État de Palestine

S.E. M. Mahmoud Abbas, Président

20 septembre 2017 (72e session)

Statement Summary: 

Que reste-t-il aujourd’hui de l’espoir suscité il y a 24 ans par les Accords d’Oslo entre Palestiniens et Israéliens? a demandé le Président de l’État de Palestine, M. MAHMOUD ABBAS.  Nous avons reconnu l’État d’Israël sur la base des frontières de 1967, a-t-il poursuivi, en regrettant le refus d’Israël de les reconnaître, mettant à mal le principe de la reconnaissance mutuelle agréé à Oslo en 1993.  Au lieu de faire face aux causes profondes du conflit, Israël a essayé d’orienter l’attention de la communauté internationale vers des sujets de moindre importance qui découlent de ses politiques coloniales, a-t-il dénoncé.  Il a accusé Israël de prétendre qu’il n’y a pas de partenaire palestinien, alors qu’il est conscient que l’occupation des terres palestiniennes conduit aux provocations et à la violence. 

Pour lui, si Israël est le premier à porter la honte de l’occupation, la communauté internationale doit aussi la porter.  Les Nations Unies, a-t-il rappelé, ont l’obligation légale, politique, morale et humanitaire de mettre fin à l’occupation et d’aider le peuple palestinien à vivre dans la liberté et la prospérité dans un État indépendant, avec Jérusalem-Est comme capitale, et dans les frontières du 4 juin 1967.  Le Président a expliqué que la fin de l’occupation coloniale des terres palestiniennes aura un impact positif sur la lutte contre le terrorisme, car elle ôtera aux terroristes l’un de leurs messages de ralliement qu’ils exploitent pour promouvoir leur idéologie répugnante.

M. Abbas a souligné que toutes les pistes ont été examinées et des efforts consentis pour arriver à la paix avec le voisin.  Il a cité l’adhésion au Plan de paix arabe, à la Feuille de route du Quatuor et à d’autres initiatives similaires comme la proposition française faite à la Conférence de Paris en début d’année, ou encore celle des Présidents chinois et russe et la dernière en date, celle du Président des États-Unis.  Il a invité le Premier Ministre israélien à prouver son engagement en faveur de la solution des deux États et à s’asseoir à la table des négociations pour délimiter les frontières entre les deux États, ce qui permettrait d’ouvrir la voie à des négociations concrètes visant à résoudre toutes les questions liées au statut final. 

Selon M. Abbas, Israël continue de bloquer les efforts de paix, assurant l’échec du processus par ses activités de colonisation qui sapent la perspective de la solution des deux États.  « Ces actions constituent une menace pour nos deux peuples, Palestiniens et Israéliens, et nous obligent à entreprendre un examen global et stratégique de tout le processus », a affirmé le Président Abbas, tout en annonçant dans un futur proche une réunion du Conseil national palestinien à cet effet.

Il a par ailleurs averti que les politiques israéliennes à Jérusalem-Est suscitaient des tensions religieuses et pourraient conduire à un conflit religieux violent.  Il a prévenu que « Jérusalem est une ville occupée et que les décisions qui y sont prises par Israël sont nulles et non avenues et complètement illégales ».  Il a indiqué que les tentatives d’Israël de changer le statut historique de Jérusalem, et notamment le statut et l’intégrité de la mosquée Al-Aqsa, s’apparentaient à « jouer avec le feu » et représentaient une violation des responsabilités palestiniennes et jordaniennes. 

« Nous ne pouvons continuer d’être une Autorité sans autorité », a-t-il lancé, ajoutant que les Palestiniens ne peuvent rester les bras croisés face à la menace sur leur existence nationale, politique et sociale et sur leurs terres.  Nous devons prendre des mesures différentes pour préserver notre existence nationale et laisser ouverts les horizons de paix et de sécurité.  Parmi ces mesures, il a rappelé que la Palestine a invité la Cour pénale internationale (CPI) à ouvrir une enquête et à poursuivre les autorités israéliennes impliquées dans les colonies de peuplement et les agressions contre le peuple palestinien.  Il a aussi indiqué que la Palestine va poursuivre son processus d’accession aux conventions, protocoles et organisations internationales, en droite ligne du statut d’Observateur qu’il a acquis auprès des Nations Unies.

