État de Palestine

S.E. M. Mahmoud Abbas, Président

23 septembre 2011 (66e session)

Statement Summary: 

M. MAHMOUD ABBAS, Président de l’Autorité palestinienne, a rappelé l’espoir qui avait présidé à une reprise des négociations, sous les auspices notamment du Président des États-Unis, en septembre 2010.  Cet espoir a été déçu, a-t-il ajouté, en raison du refus du Gouvernement israélien de s’accorder sur les paramètres de négociation, pourtant largement agréés par la communauté internationale.  La poursuite des implantations sur le Territoire palestinien est au cœur de la politique d’occupation coloniale israélienne, avec les discriminations et la violence qui la caractérisent, a-t-il indiqué.  M. Abbas a ajouté que cette politique était la raison essentielle de l’échec des pourparlers de paix et de l’ensevelissement de l’espoir né des Accords de 1993.  Dans le droit fil de nombre de rapports des Nations Unies, ainsi que de plusieurs institutions israéliennes, M. Abbas a critiqué la construction de nouvelles implantations en Cisjordanie et à Jérusalem -dont le Gouvernement israélien n’hésite pas à se réjouir-, qui s’apparente à une confiscation systématique de terres palestiniennes.  Le Président de l’Autorité palestinienne a indiqué que la puissance occupante s’était lancée dans une course contre la montre pour redessiner les frontières de la Palestine à son avantage, misant sur la politique du fait accompli et sapant de facto la viabilité d’un État palestinien.  Dans le même temps, Israël continue son embargo sur Gaza et ses incursions dans les zones de Cisjordanie sous contrôle de l’Autorité palestinienne.  Ces actes très graves découlent d’une approche unilatérale d’Israël, a-t-il déploré, avant d’exprimer ses craintes que le conflit, en raison du contexte régional inédit, ne se transforme en conflit religieux menaçant à la fois le futur des Palestiniens chrétiens et musulmans et des citoyens israéliens. 

M. Abbas a rappelé ensuite les points essentiels de la position de l’Autorité palestinienne, notamment l’objectif de la réalisation du droit inaliénable du peuple palestinien à disposer d’un État, avec Jérusalem-Est comme capitale, qui couvrirait les territoires de la Cisjordanie et de Gaza occupés par Israël en 1967.  Le règlement juste de la question du retour des réfugiés se ferait, a-t-il souligné, dans le droit fil de la résolution 194.  Il a ensuite rappelé que l’Autorité palestinienne prônait le renoncement à la violence et se tenait prête pour un retour immédiat à la table des négociations, sur la base des paramètres agréés par la communauté internationale et de la cessation complète des activités de colonisation.  Il a ajouté que l’Autorité palestinienne ne cherchait en rien à délégitimer l État d Israël. « Construisons ensemble un futur au sein duquel nos enfants connaîtront la liberté, la prospérité et la sécurité.  Construisons des ponts plutôt que des murs de séparation », a exhorté M. Abbas, en s’adressant directement à Israël. 

Le Président de l’Autorité palestinienne a ensuite passé en revue les avancées décisives enregistrées dans l’édification d’un État palestinien viable et démocratique, avec notamment la protection des libertés publiques, la promotion de la règle de droit ainsi que la participation accrue des femmes et le raffermissement de la société civile.  Il a assuré qu’il avait œuvré à la restauration de l’unité palestinienne et à la réconciliation nationale, en choisissant la voie des élections législatives et présidentielles.  Ces résultats tangibles, reconnus par plusieurs organisations internationales comme les Nations Unies et la Banque mondiale, ouvrent la voie à l’avènement d’un État indépendant, a-t-il ajouté.  L’instauration de la paix ne peut résulter des méthodes habituellement employées et qui, de surplus, ne marchent pas, a-t-il dit.  Le statu quo n’est pas non plus tenable.  C’est pourquoi, il est futile de s’engager dans des négociations en l’absence de paramètres clairs et d’un calendrier défini », a-t-il estimé avant de parler du « moment de vérité » auquel était parvenu le peuple palestinien.  « Est-ce que le monde continuera de tolérer l’occupation israélienne, la dernière à avoir cours dans le monde?  Est-ce que le monde continuera d’accepter qu’Israël demeure au-dessus des lois? » a-t-il demandé.  « Cela suffit », a-t-il martelé.  Le moment de la fin des souffrances de millions de Palestiniens est venu, a-t-il dit.  Dans la continuité du printemps arabe, « l’heure a sonné » pour un État palestinien indépendant, a-t-il renchéri.  « Mon peuple cherche à exercer son droit à mener une vie normale, comme le reste de l’humanité ».  Citant le poète Mahmoud Darwish, il a déclaré: « nous nous maintenons dans la permanence et l’eternel avec un seul et unique objectif: exister.  Et nous existerons », a-t-il affirmé.  M. Abbas a en conséquence annoncé qu’il avait présenté au Secrétaire général une demande d’admission aux Nations Unies de l’État de la Palestine sur la base des frontières de 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale.  Il a ensuite prié le Secrétaire général de transmettre sa demande au Conseil de sécurité et souhaité que ses membres la considèrent de manière favorable.  « La Palestine renaît et marche vers son destin », a-t-il conclu.
 


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