France

S.E. M. François Hollande, Président

25 septembre 2012 (67e session)

S.E. M.François Hollande

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Résumé de la déclaration : 

M. FRANÇOIS HOLLANDE, Président de la France, qui a précisé qu’il s’exprimait pour la première fois à cette tribune au nom de son pays, a dit être venu pour « rappeler des valeurs qui n’appartiennent à aucun peuple, qui ne sont la propriété d’aucune nation, qui ne sont le privilège d’aucun continent, mais que la France a toujours proclamées et défendues: la paix, la justice, le progrès, la solidarité » et « rappeler des droits qui sont ceux de tout être humain: la liberté, la sûreté, la résistance à l’oppression ».

 

Selon M. Hollande, la mission des Nations Unies est de nous permettre de trouver ensemble des réponses justes et fortes aux défis que constitue la violation de ces droits.  Si l’ONU a pu, ces dernières années, mettre fin à des conflits meurtriers et prévenir des affrontements sanglants, l’Organisation demeure, dans le même temps, « par inertie, par division, par blocage de nos institutions, incapable d’empêcher la guerre, les exactions ou les atteintes aux droits des peuples ».  Il appartient alors de « prendre pleinement nos responsabilités », en réformant d’abord l’Organisation.

Le Président français a ainsi jugé que le Conseil de sécurité devait « mieux refléter les équilibres du monde d’aujourd’hui », la France appuyant en ce sens la demande d’élargissement formulée par l’Allemagne, le Japon, l’Inde et le Brésil, et étant favorable à une présence accrue de l’Afrique.

Il convient également d’« agir ensemble » et d’« agir vite, car il y a urgence ».  « L’urgence, c’est d’abord la Syrie, a-t-il expliqué, se disant convaincu que le régime syrien ne retrouvera jamais sa place dans le concert des nations. »  Il a précisé que la France reconnaîtrait le gouvernement provisoire, représentatif de la nouvelle Syrie libre, lorsqu’il serait formé.  Il a, en attendant, demandé que les Nations Unies accordent dès maintenant au peuple syrien le soutien qu’il réclame et protègent les zones libérées, en assurant une aide humanitaire pour les réfugiés.  Il a ajouté que la communauté internationale ne resterait pas inerte si les dirigeants de Damas venaient à utiliser des armes chimiques.

L’urgence, a poursuivi M. Hollande, c’est aussi de lutter contre la prolifération des armes de destruction massive, selon lui, la plus grave des menaces contre la paix et la sécurité internationales.  Il a ainsi déclaré que la France, avec ses partenaires européens, était prête à prendre de nouvelles sanctions contre la République islamique d’Iran.

« Dans cette région du Moyen-Orient, l’urgence, c’est de trouver enfin une issue au conflit israélo-palestinien », sachant que « le statu quo n’est pas une réponse », mais une « impasse ».

« L’urgence, c’est enfin le Sahel », a encore affirmé le Chef de l’État français, appelant à aider les pays de la région à « trouver ensemble une réponse politique, économique et humanitaire », l’Union africaine et la CEDEAO devant prendre des « décisions courageuses ».  La France, a-t-il déclaré, « soutiendra les initiatives que prendront les Africains, à partir de la légalité internationale que leur confèrera une résolution du Conseil de sécurité.  « Il s’agit de permettre au Mali de retrouver, le plus vite possible, son intégrité territoriale » et d’éliminer la menace du terrorisme.

S’agissant des défis globaux du développement, M. Hollande a plaidé pour que soit « mis en place sans tarder un agenda alliant croissance économique, réduction de la pauvreté et des inégalités, progrès social, et protection de l’environnement ».  Il faut, a-t-il dit, « parvenir à un accord mondial sur le climat d’ici à 2015 ».  Il a annoncé que la France était « disponible pour accueillir à cette date la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques ».  Parallèlement, la France souhaite la mise en place d’une Organisation des Nations Unies pour l’environnement, basée en Afrique.

Le Président français a ajouté que son pays plaidait « avec force » en faveur de l’instauration d’une taxe sur les transactions financières à laquelle plusieurs pays de l’Union européenne ont déjà donné leur accord.  M. Hollande a par ailleurs mis l’accent sur la nécessité de définir et de mettre en œuvre une stratégie mondiale de lutte contre la drogue.  De même, « la France est résolument engagée dans la conclusion d’un traité universel sur le commerce des armes ».

M. Hollande a rappelé que cette Assemblée a affirmé, en 2005, un principe: les États ont la responsabilité d’assurer la sécurité de leurs civils.  Et s’ils venaient à manquer à cette obligation, l’ONU s’est engagée à l’assumer à leur place.  « N’enterrons pas cette promesse », a dit le Président français, en pensant, en particulier, à la République démocratique du Congo, « où, de surcroît, les ingérences étrangères doivent cesser ».

Voilà les orientations que la France défendra aux Nations Unies qui doivent être le cadre de la gouvernance mondiale.  Mais, a ajouté le Président, j’ai dit aussi ce qui menace notre Organisation: l’indécision, la lourdeur des procédures, l’enlisement, l’impuissance face à des périls qui, eux, n’attendent pas.  « Alors agissons, prenons nos responsabilités, soyons à la hauteur des attentes du peuples du monde.  La France y est prête. » 


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