Singapour

S.E. M. George Yeo, Ministre des affaires étrangères

28 septembre 2009 (64e session)

Statement Summary: 

M. GEORGE YEO, Ministre des affaires étrangères de Singapour, a rappelé que l’année dernière, à la même période, des institutions financières telles que Lehman Brothers et AIG « tombaient comme des mouches ».  Le crédit a été paralysé, et le système financier mondial est entré en état de choc, a rappelé M. Yeo, en ajoutant que les gouvernements nationaux ont alors pris des mesures d’urgence.  La Réserve fédérale américaine et le Département du trésor ont réagi de manière audacieuse, a dit George Yeo, en faisant remarquer que le monde ne semblait pas alors se rendre compte de l’ampleur de la crise.  À l’heure actuelle, un an après, il y a des signes d’amélioration, a-t-il noté.  Certains indicateurs sont à nouveau positifs.  Cependant, ce serait une erreur de croire que la crise mondiale se terminera rapidement.  La crise a vu le jour en raison d’excès et de déséquilibres qu’il aurait fallu corriger.  Nous savons que les excès étaient le résultat de régulations inadéquates des banques et des institutions financières.  Le secteur financier non réglementé a relégué au second plan la partie du système qui était réglementée.  Les mesures d’urgence prises par les gouvernements ont stabilisé le système financier, ce qui a évité à l’économie réelle de s’effondrer.

Le fonctionnement de l’économie mondiale n’est cependant pas si simple et ne concerne pas seulement l’économie.  Beaucoup de mesures qui s’y appliquent relèvent du politique.  Le fait que les gouvernements s’impliquent comme cela a été le cas crée lui-même un risque moral, car les acteurs du marché penseront alors que leurs erreurs peuvent être rattrapées par le secteur public.  Le problème, c’est que les marchés mondiaux ont eu un accès trop aisé à de l’argent facile, a relevé George Yeo.  La pression de l’Asie sur les marchés modifie la structure mondiale.  Et en Asie toujours, alors que l’économie réelle est encore dans les limbes, les marchés immobiliers connaissent déjà un boom.  Il sera difficile de procéder à des retraits de liquidités sans déstabiliser les économies et les marchés d’obligations, a prévenu M. Yeo.

Identifiant les causes de la crise, le Ministre des affaires étrangères de Singapour a déclaré que ce sont les excès dans le secteur financier qui l’ont déclenchée.  À cela il faut ajouter les grands déséquilibres existant alors entre producteurs et consommateurs, et entre les pays qui épargnent et ceux qui dépensent.  Trop longtemps, la croissance a reposé sur les consommateurs américains, qui maintenaient la demande en produits à la hausse, et à qui on prêtait de l’argent pour que la machine tourne.  Aujourd’hui, pour corriger ce déséquilibre, ce sont les Asiatiques qui doivent consommer plus et épargner moins; car aux États-Unis les gens vont moins acheter et devront faire plus d’économies, tout en remboursant leurs dettes.  

Le monde est en train de devenir multipolaire.  L’Europe et le Japon resteront des poids lourds.  L’Inde, la Russie, le Brésil et d’autres deviendront des acteurs plus importants.  Un monde multipolaire signifie un monde fonctionnant avec une diversité de systèmes.  Nous aurons donc besoin d’une meilleure gouvernance, a prévenu George Yeo.  Le plus grand défi à relever est celui posé par l’établissement d’une bonne gouvernance mondiale: la réforme des Nations Unies y compris celle du Conseil de sécurité va prendre du temps et se fera de manière progressive.  Concernant l’Organisation mondiale du commerce (OMC), elle peut bien fonctionner.  Avec un bon leadership politique, le Cycle de négociations commerciales de Doha pourrait se terminer d’ici quelques années, mais nous devrons nous opposer aux pays faisant preuve de protectionnisme, a dit le Ministre.

M. Yeo a ensuite affirmé que les changements climatiques revêtaient un caractère de grande urgence.  Un accord international sur les changements climatiques est indispensable, a-t-il souligné.  À cet effet, « nous devons redoubler d’efforts pour parvenir à un accord international à Copenhague », a-t-il précisé.

Abordant la question de la création du G-20, il a précisé que l’ancien Président américain George Bush avait convoqué le premier Sommet du genre.  Celui-ci a été suivi des Sommets de Londres, puis de Pittsburgh, et les actions déterminées qui en sont sorties ont permis d’éviter une dépression financière globale.  Mais, a-t-il précisé, « si les économies les plus grandes ne persistent pas dans leurs efforts, et si des mesures énergiques ne sont pas prises, le répit actuel risque de déboucher sur des crises encore plus sévères ».  Selon M. Yeo, le processus du G-20 doit créer une plus grande légitimité que celle que pouvait avoir le G-8.  À cet effet, nous devons donc appuyer ce nouveau forum.  Singapour estime que les Nations Unies ne sont pas assez structurées pour traiter des crises financières, et si le G-8 manquait de légitimité, le FMI quant à lui n’a pas été créé pour traiter de crises à l’échelle de celle que le monde vient de vivre.  « Nous devons appuyer le processus du G-20, mais en s’assurant qu’il tient compte des intérêts de tous les États, dont les plus petits », a-t-il conclu.

 


Source

Déclaration

Sessions précédentes

  • S.E. M. Vivian Balakrishnan
    Ministre des affaires étrangères
  • S.E. M. Vivian Balakrishnan
    Ministre des affaires étrangères
  • S.E. M. Vivian Balakrishnan
    Ministre des affaires étrangères
  • S.E. M. K. Shanmugam
    Ministre des affaires étrangères
  • S.E. M. K. Shanmugam
    Ministre des affaires étrangères
  • S.E. M. K. Shanmugam
    Ministre des affaires étrangères
  • S.E. M. K. Shanmugam
    Ministre des affaires étrangères
  • S.E. M. George Yeo
    Ministre des affaires étrangères