Le Président a promis que les Palestiniens allaient donner toutes les chances possibles aux efforts entrepris par le Président Donald Trump et le Quatuor, ainsi que la communauté internationale pour arriver à la solution des deux États.  Mais, si jamais cette solution est détruite du fait de la réalité de l’existence d’un seul État et d’une politique d’apartheid, alors ni la communauté internationale ni les Palestiniens n’auraient d’autre choix que de continuer la lutte et d’arracher les mêmes droits pour tous les habitants de la « Palestine historique ».  « Ce n’est pas une menace, mais plutôt un avertissement sur les réalités qui sont le résultat de la politique israélienne qui sape gravement la solution des deux États », a-t-il précisé.  Dans un style direct, il a dit aux populations israéliennes que les Palestiniens veulent vivre en paix et leur a conseillé de ne pas écouter ceux qui veulent les convaincre que la paix entre les deux peuples n’est pas possible.  « Notre problème c’est l’occupation coloniale israélienne et non pas le judaïsme en tant que religion », a-t-il affirmé.

Il a par ailleurs relevé que depuis la division de 2007, l’Autorité palestinienne a continué à remplir ses obligations envers les populations de Gaza, insistant sur le fait que Gaza ne sera pas l’État palestinien, et qu’il n’y aura pas d’État palestinien sans Gaza.  Il a également rappelé que dans son discours devant l’Assemblée générale l’an dernier, il avait invité le Gouvernement britannique à rectifier la grave injustice faite au peuple palestinien du fait de la Déclaration Balfour de 1917 qui avait promis un territoire national aux juifs en Palestine, en dépit du fait que les Palestiniens y étaient installés et n’auraient pas dus être colonisés ni placés sous le mandat d’une grande puissance. 

Il a regretté que jusqu’à ce jour, le Gouvernement britannique n’ait pas pris de mesure pour corriger cette injustice historique, ni présenter des excuses au peuple palestinien et encore moins accorder des indemnisations ou reconnaître leur État.  La communauté internationale est-elle acquise à l’idée qu’Israël est un pays au-dessus des lois? a-t-il demandé, en s’interrogeant sur les raisons de ce double standard. 

Pour sauver le processus de paix et la solution des deux États, M. Abbas a proposé de mettre fin à l’occupation par Israël des territoires palestiniens « dans un délai donné », car il ne suffit plus de le clamer de manière générique sans donner de date limite.  Ensuite, il a appelé à des actions pour arrêter les activités de peuplement dans les territoires palestiniens, y compris Jérusalem-Est.  Le Président de l’Autorité palestinienne a également demandé une protection internationale pour les territoires et le peuple palestiniens jusqu’à la fin de l’occupation.  Il faut aussi qu’Israël s’engage à respecter les frontières de 1967 comme base des deux États, a-t-il suggéré, tout en enjoignant les États ayant reconnu l’État d’Israël à préciser qu’ils l’ont fait en se basant sur les frontières de 1967 et ceci en droite ligne des résolutions internationales sur la question.  Il a aussi appelé les États qui n’ont pas encore reconnu l’État de Palestine à le faire, par principe d’égalité, ce qui pourrait augmenter les chances de parvenir à la paix. 

Il a en outre invité le Conseil de sécurité à approuver la demande faite par la Palestine de devenir un membre à part entière des Nations Unies, arguant que tous ceux qui soutiennent la solution des deux États doivent de facto reconnaître l’autre État qui est celui de Palestine. 

Il a plaidé pour un soutien continu de la communauté internationale à l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).  Il a mis en garde contre les tentatives de supprimer le point 7 du programme de travail du Conseil des droits de l’homme sur « la situation des droits de l’homme en Palestine et dans les autres territoires arabes occupés », ou encore ceux qui empêchent la publication de la liste des entreprises qui opèrent dans les colonies israéliennes situées dans les territoires palestiniens occupés. 

Il a annoncé que ces questions centrales pour la préservation de la solution des deux États seront contenues dans un projet de résolution qu’il a invité l’Assemblée générale à adopter.

 


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