Gaza « qui subit un blocus injuste et sans précédent », en « violation du droit international et des résolutions pertinentes des Nations Unies » tout en étant « victime de l’agression militaire israélienne ».  « Ce blocus illégal et les agressions ont eu pour conséquence la destruction des infrastructures et de la capacité productive dans la bande de Gaza et ont détruit 25% des maisons et près de 75% de sa subsistance », a poursuivi M. Abbas.  Il a estimé que le blocus de la bande de Gaza empêche la reconstruction, et ce, malgré le fait que la communauté internationale de donateurs a promis quelque 5 milliards de dollars pour l’aide à la reconstruction.

Le Président de l’Autorité palestinienne a salué la mission d’établissement des faits établie par le Conseil des droits de l’homme après l’attaque de la flottille, le 31 mai dernier, qui transportait à son bord de l’aide humanitaire pour la population de Gaza.  Il a, par ailleurs, rappelé que des milliers de prisonniers palestiniens sont toujours dans des centres de détention israéliens.  Ils luttent pour leur liberté et doivent être relâchés, a-t-il rappelé.  « Nous ne pouvons atteindre un accord de paix sans la libération de tous ces détenus », a prévenu le Président Abbas.  Son peuple, a-t-il dit, aspire à vivre en paix et en sécurité sur le territoire palestinien.  « Nous sommes prêts à parvenir à un règlement global juste et à une paix durable, basés sur la justice et conformément aux résolutions de la légitimité internationale, de l’Initiative de paix arabe, de la Feuille de route et de la vision de deux États, et qui mèneront au retrait d’Israël, la puissance occupante, de tous les territoires arabes et palestiniens occupés depuis 1967, y compris Jérusalem-Est » et permettant la création d’un État palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale, a dit M. Abbas.  Faisant référence à la reprise des pourparlers de paix avec son homologue israélien, le Président Abbas s’est engagé à exercer tous ses efforts pour atteindre un accord de paix israélo-palestinien, d’ici un an, conformément aux engagements pris en vertu de la Feuille de route et à la vision d’une solution de deux États.

« Notre demande pour la cessation des activités d’implantation de colonies de peuplement, la levée du blocus et la fin de toutes autres pratiques et politiques israéliennes illégales ne constituent pas une condition arbitraire au processus de paix.  Elle est faite dans le respect des obligations et engagements antérieurs », a dit M. Abbas.  Il a ajouté que le respect par Israël de ces obligations conduira à la création d’un environnement propice aux négociations.  Alors que le moratoire israélien sur la construction des colonies en Cisjordanie arrive à son terme demain, le Président Abbas a prévenu qu’« Israël devrait choisir entre, d’une part, la paix et, d’autre part, l’expansion de ses colonies de peuplements ».

Le Gouvernement palestinien, a-t-il poursuivi, est déterminé à rétablir l’unité nationale entre les deux parties de son territoire et à rétablir l’unité à travers le dialogue et à travers les efforts bons et honorables « de ses frères et de ses amis, et notamment l’Égypte ».  « Nous n’économiserons pas nos efforts pour mettre fin à la division résultant d’un coup contre la légitimité palestinienne et l’institution de la démocratie, ferme fondation de notre vie politique. »  À cet égard, le Président Abbas a fait part de son appréciation à tous ceux qui appuient et contribuent au processus de paix, notamment le Président des États-Unis, M. Barack Obama, qui a réaffirmé son soutien à une solution de paix durable, qui prévoit la coexistence de deux États et au gel de la construction de colonies de peuplement.  Avant de conclure, M. Abbas a également salué les efforts de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient qui fournit une aide essentielle aux réfugiés palestiniens, depuis plus de 60 ans.


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