Sénégal

S.E. M. Abdoulaye Wade, Président

24 septembre 2009 (64e session)

Statement Summary: 

M. ABDOULAYE WADE, Président du Sénégal, a estimé que la crise financière invitait à un exercice partagé des responsabilités, aussi bien en ce qui concerne la gestion de ses effets immédiats que la recherche de solutions à long terme.  S’il s’est réjouit de l’élargissement progressif du cadre de concertation du G-8 et du G-20, il a regretté que sa proposition de mise en place d’un « Shadow G-20 » composé des meilleurs experts du monde, mais ouvert à tous ceux qui sont porteurs d’idées, ne se soit pas réalisée.

Reprenant le titre de la soixante-quatrième session de l’Assemblée générale, et rappelant l’OMD nº1 visant à réduire de moitié, d’ici à 2015, le nombre de personnes souffrant de la faim, il a prôné une autre approche de la coopération internationale.  Il a défendu une approche fondée sur le soutien à l’agriculture, au lieu de l’assistance alimentaire.  Cela suppose de traiter d’un certain nombre de questions qui pourraient figurer en bonne place dans l’agenda du Forum agricole des régions du monde, prévu à Dakar en Janvier 2010.

Si ces conditions sont réunies, l’Afrique pourrait assurer sa propre sécurité alimentaire.  Mais M. Abdoulaye Wade a précisé que pour cela, il fallait éviter le piège de la cession des terres à des étrangers.  Il a attiré l’attention sur les différentes initiatives de son pays concernant l’agriculture, mais a mentionné que ces efforts nécessitaient un environnement international assaini, débarrassé des pratiques spéculatives de l’économie virtuelle et des traitements asymétriques injustes, comme les subventions et autres.

S’agissant, en particulier, des spéculations dans le domaine du pétrole, le Président a réitéré sa proposition, la « Wade formula », de créer un fonds de lutte contre la pauvreté alimenté par des contributions volontaires des pays africains producteurs et des compagnies pétrolières travaillant en Afrique, au nom du principe de la responsabilité sociale.  Ce fonds, a-t-il expliqué, pourrait être géré de façon paritaire ou confié à la Banque mondiale.  

M. Abdoulaye Wade a ensuite abordé le thème des changements climatiques. Il a attiré l’attention sur le projet « la grande muraille verte ».  Il a formulé le souhait que l’ONU s’y associe.  Il a proposé la création d’un Mécanisme d’opérations de sauvegarde de l’environnement sur une base volontaire d’engagement des armées.

M. Abdoulaye Wade a évoqué la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU.  Il souhaite que, hic et nunc, un siège avec droit de veto soit octroyé à l’Afrique, un siège qui pourrait être occupé par le Président en exercice de l’Union africaine.

Toujours à propos de l’Afrique, le Président s’est réjoui des avancées significatives dans le règlement pacifique des différends et le processus d’intégration pour la constitution des États-Unis d’Afrique.  Cette unité est une condition pour l’instauration d’une paix et d’une stabilité durables sur le continent.

En tant que Président en exercice de l’Organisation de la Conférence islamique, M. Abdoulaye Wade a précisé que l’islam se voulait une religion du juste milieu et a appelé, de part et d’autre, à un effort d’apprentissage pour mieux se comprendre, vaincre la méfiance et combattre les idées obscurantistes, sources de tensions et d’affrontements. 

 


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