Haïti

S.E. M. René Préval, Président

24 septembre 2009 (64e session)

Statement Summary: 

M. RENÉ PRÉVAL, Président d’Haïti, a d’abord fait le constat selon lequel, aux graves crises financière, alimentaire et énergétique qui frappent les pays en développement, s’ajoutent désormais des catastrophes naturelles à répétition.  « Nous devons à chaque fois reconstruire des infrastructures qui ont été détruites, rétablir des capacités de production qui ont été balayées par les cyclones et les inondations », a-t-il expliqué, regrettant que l’insuffisance des ressources empêchent ces pays de reconstruire avant l’arrivée de nouvelles catastrophes. 

Pour le Président haïtien, ce « nouveau cycle de vie » auquel les pays vulnérables doivent être préparés est la conséquence directe du modèle de développement et de gouvernance que les nations puissantes ont imposé au reste du monde.  Estimant que ce modèle était surtout préoccupé par « le bonheur de l’argent et trop peu par celui des hommes », M. René Préval a dénoncé un système imposant à la moitié de l’humanité des privations, la faim et le dénuement, un système qui met en danger la planète et rend les populations plus vulnérables face aux désastres naturels provoqués par les choix économiques d’une minorité ».

Le Président haïtien s’est interrogé: « quel contenu donner à notre appartenance à cette communauté humaine dont l’ONU se veut porteuse »?  Pour René Préval, la « mondialisation à tout prix » doit aujourd’hui céder sa place à une « mondialisation de la solidarité ».  L’aide des pays riches aux pays en développement doit notamment servir à développer des capacités de production car « c’est le seul moyen de mettre un terme au cycle de la pauvreté et de la dépendance ».  Le Président a ensuite demandé l’établissement d’un « nouveau paradigme de la coopération internationale » qui dépasse la logique de l’aide humanitaire actuelle et reconnaisse la capacité des pays pauvres à produire de la richesse grâce aux moyens qui leur seront donnés pour renforcer leurs capacités de production.  Sans ce changement radical, la paix et la stabilité ne seraient que des « conquêtes précaires et fugaces ».

Se penchant ensuite sur la situation de son pays, le Président haïtien a souligné les progrès accomplis ces trois dernières années dans plusieurs domaines, qui ont permis l’avènement « d’une société conviviale où le dialogue occupe une place centrale ».  Mais ces progrès doivent encore être soutenus et étendus, avec le soutien des Nations Unies.  Le Président haïtien a donc soutenu, sans réserve, la recommandation du Secrétaire général visant la prorogation, pour une période d’un an, du mandat de la Mission de l’ONU dans son pays.  Il a demandé qu’un dosage optimal des composantes policières, militaires et administratives soit opéré, afin que la Mission puisse assister le pays plus efficacement et indépendamment des luttes qui peuvent apparaître pendant la reconstruction.  

Le Président a, à son tour, dénoncé le renversement de son homologue du Honduras et regretté que les nombreuses résolutions condamnant ce coup d’État soient restées « lettre morte ».  Il a également regretté que chaque année, depuis 15 ans, l’Assemblée générale adopte une résolution condamnant l’embargo américain contre le peuple cubain, mais que ce dernier ne soit pas levé, quand bien même son maintien est contraire à toutes les valeurs promues pour faire du commerce international un outil du développement humain.
 


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