Afrique du Sud

S.E. M. Jacob Zuma, Président

20 septembre 2017 (72e session)

Statement Summary: 

Deux ans après l’adoption des objectifs de développement durable, beaucoup reste à faire pour promouvoir un ordre économique plus juste afin de réaliser tous les objectifs de développement durable, a noté M. JACOB ZUMA, Président de l’Afrique du Sud.  Il a estimé qu’une volonté et un engagement politiques des dirigeants du monde étaient nécessaires pour faire face aux défis et obstacles structurels de l’économie mondiale.  Il a déploré le fait que de nombreux pays développés continuent de profiter des ressources tirées du continent africain, un continent qui continue de perdre une bonne partie de ses ressources du fait des flux illicites de capitaux; des milliards de dollars qui auraient pu être utilisés pour le développement, l’éducation, la santé, le logement et autres services de base aux populations.  Le Président a estimé que le blanchiment d’argent, l’évasion fiscale, la corruption et le prix des transferts de fonds des multinationales sont parmi les plus grands défis de la croissance économique et de la stabilité.  Dans ce contexte, il a affirmé que les pays développés ont l’obligation historique et morale de contribuer à l’avènement d’un environnement économique mondial juste et d’éradiquer le fléau des flux financiers illicites qui partent du continent africain.

Le Président a salué la coopération entre les Nations Unies et les organisations régionales et sous-régionales, particulièrement l’Union africaine (UA), dans le cadre du maintien de la paix et la sécurité internationales.  Il s’est félicité du soutien apporté par l’Organisation aux efforts de gestion des conflits de l’Union africaine à travers la promotion des « solutions africaines aux problèmes et défis africains ».  Il a déclaré que les Africains entendent faire taire les armes sur le continent d’ici à l’année 2020, en droite ligne de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.  Il a ainsi souhaité que le peuple libyen connaisse bientôt la paix et l’harmonie, rappelant qu’en 2011, l’UA avait appelé au dialogue pour résoudre la crise dans le pays, malheureusement « certains Membres de l’ONU ont opté pour la solution des armes et des bombes ».  Or aujourd’hui, ces mêmes pays font peu d’efforts pour promouvoir la stabilité en Libye, a-t-il déploré.  Il a relevé que le problème des flux de migrants en provenance d’Afrique et du Moyen-Orient n’est qu’un symptôme de la crise libyenne.  Une crise qui a largement contribué, a-t-il affirmé, à la déstabilisation du Sahel jusqu’en Afrique centrale, créant un corridor pour le commerce illicite d’armes et les activités terroristes.  Il a indiqué qu’en Libye comme en Syrie, l’Afrique du Sud a mis en garde contre l’idée de résoudre les défis internes d’États souverains en imposant des solutions externes par la voie militaire.

Au sujet de la crise dans la péninsule coréenne, M. Zuma a dit qu’en tant que pays ayant volontairement démantelé son programme d’armement nucléaire, l’Afrique du Sud assure qu’il ne peut y avoir de mains sûres quand il s’agit d’armes de destruction massive.  « La seule solution viable est de procéder à leur élimination totale comme cela est indiqué dans le récent Traité d’interdiction complète des essais nucléaires, a-t-il affirmé.  Il a du reste invité tous les États Membres à signer ce Traité.

Le Président a par ailleurs appelé à la réforme du Conseil de sécurité, cet organe essentiel des Nations Unies.  Il a argué qu’une absence de progrès sur cette question entacherait la légitimité de l’Organisation.  Il a aussi déclaré que tous les efforts doivent être axés sur la mobilisation des ressources requises pour la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur les changements climatiques. 

Il a souligné que cette session de l’Assemblée générale coïncidait avec le centenaire d’Oliver Reginald Tambo qui a dirigé le mouvement de libération en Afrique du Sud, à l’African National Congress (ANC).  Il a saisi cette occasion pour remercier les Nations Unies et la communauté internationale pour le soutien apporté à la lutte de libération.  Il a laissé entendre que si Oliver Tambo était encore vivant, il aurait demandé à l’Assemblée générale de soutenir la lutte des Palestiniens et des populations du Sahara occidental.  Il a plaidé pour que l’Assemblée générale fasse montre de la même détermination qu’elle a eue dans le soutien à la lutte sud-africaine.  Il a aussi fait part de sa déception face à la décision de l’Administration américaine de faire machine arrière sur les progrès enregistrés ces deux dernières années sur la question de l’embargo contre Cuba.
 


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