Lituanie

S.E. Mme Dalia Grybauskaitė, Président

27 septembre 2018

Statement Summary: 

Mme DALIA GRYBAUSKAITÉ, Présidente de la Lituanie, a rappelé qu’il y a 100 ans, au lendemain de la Première Guerre mondiale qui a provoqué la chute des empires et offert une chance aux petites nations, comme la sienne, des institutions multilatérales ont été mises en place pour sauvegarder l’indépendance politique et l’intégrité territoriale de ces nations.  Mais quand le monde a été confronté à une autre crise grave, ces mêmes institutions ont failli et sont restées impuissantes devant le plongeon de l’humanité dans la Deuxième Guerre mondiale.  Aujourd’hui, nous aimons à penser que nos institutions multilatérales, dont les Nations Unies, sont assez fortes pour s’opposer à l’agression et au mépris des règles internationales.  Mais parfois, a constaté la Présidente, la réalité nous montre autre chose: le monde est plus en plus fracturé et les institutions s’écroulent au lieu de nous protéger du recours à la force et des tempêtes économiques ».  Face à quasiment toutes les crises majeures de ces 10 dernières années, le Conseil de sécurité a été incapable de jouer un rôle utile compte tenu de l’incapacité de certains de ses membres de dépasser leurs intérêts nationaux et de renoncer au droit de veto.  Les organisations mises en place pour éliminer les armes de destruction massives sont « inoffensives » face aux dictatures qui développent armes nucléaires et armes chimiques, et utilisent des gaz contre leurs propres populations.  Maintenant que la tendance de l’économie mondiale commence à s’inverser, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) est paralysée, avec le risque que les tensions commerciales dans le monde ne balayent les acquis de développement durable et de la réduction de la pauvreté. 

Nos institutions ne sont pas parfaites, a admis la Présidente.  Elles sont bureaucratiques, adeptes du gaspillage et non comptables de leurs actes.  Mais étant donné que nous les avons créées, il nous revient de les améliorer et de les adapter aux nouvelles réalités.  Avant de songer à les détruire, nous devons savoir par quoi nous voulons les remplacer, au risque d’être condamnés à vivre sur des ruines.  Nous ne pouvons pas, a averti la Présidente, rejeter la mondialisation parce que l’on en deviendrait que plus pauvre.  Mais il est vrai que cette mondialisation a un côté sombre qui exige une lutte contre les inégalités, l’exclusion et l’érosion des normes du travail.

Nous ne pouvons pas, a martelé Mme Grybauskaitė, laisser les voix du nationalisme et de la division l’emporter sur le dialogue et la coopération.  Pour tous les défis majeurs –le terrorisme, les changements climatiques ou encore l’autonomisation des femmes- il n’y a qu’un choix, le travail collectif.  Nous avons donc été trop silencieux, trop passifs et trop ignorants.  Nous devons, a estimé la Présidente, cesser de rejeter sur les institutions l’échec de nos politiques nationales.  Nous devons reconnaître que nous, États Membres, avons le pouvoir et les ressources de faire en sorte que les Nations Unies puissent vraiment défendre la liberté, l’égalité et l’humanité.  « Parce que nous sommes les Nations Unies, assumons la responsabilité de notre avenir et donnons à l’Organisation les moyens d’agir », a conclu la Présidente.


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