Iran (République islamique d’)

S.E. M. Hassan Rouhani, Président

25 septembre 2018

Iran (République islamique d’)
Statement Summary: 

M. HASSAN ROUHANI, Président de la République islamique d’Iran, a dénoncé le mépris de certains États pour les règles internationales.  La préservation de la sécurité de tous, qui soit la moins onéreuse possible, n’est possible que grâce à la coordination internationale, a-t-il dit.  Il est regrettable de voir des dirigeants internationaux encourager les tendances extrémistes, racistes et xénophobes, de manière guère éloignée du nazisme, et fouler aux pieds le droit international, a-t-il accusé, en qualifiant « d’acte immoral » la convocation demain d’une séance de haut niveau du Conseil de sécurité.  M. Rouhani a appelé à dissiper l’illusion selon laquelle il est possible d’accéder à plus de sécurité aux dépens de celle des autres.  Loin de faire montre de force, ceux qui défient le multilatéralisme font, au contraire, preuve de faiblesse et d’une incapacité à comprendre un monde interconnecté et complexe, a-t-il analysé.  « Ceux qui recherchent l’hégémonie sont des fauteurs de guerre et des ennemis de la paix. »

Les États-Unis, « tout du moins l’administration actuelle », semblent déterminés à ce que les institutions internationales soient frappées de paralysie, a déclaré le Président.  Il a déploré le récent retrait des États-Unis du Plan d’action global commun, au mépris du droit international et des obligations contractées par le prédécesseur du Président américain actuel.  Les États-Unis ne se cachent pas de vouloir renverser le Gouvernement iranien qui l’invite pourtant à des pourparlers, a-t-il observé.  Il a indiqué que le respect par son pays du Traité de non-prolifération et les négociations ayant abouti au Plan d’action global commun précité attestent du respect de l’Iran pour le multilatéralisme.  Le Président iranien a ensuite loué « la position unie et catégorique » de la communauté internationale vis-à-vis du retrait américain et rappelé que le Plan d’action a été entériné par le Conseil de sécurité à l’unanimité de ses membres dans la résolution 2231 (2015). 

L’Iran a respecté ses engagements dans le cadre de ce Plan d’action, comme l’ont montré 12 rapports de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AEIA), alors que les États-Unis n’ont pas respecté les leurs, sous des motifs fallacieux, a tranché M. Rouhani.  Il a exhorté l’ONU à faire en sorte qu’aucun État ne puisse se dérober à l’exécution de ses engagements internationaux, avant de dénoncer les menaces américaines contre les pays qui appliquent la résolution précitée.  C’est la première fois qu’un pays encourage des violations du droit international, a-t-il déclaré, en dénonçant également la position des États-Unis vis-à-vis de la CPI.  M. Rouhani a appelé les autres parties signataires du Plan d’action à continuer d’appuyer la mise en œuvre de cet instrument, qui constitue selon lui un « succès très important de la diplomatie ». 

Les sanctions unilatérales s’apparentent à du terrorisme économique, a asséné le Président iranien.  Les nouvelles sanctions américaines portent préjudice non seulement au peuple iranien, mais aussi aux peuples des autres pays, a noté M. Rouhani tout en disant que l’Iran a montré qu’il a pu surmonter ce défi.  L’Iran et les Iraniens n’ont jamais rompu, ils n’ont même pas ployé face à ces sanctions, a-t-il insisté, ajoutant, « sans ambigüité », que la politique des États-Unis vis-à-vis de l’Iran est injuste depuis le début. 

Déclarant que l’Iran, par sa longue histoire, sa position géographique exceptionnelle notamment, est « une réalité indéniable », il a dénoncé l’autoritarisme et le harcèlement des États-Unis, ainsi que leur position, selon laquelle la loi du plus fort fait foi.  Aucune nation ne peut être amenée à négocier par la force, sous peine de faire mûrir les raisins de la colère, a-t-il mis en garde.  Pour lui, il n’y a rien de préférable au dialogue, pourvu qu’il ait lieu dans les deux sens; la résolution 2231 (2015) n’est pas qu’une simple « feuille de papier. »

« Nous vous invitons à revenir à la table de négociations que vous avez quittée.  Si vous n’aimez pas ce Plan d’action car il est le fruit de vos opposants politiques, alors revenez à la résolution, revenez au sein des organisations internationales, n’imposez pas de sanctions », a-t-il prié, ajoutant que « sanctions et extrémisme sont les deux faces d’une même médaille ». 

Le Président a indiqué que les deux parties peuvent encore s’écouter, sans qu’il soit nécessaire de prendre des photographies.  « J’entame le dialogue ici même », a-t-il dit, tout en déclarant que l’ONU ne fait pas partie de l’Administration américaine.  « Le dialogue peut être repris au même point et par la même personne qui a quitté la table des négociations », a-t-il estimé en précisant qu’il faudrait d’abord cesser les menaces.

« Notre position est claire, c’est engagement pour engagement, menace pour menace, violation pour violation et œil pour œil ».  Ce que dit l’Iran est clair, pas de menace, pas de guerre, a-t-il déclaré, en soulignant l’engagement de l’Iran pour la paix et la position de son pays aux avant-postes de la lutte contre le terrorisme.  « Nous pleurons le martyre des dizaines d’innocents assassinés samedi dernier par des terroristes. »

M. Rouhani a noté que l’Iran continuera de condamner tous les actes de terrorisme, avant de s’étonner que des dirigeants d’organisations terroristes puissent opérer librement dans les pays occidentaux et même recevoir des financements de leur part. 

