Brésil

S.E. M. Celso Luiz Nunes Amorim, Ministre des affaires étrangères

23 septembre 2010 (65e session)

S.E. M.Celso Luiz Nunes Amorim

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Résumé de la déclaration : 

M. CELSO LUIZ NUNES AMORIM, Ministre des relations extérieures du Brésil, a déclaré que plus de 20 millions de Brésiliens sont sortis de la pauvreté et que 30 millions ont rejoint la classe moyenne du pays durant les deux mandats du Président Lula, grâce à des politiques publiques fortes et transparentes qui ont permis de réduire les inégalités de revenus.  Le Brésil est fier d’avoir réalisé presque tous les OMD et d’être sur la bonne voie pour les réaliser tous d’ici à 2015.  Nous sommes convaincus que nous pouvons avoir une politique étrangère humaniste sans perdre de vue les intérêts nationaux, a dit M. Celso Amorim.  Il a précisé que la politique du Brésil s’appuyait sur la coopération Sud-Sud.  Il a indiqué que le Fonds de réduction de la pauvreté créé par le Dispositif IBAS pour l’atténuation de la pauvreté et la lutte contre la faim à l’initiative de l’Inde, du Brésil et de l’Afrique du Sud, finançait des projets en Haïti, en Guinée-Bissau, au Cap-Vert, en Palestine, au Cambodge, au Burundi, en République démocratique populaire lao et en Sierra Leone.  L’Afrique occupe une place particulière dans la diplomatie brésilienne, comme en atteste les 11 voyages du Président Lula sur ce continent où il a visité 20 pays, a dit le Ministre.  Il s’est dit particulièrement inquiet de la situation de la Guinée-Bissau, en souhaitant que la communauté internationale n’isole pas ce pays.  Alors que la plupart des pays africains fêtent cette année les 50 ans de leur indépendance, nous réaffirmons notre volonté de défendre une Afrique indépendante, prospère et démocratique, a souligné M. Amorim. 

Par ailleurs, il a salué la mise en place de l’Union des nations de l’Amérique du Sud (UNASUR) qui vise à consolider une zone de paix et de prospérité dans cette partie du monde.  En créant la Communauté des pays d’Amérique latine et des Caraïbes, lancée à Bahia et confirmée à Cancún, nous avons réaffirmé la volonté d’étendre à l’Amérique centrale et aux Caraïbes les idéaux d’intégration qui animent les Sud-Américains, a dit Celso Amorim.  Il a condamné l’embargo illégitime contre Cuba qui entrave les efforts de développement de millions de Cubains.  Le multilatéralisme est le visage international de la démocratie, a-t-il dit en estimant urgent de redéfinir les règles qui définissent les relations internationales.

Le Ministre des affaires étrangères du Brésil a noté que la crise financière de 2008 avait accéléré les changements dans la gouvernance économique mondiale.  Si le G-20 a remplacé le G-8 en tant que principal forum de délibération sur les questions économiques, il a cependant souhaité que sa composition soit ajustée pour permettre une meilleure participation africaine.  Si nous avons évité le scénario du pire avec le risque de l’émergence d’un protectionnisme incontrôlé qui nous aurait plongés dans une profonde dépression, il faut reconnaître que les pays développés n’ont pas fait preuve de l’engagement nécessaire pour garantir la stabilité économique mondiale, a-t-il dit.  Ils continuent de se laisser guider par des intérêts égoïstes.  En témoignent les négociations du Cycle de Doha de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui n’ont pu aboutir depuis 10 ans, alors que nous savons que la fin des subventions, source de distorsions et des barrières douanières excessives, permettrait d’assurer le développement des pays les plus pauvres. 

En matière de changements climatiques, M. Amorim a demandé aux États de cesser de trouver des prétextes et de prendre conscience qu’on ne peut pas négocier avec la nature.  Alors que le Brésil s’apprête à accueillir Rio +20 en 2012, il a exhorté toutes les nations à respecter leurs engagements en faveur du développement durable.  Il a également demandé que le Conseil de sécurité soit élargi pour permettre une meilleure représentativité du monde en développement.  S’agissant du problème nucléaire iranien, Celso Amorim a d’abord dénoncé les rapports de renseignements « fabriqués et faux qui, dans le passé, ont servi à lancer et vouloir justifier des guerres contre des pays de manière unilatérale ».  Après avoir rappelé l’initiative prise par le Brésil et la Turquie, et qui avait abouti à la Déclaration de Téhéran, le Ministre s’est étonné que le fruit de cette démarche, « faite pour créer la confiance » ait été rejeté.  Il a demandé au Gouvernement iranien, ainsi qu’aux autres parties concernées de faire preuve d’une attitude de souplesse dans les négociations.
 


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