Cuba

S.E. M.  Bruno Rodriguez Parrilla, Ministre des affaires étrangères

28 septembre 2009 (64e session)

Cuba
Statement Summary: 

M. BRUNO RODRĺGUEZ PARRILLA, Ministre des affaires étrangères de Cuba, a commenté le changement d’Administration à Washington qui a semblé marquer, a-t-il dit, « la fin d’une période d’extrême agressivité, d’unilatéralisme et d’arrogance dans la politique étrangère de ce pays ».  Il a souligné que le discours conciliant et novateur du Président américain Barack Obama, dans cette même salle, lors de l’ouverture du débat général de l’Assemblée générale, suscitait de « grands espoirs ».  Il s’est ainsi félicité des messages réitérés portant sur le changement, le dialogue et la coopération.  « Hélas, a-t-il ajouté, le temps passe et le discours semble ne pas se fonder sur des faits concrets.  Son discours ne correspond pas à la réalité. »  Le Ministre a ainsi fait état du centre de détention de Guantanamo qui, a-t-il dit, « usurpe une partie du territoire cubain », et n’a pas été fermé.  Les troupes n’ont pas été retirées d’Iraq et la guerre d’Afghanistan continue et menace d’autres États, a-t-il poursuivi.

En ce qui concerne Cuba, les États-Unis ont annoncé un certain nombre de mesures, notamment l’autorisation à des compagnies américaines de mener certaines opérations de télécommunication avec Cuba, mais rien ne semble indiquer, a-t-il dit, qu’ils « sont prêts à mettre un terme à des pratiques immorales, assez répandues ces derniers jours, reposant sur l’appropriation illicite de fonds cubains qui restaient gelés dans des banques américaines, ainsi que d’autres biens, sur des ordres de juges vénaux qui violent leurs propres lois », a-t-il déclaré.  Mais le plus important, selon M. Parrilla, est que le blocus économique et financier contre Cuba demeure intact.  Le Ministre a ensuite énuméré les mesures que les autorités américaines pourraient précisément prendre, notamment l’autorisation de l’exportation de biens et de services cubains, et inversement, l’autorisation de l’achat de produits contenant plus de 10% de composants américains ou de technologie provenant d’ailleurs dans le monde, quelles que soient leur marque ou leur pays d’origine.  « Le fait certain est que le nouveau Gouvernement reste sourd aux appels de la communauté internationale, appels lancés dans cette Assemblée, année après année, afin que soit mis fin au blocus », a-t-il déclaré, qualifiant le blocus américain de Cuba d’« acte d’agression unilatéral auquel il convient de mettre fin unilatéralement ».

M. Parrilla a mis en avant la volonté de Cuba de normaliser ses relations avec les États-Unis, et ce, depuis de nombreuses années.  Le 1er août dernier, le Président cubain Raul Castro a réitéré la disposition de Cuba à un dialogue respectueux avec les États-Unis, sans entamer l’indépendance, la souveraineté et l’autodétermination de son pays, a-t-il souligné.  Il a énuméré les thèmes essentiels, à ses yeux, qu’il convient d’examiner: arrêt du blocus, suppression de Cuba de la liste des pays soupçonnés de terrorisme et fin du financement de la subversion interne.  Un élément prioritaire est également lié à la libération de cinq militants antiterroristes cubains qui sont, a-t-il dit, injustement détenus dans les prisons américaines depuis 11 ans.

Par ailleurs, M. Parrilla a estimé que l’Amérique latine et les Caraïbes traversaient une phase difficile entre des gouvernements progressistes et des oligarchies qui s’attachent à maintenir leurs privilèges, comme c’est le cas au Honduras.  À cet égard, il a appelé à ce que le Président de ce pays retrouve ses fonctions institutionnelles.  Ces faits coïncident, a-t-il ajouté, avec l’intérêt renouvelé des États-Unis de voir établies des bases militaires en Amérique latine, sans doute pour menacer le processus démocratique dans ces pays, notamment au Venezuela, et contrôler le pétrole et autres ressources naturelles, a-t-il poursuivi.  Enfin, il a observé que les prévisions optimistes qui promettent une reprise économique au début de l’an prochain ne se fondent pas sur des données solides.  Nul ne doit oublier qu’il s’agit d’une crise du système capitaliste, a-t-il noté.  Il a insisté sur la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international et « à ce titre, un rôle de premier plan revient aux Nations Unies » a-t-il affirmé.
 


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Déclaration

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  • S.E. M. Bruno Rodríguez Parrilla
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