Bolivie (État plurinational de)

S.E. M. Evo Morales Ayma, Président constitutionnel

21 septembre 2016 (71e session)

S.E. M.Evo Morales Ayma

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Résumé de la déclaration : 

M. EVO MORALES AYMA, Président de la Bolivie, a dénoncé une période de « nouvel obscurantisme » causé par « la barbarie capitaliste et impérialiste », qu’il a accusée de porter atteinte à la dignité de l’être humain et à l’intégrité de notre maison commune la Terre mère ainsi qu’à celle de nos pays.  Dès lors, a-t-il ajouté, l’objectif de l’humanité en ce siècle devrait être d’éradiquer le capitalisme et l’impérialisme comme modèle de société.  Si nous ne construisons pas au plus tôt un nouveau modèle de société, les objectifs de développement durable seront remplacés par des objectifs de mort durable de tous les êtres vivants de la Terre mère, a ajouté M. Morales.

Rappelant que cette année sera la plus chaude de l’histoire de la planète et que chaque année est désormais plus chaude que la précédente, le Président a souligné que la Bolivie subissait actuellement une des pires sécheresses de son histoire.  Il a donc appelé à agir immédiatement pour empêcher la barbarie capitaliste de « convertir l’Accord de Paris en un accord menteur et maître-chanteur ».

M. Morales a ensuite accusé les pays capitalistes d’avoir construit des frontières et des murs « sur mer, sur terre et dans les airs », avant de rappeler qu’une personne sur 100 dans le monde est réfugiée ou déplacée du fait du réchauffement mondial, de guerres ou d’invasions impérialistes.  Il a ensuite émis l’espoir que les peuples du monde puissent bâtir une citoyenneté universelle et une patrie unique dans laquelle ils pourraient tous vivre en harmonie comme une famille commune.

Le Président bolivien a dénoncé la politique expansionniste d’Israël, y voyant une des meilleures expressions de la barbarie du monde moderne et a demandé aux Nations Unies de reconnaître immédiatement l’État de Palestine et d’agir pour empêcher le génocide brutal mené contre le peuple palestinien.  Il a condamné les sanctions économiques contre Cuba, ajoutant que les États-Unis devraient indemniser Cuba pour le blocus économique et restituer la base de Guantanamo.

M. Morales a salué l’accord de paix conclu entre le Gouvernement colombien et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), qui permet de réaliser l’objectif de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) de faire de la région une « zone de paix ».  Il a également salué le rôle de facilitateur joué par Cuba.  

M. Morales a en revanche déploré le bombardement par les États-Unis de positions militaires syriennes, y voyant un signe de leur hypocrisie.  Il a condamné le terrorisme, la violence et la guerre et demandé que l’on s’attaque aux causes de ces fléaux de l’humanité.  Moins il y aura de pauvreté et plus il y aura de respect pour les peuples, et moins il y aura de violence et de terrorisme, a-t-il affirmé.

M. Morales a ensuite affirmé que son pays avait su trouver un équilibre entre croissance économique, distribution de la richesse, réduction de la pauvreté et l’égalitarisme qui lui permettait de faire face aux conséquences de la crise capitaliste mondiale et d’avoir la meilleure croissance économique de l’Amérique du Sud.

Il a par ailleurs condamné les ingérences étrangères dans le pays frère du Venezuela, avant de dénoncer comme une nouvelle forme de conspiration impériale les coups d’État parlementaires, qui peuvent être légaux mais ne respectent pas la volonté des peuples.  Il s’est également dit très inquiet des mesures prises par le Secrétariat général de l’Organisation des États américains (OEA), estimant que cette Organisation devait représenter les intérêts des pays des Amériques et non pas se comporter en agence porte-voix des États-Unis, faute de quoi elle ferait mieux de cesser d’exister.

M. Morales a invité le Chili à mette fin par le dialogue au différend territorial le plus ancien de l’Amérique latine, celui qui l’oppose à la Bolivie sur un territoire qui offrirait à ce pays un débouché sur la mer.  La résolution de ce conflit profiterait aux deux peuples et à l’intégration latino-américaine, a-t-il affirmé.  Enfin, il a appelé à concrétiser le message du pape François, qui a appelé à construire des ponts de dialogue plutôt que des murs qui divisent.


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