État de Palestine

S.E. M. Mahmoud Abbas, Président

27 septembre 2018

Statement Summary: 

« Jérusalem n’est pas à vendre », c’est en ces termes que M. MAHMOUD ABBAS, Président de l’État de Palestine, a commencé son bref tour d’horizon des développements politiques récents dans son pays.  Il a indiqué que le Parlement palestinien lui avait demandé de suspendre la reconnaissance d’Israël, jusqu’à ce que ce dernier reconnaisse formellement l’État de Palestine, d’après le tracé des frontières d’avant le 4 juin 1967.  Le Parlement palestinien, a-t-il poursuivi, lui a également demandé de saisir les différents tribunaux internationaux, dont la Cour pénale internationale (CPI), afin qu’ils ouvrent des enquêtes sur « les violations par Israël des traités, les agressions des forces d’occupation israéliennes et la terreur semée par les colons à l’encontre de notre peuple, de nos terres et de nos lieux saints ».  Ces décisions, a expliqué M. Abbas, l’obligent à reconsidérer aussi bien les accords préalablement conclus avec Israël que le futur de l’Autorité palestinienne, « désormais dépourvue d’autorité ».

Passant ensuite à la question des négociations de paix, M. Abbas a d’emblée exhorté le Président des États-Unis, M. Donal Trump, à revenir sur un certain nombre de ses décisions, dont la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, le transfert des locaux de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, la suppression de la question des réfugiés palestiniens et des colonies de peuplement de l’agenda des négociations et, enfin, la classification de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) comme organisation terroriste, alors même que la plupart des pays du monde, y compris Israël, considèrent l’OLP comme la « seule représentante légitime du peuple palestinien ».

Le Président palestinien a appelé les pays qui ne l’ont toujours pas fait de reconnaître l’État de Palestine, dont le Royaume-Uni et les États-Unis.  « Je ne vois plus aucune raison valable au report de cette reconnaissance », a-t-il insisté.  En 2019, a poursuivi M. Abbas, il est prévu que l’État de Palestine préside le Groupe des 77 et la Chine, qui représente 134 États.  Dans ce contexte, il a exhorté les États Membres à étendre le statut de la Palestine à l’ONU –jusqu’ici considérée comme un État observateur– pour la durée de son mandat de présidente, afin de lui permettre d’exercer ses pleines responsabilités au nom du Groupe des 77.

Revenant sur la question des accords internationaux signés par l’État de Palestine, M. Abbas a estimé qu’Israël avait rompu l’intégralité des arrangements conclus.  « Soit Israël se conforme à ces accords, soit nous y renoncerons nous-mêmes », a-t-il mis en garde.  Il en va de même pour les États-Unis, a déclaré M. Abbas, pour qui l’administration américaine est également revenue sur l’ensemble des accords conclus.  Partant de ce constat, le Président palestinien a déclaré qu’il n’accepterait plus une médiation américaine unique dans le cadre du processus de paix.  À ses yeux, l’administration américaine « a perdu sa légitimité » en raison de ses décisions récentes.

M. Abbas a fait preuve de la même fermeté s’agissant des accords conclus entre l’Autorité palestinienne et le Hamas.  Soit le Hamas décide de les mettre pleinement en œuvre, a-t-il mis en garde, soit nous prendrons nos distances avec tout accord ou mesure conclu sans notre approbation et refuserons d’en assumer la responsabilité.

Sur la question des réfugiés palestiniens, le Président a appelé l’Assemblée générale à garantir son soutien continu, notamment financier, à l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).

Concernant l’avenir des négociations de paix, M. Abbas a indiqué qu’il avait fait figurer en annexe de sa déclaration écrite d’aujourd’hui, à l’attention des États Membres, le texte intégral de l’Initiative politique palestinienne qu’il a lui-même présentée au Conseil de sécurité en février dernier.  

Cette Initiative propose l’organisation d’une conférence internationale de la paix, basée sur le principe du droit international et des résolutions pertinentes des Nations Unies.  La conférence se ferait avec la participation des deux parties, des acteurs régionaux, des membres permanents du Conseil de sécurité, du Quatuor pour le Moyen-Orient et de nombreux autres pays. 

Les résultats attendus de la conférence seraient les suivants: un accord sur la reconnaissance de l’État de Palestine en tant que Membre de plein droit des Nations Unies; la reconnaissance mutuelle de l’État de Palestine et de l’État d’Israël sur la base des frontières d’avant 1967; et la création d’un mécanisme international multilatéral pour aider les deux parties à résoudre les questions en suspens liées au statut final défini dans les Accords d’Oslo (Jérusalem, les frontières, la sécurité, les colonies, les réfugiés, l’eau et les prisonniers) et à mettre en œuvre les décisions prises selon un calendrier précis.

En second lieu, l’Initiative politique palestinienne propose que, durant la durée des négociations, toutes les parties s’abstiennent de prendre des mesures de nature à remettre en cause le résultat final.  Cela suppose, selon la proposition, la cessation de toutes les activités de colonisation, la suspension de toute décision liée à Jérusalem et le gel du transfert de l’ambassade américain dans la ville sainte.

Enfin, la proposition palestinienne demande la mise en œuvre de l’Initiative de paix arabe et la conclusion d’un accord régional pour donner suite à la signature d’un accord de paix entre Palestiniens et Israéliens.  Le cadre des négociations de ces accords serait également basé sur le principe de la solution des deux États, avec Jérusalem-Est comme capitale de la Palestine.  M. Abbas a tenu à préciser qu’il est question de tout Jérusalem-Est et non pas d’une « sous-partie ».


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