Comores

S.E. M. Azali Assoumani, Président

27 septembre 2018 (73e session)

Comoros
Statement Summary: 

M. AZALI ASSOUMANI, Président des Comores, a voulu que l’on mène, cette année, les réformes « tant souhaitées » des principaux organes de l’ONU, dont le retard crée un sentiment d’injustice et de frustration parmi les régions les moins représentées.  Ces réformes, a-t-il insisté, doivent être concrètes afin de retranscrire de façon équilibrée la réalité géopolitique actuelle, notamment vis-à-vis du continent africain.  Sur ce plan, le Président a réitéré l’adhésion de l’Union des Comores au Consensus d’Ezulwini, sur l’attribution d’au moins deux sièges permanents, assortis du droit de veto, à l’Afrique.

Sur le plan national, M. Assoumani a indiqué que des évènements majeurs avaient marqué cette année un tournant décisif dans l’évolution sociopolitique de son pays.  Le Président a ainsi rappelé qu’en février dernier, il avait organisé des assises nationales sur le bilan des 42 années d’indépendance de l’Union des Comores.  Selon lui, cette initiative, impulsée par la société civile, a bénéficié de l’accompagnement de son gouvernement, mais aussi de l’Union africaine (UA), de la Ligue des États arabes et de l’Organisation internationale de la Francophonie et l’ONU.

Les conclusions de ce forum, a poursuivi le Président, ont fait ressortir la nécessité de redéfinir un nouveau cadre institutionnel capable de mettre le pays sur la voie du développement durable.  C’est à cette fin, a-t-il affirmé, qu’un référendum constitutionnel a été organisé le 30 juillet, suite auquel une nouvelle Constitution comorienne a été adoptée.

Dans la lignée de cet évènement, M. Assoumani a dit avoir décidé d’écourter son mandat et d’organiser, « en vertu de la nouvelle Constitution et dans les délais impartis », des élections régionales et nationales anticipées.  Le Président a appelé les partenaires au développement et amis de l’Union des Comores à accompagner le pays pour que les scrutins puissent se dérouler dans « la paix, la concorde et la transparence ».

S’agissant de « l’île comorienne de Mayotte », M. Assoumani a indiqué que des soulèvements populaires avaient conduit, en mars dernier, « les autorités de fait » à procéder à des « expulsions massives » de Comoriens issus des trois autres îles de l’archipel.  Les conditions de leur refoulement ont obligé son gouvernement à s’opposer à cette « décision unilatérale », d’autant plus que bon nombre des personnes expulsées étaient des adolescents abandonnés, dont les parents avaient déjà été chassés de Mayotte par le passé dans des conditions similaires.  Après le refoulement de leurs parents, ces adolescents, a déploré M. Assoumani, sont devenus aujourd’hui une réelle menace non seulement pour l’île mais aussi pour le reste de l’archipel, voire de toute la région.

Pour le Président, l’origine de « l’incompréhension » entre la France et l’Union des Comores vient de cette situation, à laquelle s’ajoute le choc ressenti par les Comoriens des trois autres îles de voir les conditions de détention difficiles de leurs concitoyens à Mayotte.  Dans le même temps, M. Assoumani s’est dit attaché à régler cette « situation malheureuse » par la voie du dilogue avec la France, pays avec lequel il a souligné avoir des « liens historiques et culturels ».  Il a dit faire confiance aux autorités françaises pour contribuer à régler ce « contentieux tout à fait désagréable entre partenaires » et qui « n’a que trop duré ».


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