« En Syrie, nous avons constamment souligné que la crise ne pourra être réglée que par un dialogue intrasyrien. »  Il a ajouté que la présence de conseillers militaires iraniens en Syrie s’est faite à la demande de la Syrie et dans le respect du droit international.  L’Iran, la Russie et la Turquie ont, par le biais du processus d’Astana, empêché une escalade sanglante à Edleb, a-t-il fait remarquer.  Il a ensuite dénoncé les crimes et destructions commises au Yémen, des « crimes contre l’humanité », et appelé à des pourparlers interyéménites, sans ingérence, pour régler la situation dans ce pays. 

La crise la plus urgente au Moyen-Orient est la question de la Palestine, a poursuivi M. Rouhani, en fustigeant les « crimes innombrables commis par Israël » avec le soutien des États-Unis.  Israël pose la plus grave menace à la paix, a-t-il estimé, en qualifiant de « consternante » la décision des États-Unis de transférer leur ambassade à Jérusalem et de « raciste, digne de l’apartheid » la récente loi israélienne sur l’État nation.  Il a marqué son attachement à une coopération avec tous les pays du Golfe persique, selon le même modèle qui a permis la signature récente, avec quatre autres pays, d’une convention sur le statut juridique de la mer Caspienne.  « Nous ne recherchons pas la guerre avec qui que ce soit. »

« L’Iran n’a pas besoin d’un empire, il est un empire par sa culture et sa civilisation, non pas par la domination politique. » Gardien scrupuleux de l’ordre international, l’Iran, a poursuivi son Président, avait décelé la nature fasciste du régime bassiste en Iraq avant même l’invasion du Koweït.  L’Iran a lutté contre les Taliban et Al-Qaida avant même les attaques terroristes de New York, et l’Iran a combattu Daech et son interprétation fallacieuse de l’Islam avant même les attentats de Londres, de Paris et de Bruxelles, a-t-il rappelé.  « Cessez d’imposer des sanctions, mettez un terme à l’extrémisme », a déclaré le Président iranien, ajoutant, en conclusion, que le monde n’aura pas de meilleur allié que l’Iran « si c’est bien la paix que vous recherchez ».


Source

Droit de réponse

Première déclaration (27 septembre 2018)

Répondant au Premier Ministre israélien, le représentant de l’Iran l’a accusé d’avoir voulu détourner l’attention de l’Assemblée générale du traitement qu’Israël réserve aux Palestiniens. C’est un régime, a dit le représentant, qui sème l’instabilité dans la région et qui constitue la menace la plus grave à la paix et à la stabilité dans la région déjà volatile du Moyen-Orient. Par ses interventions, a diagnostiqué le représentant, M. Netanyahu confirme que c’est un menteur pathologique car la vérité est qu’Israël est un régime suprémaciste et l’ennemi de la démocratie au Moyen-Orient. C’est un régime, a-t-il poursuivi, qui hait la démocratie et aucun mensonge, aucune publicité ne pourrait cacher la nature « haineuse » de ce régime dirigé par un « leader corrompu ». Les « photos tirées de Google » que « ce comédien » a exhibées aujourd’hui ne sont qu’un tissu de mensonges, un mensonge qui est dans l’ADN d’un homme, a prévenu le représentant, qui devrait arrêter de menacer l’Iran.

Source: AG/12068

Deuxième déclaration (1er octobre 2018)

Le représentant de l’Iran a dénoncé les contrevérités de la déclaration de l’Arabie saoudite, « un pays qui appuie le terrorisme plus que de raison ». Citant WikiLeaks, il a affirmé que l’Arabie saoudite est le principal bailleur de fonds des groupes terroristes implantés au Royaume-Uni. En décembre 2016, a ajouté le représentant, le Congrès américain a voté une loi autorisant les familles des victimes à poursuivre en justice l’Arabie saoudite dont 16 ressortissants figuraient parmi les auteurs des attaques terroristes du 11 septembre 2001. Tout le monde sait que l’Arabie saoudite appuie Daech et Al-Qaida, et les destructions qu’elle occasionne au Yémen ont-elles apporté la paix? Le blocus du Qatar a-t-il apporté la stabilité? La création de groupes terroristes au Liban, en Syrie et ailleurs vise-t-elle la stabilité? Dire que l’Iran envoie des missiles balistiques au Yémen est un mensonge, s’est emporté le représentant. Ce que l’Iran veut, c’est la stabilité au Yémen et ce sont les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite que le Conseil des droits de l’homme accuse de violations des droits de l’homme au Yémen. L’Iran sera toujours un voisin juste et loyal pour des voisins justes et loyaux et, à ce propos, il revendiquera toujours sa souveraineté sur les îles d’Abou Moussa, de Grande Tombe et de Petite Tombe.

Source: AG/12073

Troisième déclaration (1er octobre 2018)

La répétition de ces accusations « extravagantes » nous rappelle le mot d’ordre de Goebbels, a ironisé le représentant de l’Iran: « un mensonge répété 1 000 fois devient la vérité ». Malheureusement, a-t-il dit, nous sommes à l’ère numérique et la vérité éclate à la face du monde. C’est bien l’Arabie saoudite qui soutient les groupes terroristes, ce sont bien les Émirats arabes unis qui mènent une offensive contre les civils au Yémen et les trois îles du Golfe persique appartiennent bien à l’Iran, a répété le représentant.

Source: AG/12073

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