Sri Lanka

S.E. M. Ratnasiri Wickramanayake, Premier Ministre

26 septembre 2009 (64e session)

S.E. M.Ratnasiri Wickramanayake

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Résumé de la déclaration : 

M. RATNASIRI WICKRAMANAYAKE, Premier Ministre du Sri Lanka, a déclaré que les événements survenus dans son pays depuis l’intervention l’an passé devant la soixante-troisième Assemblée générale du Président Mahinda Rajapaksa, lui permettaient cette année de faire preuve d’espoir et d’optimisme.  Il a rappelé qu’en mai, son pays avait « défait le fléau du terrorisme » du LTTE, le Mouvement de libération des Tigres de l’Eelam tamoul, et ce, à un coût, 2,8 milliards de dollars, qu’il a jugé bien inférieur à celui des autres « opérations antiterroristes » dans le monde. 

Nous sommes aujourd’hui entrés dans une nouvelle phase, a poursuivi M. Wickramanayake, qui a toutefois reconnu qu’il fallait guérir les blessures du passé.  Affirmant que la défaite du LTTE avait « libéré environ 290 000 personnes » du joug de cette organisation, il a reconnu la nécessité de satisfaire aux besoins humanitaires de ces civils déplacés, et de veiller à ce qu’ils rentrent chez eux durablement, volontairement et dans la dignité.  Le retour des déplacés ne doit pas se faire sous la contrainte, a-t-il prévenu, au risque de compromettre sa viabilité.  La stabilité revenue à un prix élevé pour la population ne peut être compromise, « surtout quand un nombre important de cadres autoproclamés du LTTE continuent de se mêler aux déplacés ».

M. Wickramanayake a affirmé la volonté de son pays d’œuvrer pour la réconciliation nationale et a rappelé que, dès le mois d’août, des élections locales ont pu se tenir dans le nord du pays autrefois sous le contrôle du LTTE, « sans aucune violence ni intimidation ».  Dans toutes les régions autrefois sous le contrôle des Tigres, la démocratie sera restaurée et les élections encourageront l’émergence de dirigeants régionaux, a ajouté le Premier Ministre.

Les organisations internationales et les donateurs expriment leur confiance en la reconstruction et le développement du Sri Lanka, a affirmé M. Wickramanayake, qui a ajouté que l’est du pays, pour la première fois depuis plusieurs décennies, pouvait désormais contribuer à l’économie nationale.  De même, un programme a été lancé cet été dans le nord pour y relancer l’économie.  La fin du conflit nous donne enfin l’occasion de trouver une solution politique à long terme aux griefs et aspirations de toutes nos communautés, a déclaré le Premier Ministre, qui a décrit un ample processus de consultation politique. 

M. Wickramanayake a estimé que les défis mondiaux auxquels nous sommes confrontés ne pourront être traités que dans le cadre d’une démarche globale et concertée.  Il faut donc renforcer le multilatéralisme, a-t-il ajouté.  Toutefois, le multilatéralisme ne consiste pas seulement à répondre aux exigences d’un petit nombre d’États puissants, mais aussi à défendre les intérêts de la majorité des faibles.  Il doit respecter le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des États, un « impératif en tout temps », a insisté M. Wickramanayake.

Le Premier Ministre a déclaré que la nature internationale du terrorisme exige des mesures de coopération internationale bien coordonnée.  Ainsi, les membres du LTTE tenaient leurs ressources de réseaux bien implantés dans des pays industrialisés via des sociétés écrans menant diverses activités illicites.  Certaines de ces structures écran existent encore, a averti le Premier Ministre, qui a demandé aux États d’y prendre garde, en affirmant notamment que ces organisations utilisent comme écran des activités prétendument humanitaires.  Le Premier Ministre a par ailleurs souhaité l’adoption d’un cadre de lutte contre le terrorisme maritime, et la mise au point rapide du projet de convention-cadre générale sur le terrorisme.

En tant qu’État insulaire en développement, le Sri Lanka est hautement vulnérable face aux changements climatiques provoqués par les modes de production et de consommation non viables des pays développés, a déclaré M. Wickramanayake.  Il a estimé que la « dette en carbone » contractée par les pays développés doit servir à financer l’assistance financière et technologique nécessaire aux efforts d’adaptation.  Notre peuple aspire naturellement à progresser et à vivre mieux, a-t-il ajouté, en espérant que la Conférence de Copenhague permettra d’obtenir un accord fondé sur le principe de responsabilité commune mais différenciée. 

 


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