Venezuela (République bolivarienne du)

S.E. M. Jorge Arreaza Montserrat, Ministre des affaires étrangères

25 septembre 2017 (72e session)

Statement Summary: 

M. JORGE ARREAZA, Ministre des affaires étrangères du Venezuela, a réitéré l’attachement de son pays à la diplomatie bolivarienne de la paix.  Cette tribune de l’ONU doit être respectée et protégée, chérie par les nations mais, malheureusement, « la maison du multilatéralisme a été profanée par des pouvoirs arrogants qui cherchent à imposer leur vision par la force », a-t-il déploré.

Le Ministre a rappelé qu’il y a quelques jours, dans cette salle et ailleurs, les buts des Nations Unies avaient été « profanés » par le Président des États-Unis qui a annoncé la destruction totale d’un État Membre « comme s’il jouissait d’un pouvoir dictatorial absolu sur les autres États Membres ».  Il a relevé l’ironie du fait que le Président Trump ait justifié son discours par la paix.  « Nous avons le devoir face au monde de dénoncer ces menaces faites par le Président des États-Unis », a lancé M. Arreaza avant de rappeler que l’Administration Trump avait imposé des sanctions « illicites » le 25 août dernier au peuple vénézuélien.  M. Trump a recouru à nouveau au discours de la guerre froide pour réitérer ses menaces contre le Venezuela et Cuba, a-t-il ajouté, tout en assurant que son pays continuerait d’œuvrer pour le dialogue mais qu’il devait également défendre sa souveraineté. 

Le Ministre a exhorté l’ONU à contrecarrer ceux qui brandissent le chantage économique et autre au nom de l’hétérogénéité de ses États Membres.  Pour sa part, le Venezuela, s’exprimant au nom du Mouvement des non-alignés, n’a cessé de dénoncer les mesures illégales et coercitives que sont les sanctions, et a exigé que les gouvernements qui les imposent soient obligés de dédommager les peuples qui en sont la cible.  Il s’agit, selon M. Arreaza, d’une forme d’unilatéralisme inacceptable.

Suite aux accusations faites par le Président Trump au sujet des membres du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, le Ministre a estimé que s’il y avait un pays qui ne méritait pas d’y siéger, c’était bien les États-Unis.  Il a justifié son propos par le fait que, selon lui, ce pays n’hésitait pas à recourir à l’imposition de mesures unilatérales illégales, à des pratiques migratoires très strictes, à l’invasion d’autres nations comme l’Iraq, ou encore à la construction d’un mur à la frontière du Mexique.  Qui plus est, les organisations des Nations Unies confirment dans leurs rapports que les État-Unis n’ont pas ratifié 62% des instruments internationaux en matière de droits de l’homme.  Alors que la situation au sein même du pays est marquée par le fait que 28% des Américains pauvres n’ont pas accès à une couverture santé et que 70% des enfants dans les prisons américaines sont d’origine afro-américaine, l’esclavage de fait se poursuit par le biais de la discrimination raciale, a encore relevé le Ministre.

Par ailleurs, il a regretté que la Méditerranée soit devenue « un immense cimetière ».  Il a salué le peuple syrien « héroïque » qui se rapproche chaque jour d’une victoire contre les groupes terroristes.  Il a reconnu les mérites de la nouvelle architecture de la lutte antiterroriste des Nations Unies et a espéré qu’elle permettra de condamner également le terrorisme d’État.

Le Venezuela continuera à faciliter les pourparlers entre la Colombie et l’Équateur, a assuré M. Arreaza.  N’étant pas un pays producteur de drogue, le Venezuela estime que les pays consommateurs doivent s’impliquer davantage dans la lutte contre ce fléau.  S’agissant de la réalisation des objectifs de développement durable, il a rappelé que 70% des investissements de son gouvernement se faisaient dans le secteur social. 

Pour ce qui est de la lutte contre les changements climatiques, il a estimé qu’il ne fallait pas changer le climat mais changer le système; pour cela, les pays les plus pollueurs doivent assumer leur responsabilité et le monde développé doit venir en aide aux pays les plus touchés par ce phénomène.  Il a également dénoncé le fait que les États-Unis, l’un des principaux pollueurs dans le monde, veuille se retirer de l’Accord de Paris.

« Nous avons subi des attaques multiformes contre notre économie et notre monnaie, ce qui s’est traduit par des violences politiques », s’est plaint le Ministre.  Toutefois « l’opposition de droite » a été neutralisée et huit millions de Vénézuéliens ont voté pour la paix politique en juillet dernier.  L’Assemblée constituante est devenue source de protection du peuple et une instance pour faire face aux problèmes les plus pressants, a-t-il poursuivi, avant de rappeler que le Venezuela avait toujours opté pour le dialogue social, et que son gouvernement se félicitait du fait que l’opposition politique ait décidé de participer aux prochaines élections.

Avant de conclure, il a déclaré que « l’unilatéralisme pervers avait atteint son apogée », et jugé impératif de revenir au multilatéralisme et au respect du droit international.
 


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