Sénégal

S.E. M. Macky Sall, Président

20 septembre 2016 (71e session)

S.E. M.Macky Sall

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Résumé de la déclaration : 

M. MACKY SALL, Président du Sénégal, a déclaré que le Sénégal, terre de diversité culturelle et religieuse, où 95% de musulmans vivent en harmonie avec leurs compatriotes chrétiens et de religion traditionnelle, est préoccupé chaque fois que des mesures sont édictées pour cibler des communautés et des pays musulmans en violation des droits de l’homme et des règles qui gouvernent les relations entre les États.

Face à la menace terroriste globale, le bon sens commande de coopérer pour vaincre le mal par une réponse globale, solidaire et concertée.  De la Syrie à la Libye, du Soudan à la Somalie, du Nord-Mali aux pays affectés par Boko Haram, accordons la même priorité à toutes les menaces à la paix et à la sécurité internationales.  Trouvons une solution juste et équitable au conflit israélo-palestinien.  Traitons avec le même respect et la même humanité tous les migrants, réfugiés et personnes déplacées quelle que soit leur origine. 

Redressons l’injustice historique qui fait de l’Afrique le seul continent à n’avoir aucun siège permanent au Conseil de sécurité alors qu’elle fournit près d’un tiers des États Membres de l’ONU et que les dossiers qui la concernent occupent l’essentiel des travaux du Conseil.  Le Sénégal poursuivra son mandat restant au Conseil en étant attaché à la position africaine exprimée dans le Consensus d’Ezulwini et ouvert au dialogue avec d’autres groupes d’opinion.

Pour les pays africains, la question de l’énergie reste un enjeu vital parce qu’il ne peut y avoir d’industrialisation et de développement sans accès à l’électricité.  L’Afrique ne peut continuer à éclairer les autres continents grâce à ses ressources en restant elle-même dans l’obscurité.  L’Afrique ne peut continuer à servir de réservoir de matières premières transformées ailleurs au détriment de sa propre industrialisation.

L’Afrique ne peut pas continuer à être le continent le plus affecté par les changements climatiques alors que sa contribution aux émissions de gaz à effet de serre liées à l’énergie demeure la plus faible et de seulement 3% en 2040, selon les prévisions.  L’Accord de Paris sur le climat nous engage à travailler ensemble pour que les pays en développement, africains en particulier, n’empruntent pas le même schéma pollueur que les pays aujourd’hui industrialisés.

De plus, a poursuivi le Président, j’appelle à une autre vision des enjeux du développement en Afrique.  Regardons l’Afrique non comme une terre d’urgence humanitaire et un réceptacle d’aide publique au développement mais comme un continent en construction, un pôle d’émergence et de progrès.  C’est l’Afrique des routes et des autoroutes, des ponts et des chemins de fer, l’Afrique des barrages et des centrales électriques, des parcs industriels et des fermes agricoles.

Voilà notre ambition pour nos pays que nous réaliserons non par l’aide mais par des investissements massifs et urgents dans les secteurs qui portent la croissance et le développement.  Nous voulons d’abord compter sur la mobilisation de nos propres ressources, par une meilleure efficacité dans la dépense publique, la valorisation et la juste rémunération de nos matières premières, une fiscalité maîtrisée et une lutte plus soutenue contre les flux financiers illégaux.

Voilà pourquoi le Sénégal soutient le projet de lutte contre l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfice (BEPS) initié par l’OCDE et le G20, la Banque mondiale et le FMI.  J’invite en même temps, a ajouté le Président, à la mise en œuvre de l’initiative CONNEX du G7 sur le renforcement de l’aide à la négociation de contrats complexes, en particulier dans le domaine des mines et des hydrocarbures.  J’appelle enfin tous les partenaires publics et privés à ne pas surestimer le risque de l’investissement en Afrique. Le risque n’y est pas plus élevé qu’ailleurs et pour une économie mondiale aujourd’hui essoufflée, l’Afrique ne présente pas de risques mais plutôt des opportunités de relance et de croissance partagée. 

Travaillons à la réforme de la gouvernance financière mondiale pour assouplir les conditions d’accès au crédit pour le financement du développement.  C’est dans la foi en cette Afrique nouvelle que nous poursuivons depuis deux ans la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent à travers de grands projets structurants notamment des centrales électriques, un nouveau pôle urbain, des infrastructures routières dont une deuxième autoroute à péage et le lancement prochain d’une ligne de train express régional reliant Dakar à notre nouvel aéroport international en cours de finition, a conclu le Président.


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