Suisse

S.E. Mme Doris Leuthart, Président

23 septembre 2010 (65e session)

S.E. MelleDoris Leuthart

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Résumé de la déclaration : 

Mme DORIS LEUTHARD, Présidente de la Confédération suisse, a déclaré que la rénovation architecturale de l’ONU l’amenait à se poser la question suivante: « Quelle ONU sommes-nous en train d’édifier pour les 10, 20 et 30 prochaines années? ».  Selon elle, l’avenir de l’ONU doit correspondre au monde de demain.  Dans un monde où nous sommes toujours plus nombreux, une communauté internationale forte a besoin de solidarité.  Ceci, a précisé la Présidente, implique non seulement d’apporter notre soutien aux pays qui ne sont pas en mesure d’aider leur population, mais aussi de rappeler aux États leur responsabilité envers leur propre population dans des domaines tels que la sécurité, l’état de droit, les droits de l’homme et la démocratie.  La recherche de solutions durables aux défis qui se posent aujourd’hui passe par une vraie gouvernance, qui reflète davantage les nouveaux équilibres mondiaux.  Si les succès économiques permettent à de nouveaux États de prendre une part plus active à la gouvernance du monde, ces derniers doivent aussi en accepter les responsabilités qui en découlent.

L’ONU, a-t-elle dit, possède une légitimité unique du fait de sa composition universelle.  Mais cette légitimité dépend aussi de la performance d’une organisation et de sa capacité à répondre à ce que l’on attend d’elle.  Dans certaines situations, l’ONU semble mal équipée et hésitante à agir, a jugé la Présidente.  Pour elle, une action d’envergure mondiale exige de mettre rapidement et complètement en œuvre les OMD.  En outre, « nous savons que jeter un sac de riz d’un hélicoptère n’est pas suffisant », a-t-elle dit.  « Nous devons plutôt apprendre aux gens à cultiver du riz », a-t-elle poursuivi, avant d’affirmer qu’il convenait de définir au plus vite des objectifs contraignants visant la réduction des émissions de CO2.  « Il faut agir, a-t-elle souligné, chacun avec des mesures ciblées pour son propre pays. »  Attendre que les pays industrialisés aient investi dans le Sud ne suffit pas.  « Également ici, chacun doit prendre ses responsabilités », a insisté Mme Leuthard.

Trente ans après la fin de la guerre froide, la prolifération des armes de destruction massive représente toujours le plus grave danger pour la paix et la sécurité internationales, a-t-elle ensuite fait observer.  Mais les véritables ravages, a-t-elle estimé, sont causés par les armes légères et de petit calibre (ALPC).  Le terrorisme profite de cette situation et peut facilement s’alimenter sur le marché.  La Suisse, avec d’autres pays, soutient une mise en œuvre complète de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies.  Cette initiative prévoit également l’engagement de spécialistes de l’aide humanitaire ou de l’éducation.  Par ailleurs, l’égalité des genres doit enfin devenir une réalité, a déclaré la Présidente, pour qui il est temps de recourir pleinement aux femmes et aux filles et à leur potentiel de médiation ou d’actrices dans la reconstruction de pays affectés par un conflit.  Mme Leuthard a donc salué la création récente de l’entité « ONU-Femmes », qui rapproche de cette vision.

Elle a estimé en conclusion qu’il ne faut pas faire de l’ONU un « monument historique », mais une organisation dynamique capable d’atténuer les différences et d’établir l’équilibre entre les régions.  « Pour que cela fonctionne, chacun doit prendre ses responsabilités et commencer par faire le ménage dans sa propre maison. »  Toutefois, la Suisse reste fermement convaincue de la pertinence d’une approche multilatérale, dont les Nations Unies sont le centre, a déclaré la Présidente en conclusion.


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