Zimbabwe

S.E. M. Robert Mugabe, Président

22 septembre 2011 (66e session)

Statement Summary: 

M. ROBERT GABRIEL MUGABE, Président du Zimbabwe, a regretté que les principes universels de la Charte des Nations Unies n’aient pas été respectés dans le cas de l’intervention de l’OTAN en Libye, soulignant que le processus de médiation et de négociation pacifique n’avait jamais eu l’occasion de pleinement jouer son rôle.  Au lieu de cela, « on a rapidement invoqué le Chapitre VII de la Charte, assorti d’une mauvaise interprétation flagrante du mandat initial de l’OTAN pour assurer et protéger les civils », a dénoncé M. Mugabe.  Il a insisté sur le fait que des haines et querelles bilatérales où d’autres motifs ne devraient pas pouvoir interférer avec des considérations de paix et de sécurité internationales et le principe de la responsabilité de protéger.  Pour sa part, il n’est toujours pas convaincu que l’intervention des « grandes puissances » dans les affaires libyennes n’ait pas empêché la naissance d’un processus de paix, de démocratie et de prospérité dans « cette nation africaine sœur ».  C’est à l’Union africaine d’assister le peuple libyen, a estimé M. Mugabe, assurant qu’elle ne ménagerait aucun effort pour que la paix puisse y être réalisée.

« Le principe nouvellement développé de la responsabilité de protéger ne doit pas être manipulé pour offrir une couverture à des violations du principe de non-ingérence », a poursuivi M. Mugabe, convaincu que cela équivaut à un acte d’agression et de déstabilisation d’un État souverain.  Pour lui, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité ont une responsabilité particulière à veiller à ce que « leur privilège historique » soit utilisé à bon escient pour défendre la Charte des Nations Unies et non pas pour l’enfreindre comme cela a été le cas en Libye avec l’intervention de l’OTAN, a fustigé le Président du Zimbabwe.  « Après les bombardements, certains pays de l’OTAN se disputent maintenant le pétrole libyen, ce qui indique bien que la motivation ultime de leur agression contre la Libye était de prendre le contrôle de ses gisements pétroliers.  Quelle honte! », a dénoncé M. Mugabe.

Faisant le parallèle avec son pays, le Président du Zimbabwe s’est indigné de la campagne de dénigrement sans précédent et des sanctions économiques pernicieuses imposées à son pays lorsque son peuple a voulu prendre le contrôle de ses propres ressources.  Le Président a ensuite fait part de ses préoccupations concernant les activités de la Cour pénale internationale (CPI) qui, selon lui, ne semble exister que pour poursuivre des coupables présumés originaires du monde en développement, et pour la plupart africains.  Allant plus loin, il a dénoncé la « procédure sélective de cette même Cour quand il s’agit de crimes internationaux commis par des dirigeants de puissances occidentales, comme Tony Blair et Georges Bush ».  Par ailleurs, M. Mugabe a réaffirmé que son pays soutenait la demande de reconnaissance de la Palestine à en tant qu’État indépendant et Membre à part entière des Nations Unies.


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