Bangladesh

S.E. Mme Sheikh Hasina, Premier Ministre

26 septembre 2009 (64e session)

Bangladesh
Statement Summary: 

Mme SHEIKH HASINA, Premier Ministre du Bangladesh, a fait part des progrès réalisés par son pays depuis le rétablissement de la démocratie avec les élections « libres, crédibles et transparentes » du 29 décembre 2008.  Dans le domaine de l’éducation, Mme Sheikh Hasina a rappelé que c’était une priorité de son gouvernement à laquelle il consacre la part la plus importante du budget de l’État.  Le Bangladesh ambitionne d’arriver à un niveau d’inscriptions dans l’enseignement primaire de 100% d’ici à l’année prochaine, a-t-elle indiqué.  Dans le domaine de la santé, elle a rappelé qu’une politique nationale avait été mise en place pour offrir les soins de base sans discrimination à l’ensemble de la population.  Elle a également indiqué que 4 000 centres de santé avaient été construits en vue d’assurer des soins pour une population de 6 000 habitants.  Évoquant ensuite les programmes de sécurité sociale, elle a insisté sur les dispositifs existants comme des programmes de microcrédit, des programmes de pensions et d’aide pour les femmes, les personnes âgées ou les personnes marginalisées.  Enfin, dans le domaine de la sécurité alimentaire, Mme Sheikh Hasina a regretté que son pays ne soit plus en mesure de faire face aux besoins de l’ensemble de sa population.  Elle a toutefois annoncé qu’une politique nationale en la matière avait été mise en place, avec une série de mesures visant à faciliter l’accès à la nourriture en assurant la réduction des prix, l’augmentation de la production agricole, la réduction des prix des carburants, des engrais et des matériaux d’irrigation.  Évoquant aussi le Sommet international sur la sécurité alimentaire qui se tiendra en novembre prochain à Rome, Mme Sheikh Hasina a annoncé que le Bangladesh y demanderait un accord global sur le développement de l’agriculture et l’autosuffisance alimentaire des pays en développement, en particulier les pays les moins avancés.

Passant ensuite à la question des changements climatiques, Mme Sheikh Hasina a rappelé que le Bangladesh contribuait de manière « négligeable » au réchauffement de la planète.  Elle a regretté toutefois que son pays en soit l’une des premières victimes avec des inondations à répétition, des cyclones ou des tremblements de terre qui détruisent l’agriculture et mettent en péril les ressources en eau, la santé de la population ou le développement urbain.  « Ce qui est alarmant, c’est qu’une augmentation d’un mètre du niveau de la mer entraînera une inondation de 18% de notre territoire et touchera directement 11% de notre population », a-t-elle souligné.  C’est pourquoi, a indiqué Mme Sheikh Hasina, le Bangladesh a pris un certain nombre de mesures.  Le dragage des fleuves et des rivières les plus importants du pays est une priorité, tout comme la construction de 14 000 abris anticyclone.  À la Conférence de Copenhague, le Bangladesh attend des engagements forts des pays développés, notamment dans le domaine du financement de l’adaptation et des transferts de technologie vers les pays en développement.

Revenant ensuite sur la crise économique internationale, Mme Sheikh Hasina a regretté que les pays les moins avancés soient « les plus grandes victimes » d’une crise dont « ils ne sont pas responsables ».  Pour le Bangladesh, cette crise s’est traduite par une forte réduction de ses exportations, une baisse des prix des denrées de première nécessité, une baisse des transferts d’argent, une augmentation du chômage et une crise du crédit qui a mis à mal la croissance économique et le développement du pays.  À l’heure où les pays développés et les institutions financières internationales tentent de limiter l’impact de la crise, Mme Sheikh Hasina demande qu’une meilleure représentation des pays en développement, notamment les pays les moins avancés, soit assurée au sein de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI).  Pour elle, un soutien aux économies des pays vulnérables s’inscrit aussi dans le Cycle de négociation de Doha de l’OMC.  « Des concessions des pays développés sur les quotas et l’accès à leurs marchés peuvent sortir les pays en développement d’une situation catastrophique », a-t-elle expliqué.  Elle a finalement attiré l’attention sur la question des travailleurs migrants, rappelant que des dizaines de milliers de travailleurs expatriés avaient été rapatriés chez eux depuis le début de la crise, posant des problèmes d’instabilité sociale et économique aux gouvernements de leurs pays d’origine, dont le Bangladesh.

Revenant ensuite sur le rôle du Bangladesh dans la communauté internationale, Mme Sheikh Hasina a rappelé l’implication de son pays dans les opérations de maintien de la paix.  Depuis 1988, le Bangladesh a ainsi déployé 82 000 personnes au cours de 32 missions dans 24 pays.  En dépit de cette participation, Mme Sheikh Hasina a regretté que son pays ne jouisse pas d’une représentation plus proportionnelle au sein du Département des opérations de maintien de la paix des Nations unies.  Avant de conclure son intervention, Mme Sheikh Hasina a demandé que le « Bangla », langue parlée par 250 millions de personnes au Bangladesh et dans l’État indien du Bengale Ouest, devienne une langue officielle des Nations Unies.


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