France

S.E. M. Bernard Kouchner, Ministre des affaires étrangères

27 septembre 2010 (65e session)

S.E. M.Bernard Kouchner

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Résumé de la déclaration : 

M. BERNARD KOUCHNER, Ministre des affaires étrangères et européennes de la France, a rappelé aux États Membres qu’ils ont su collectivement se montrer révolutionnaires sur des sujets fondamentaux.  Il a cité la résolution adoptée en 1988, sur l’assistance humanitaire aux victimes de catastrophes naturelles et en situations d’urgence, et celle en 1991 du Conseil de sécurité sur la situation au Kurdistan qui visait la protection des populations civiles contre l’État oppresseur.  Ce furent là deux moments historiques qui posèrent les premiers jalons du droit d’ingérence, devenu la responsabilité de protéger qui a été adoptée par consensus en 2005.  M. Kouchner a relevé que, pour en arriver là, les États Membres ont franchi des obstacles réputés infranchissables et que rien ne les empêche de recommencer sur des sujets dont ils décideront collectivement de se saisir. 

Notre première responsabilité partagée, c’est celle du développement, a-t-il affirmé.  La France est le deuxième donateur mondial d’aide publique au développement, avec 9 milliards d’euros par an, un engagement qui ne faiblira pas, a-t-il confirmé.  Nous devons aller plus vite et plus loin, a-t-il ajouté, pour les enfants qui meurent du paludisme, pour les familles décimées par le sida, pour tous ceux qui ont faim ou qui ne peuvent aller à l’école.

Serons-nous capables de prendre une décision ambitieuse pour lutter contre les changements climatiques et pour préserver notre environnement, s’est interrogé le Ministre.  Il a appelé à le faire avant qu’il ne soit trop tard et de s’assurer que les engagements pris seront mis en œuvre, que des mécanismes de suivi et des institutions efficaces seront mis en place.  Pour tout cela, a reconnu le Ministre, il faudrait trouver beaucoup d’argent, plusieurs milliards de dollars par an.  Il a donc réitéré la proposition de son Président d’imposer une taxe internationale sur les transactions financières dont la France parle depuis plus de 20°an. 

Il a expliqué qu’un prélèvement infime de 0,005% pourrait lever de 30 à 40°milliards d’euros par an, près du quart de l’aide publique au développement.  Ne serait-ce qu’avec la moitié de cette somme, il serait possible de scolariser tous les enfants des pays à faible revenu.  Soulignant que tout le monde est d’accord aujourd’hui sur la faisabilité technique et économique d’un tel mécanisme, le Ministre a insisté sur le fait qu’il ne s’agit pas de diminuer l’APD ou d’esquiver ses responsabilités. 

Poursuivant, le Ministre a considéré que le conflit israélo-arabe, qui inclut les volets palestinien, libanais et syrien, nous concerne tous.  « Nous sommes devant une opportunité historique, nous ne pouvons pas la laisser passer », a-t-il dit.  « Le processus a failli s’arrêter hier soir et je ne suis pas sûr qu’il continue de façon ordonnée et unanimement soutenue », a dit craindre le Ministre.  « La Palestine, ce nouvel État Membre de l’ONU que nous sommes nombreux à appeler de nos vœux, sera la meilleure garantie de sécurité pour Israël », a estimé le Ministre, en affirmant que ce qui est nécessaire c’est qu’Israéliens et Palestiniens prennent la décision stratégique d’en finir avec ce conflit, dans leur propre intérêt.  Il a invité le Président Abbas et le Premier Ministre Netanyahou à faire les compromis douloureux sur le chemin de la paix.

Qu’est-il advenu de la responsabilité de protéger, a, par ailleurs, interrogé le Ministre, expliquant qu’aujourd’hui le succès de l’ONU doit être jugé à l’aune de sa contribution à la protection des civils.  Tous les jours, des massacres et des viols sont commis en Somalie, au Darfour, en République démocratique du Congo, y compris dans des régions où sont déployées des opérations de maintien de la paix, a-t-il noté.  M. Kouchner a salué la Cour pénale internationale (CPI) comme « l’une des avancées les plus essentielles dans l’histoire d’une humanité consciente des dangers auxquels l’exposent ses propres démons ».  Il a assuré que la France soutiendra toujours l’idée d’une justice pénale internationale impartiale et universelle, seul moyen de faire respecter l’exigence de lutte contre l’impunité que dicte l’histoire. 

Il a parlé de la situation en Guinée pour laquelle le Procureur de la CPI a engagé une procédure et où le deuxième tour des élections aura lieu dans deux à trois semaines.  M. Kouchner a dit avoir tenu à parler de ce succès des Nations Unies qui montre que quand « nous sommes tous d’accord et qu’un mouvement se dessine dans la société civile, nous pouvons encore agir ».


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