États-Unis d'Amérique

S.E. M. Barack Obama, Président

20 septembre 2016 (71e session)

S.E. M.Barack Obama

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Résumé de la déclaration : 

M. BARAK OBAMA, Président des États-Unis, dont c’était le dernier discours devant l’Assemblée générale, a dressé un bilan des progrès réalisés durant ces dernières années, et notamment les huit dernières, depuis « la pire crise financière de notre époque ».  Il a rappelé les mesures prises pour combattre le terrorisme ou renforcer le régime de non-prolifération nucléaire, l’ouverture des relations entre les États-Unis et Cuba, le soutien de son pays au processus de paix en Colombie, l’accord avec l’Iran sur la question nucléaire ou encore la démocratisation du Myanmar, ainsi que la mise en place d’un cadre pour protéger la planète contre les effets néfastes des changements climatiques.  C’est là un travail important qui a des conséquences sur la vie des gens et qui n’aurait pas été possible si nous n’avions pas travaillé ensemble, a-t-il estimé.  

En même temps, ces forces de l’intégration mondiale mettent aussi en évidence les failles terribles de l’ordre international, a poursuivi le Président américain, citant les réfugiés qui fuient, les perturbations financières et leurs effets néfastes, la disparition de la sécurité la plus élémentaire dans de vastes régions du Moyen-Orient, les réseaux terroristes qui utilisent les médias pour influencer nos jeunes et menacer l’ouverture de nos sociétés modernes.  «  C’est le paradoxe qui définit notre monde d’aujourd’hui », a déclaré M. Obama, qui a ajouté que, 25 ans après la fin de la guerre froide, le monde était à maints égards moins violent et plus prospère, mais en même temps plein d’incertitudes et de discordes.  Il est plus difficile de gouverner alors que les peuples perdent leur confiance dans les institutions, a-t-il ajouté.

Nous nous trouvons aujourd’hui face à un choix, a poursuivi le Président: soit poursuivre nos efforts en mettant en place un meilleur modèle d’intégration mondiale, soit reculer vers un monde plus divisé, au risque d’aller vers des conflits entre nations, races, tribus et religions.  Pour M. Obama, il faut aller de l’avant et non reculer.  

Le Président américain a reconnu que tous les États représentés à l’Assemblée générale ne souhaitaient pas suivre la même voie, tout en ajoutant qu’il n’était personnellement « pas neutre » et que sa vision du monde tenait aussi à son expérience personnelle et à celle de l’Amérique, dont « l’histoire a commencé par une promesse de liberté », qu’il a présentée comme « une idée radicale » à l’époque. 

Pour M. Obama, les principes du marché libre, de la démocratie, de l’état de droit ou encore du droit international « restent les plus solides ».  Tout en affirmant que « les faits et l’histoire sont de notre côté », le Président s’est défendu de recourir à des arguments théoriques ou idéologiques, affirmant que ses convictions étaient basées sur les faits.  L’intégration de l’économie mondiale a amélioré la vie de millions d’êtres humains, a-t-il insisté, rappelant notamment que la part de l’humanité qui vit dans la pauvreté a été réduite à 10%, que le code génétique permettra de réduire des maladies séculaires, que l’Internet permet aujourd’hui d’apporter l’éducation à une jeune villageoise isolée grâce à un petit appareil ou encore que le nombre des démocraties dans le monde a presque doublé ces 25 dernières années et que ceux qui nient la dignité aux autres se voient de plus en plus blâmés.

Il ne s’agit pas de passer sous silence les défis mais il faut reconnaître ces accomplissements pour avoir confiance dans nos efforts et ne pas abandonner, a encore affirmé M. Obama, qui a ajouté que, pour aller de l’avant, l’intégration mondiale exigeait de nouvelles trajectoires.  Ceux qui parlent des avantages de la mondialisation ne tiennent compte que trop rarement des laissés-pour-compte, a-t-il ajouté, en insistant en particulier sur le fait que la mondialisation avait affaibli la position des travailleurs, supprimé de nombreux emplois dans l’industrie des pays développés, alors que, dans les autres, les syndicats restaient souvent réprimés.

Cela n’est pas nouveau, a reconnu le Président des États-Unis, mais les nouvelles technologies permettent à chacun de voir comment vivent les privilégiés et un sentiment d’injustice fondamentale sape désormais la confiance dans les systèmes en place.  Il a donc appelé les États à ne pas succomber à un capitalisme qui ne bénéficie qu’à quelques-uns, à respecter les droits des travailleurs, à investir dans les êtres humains et dans l’éducation, à améliorer la sécurité des gens.  Il a dénoncé les paradis fiscaux et les systèmes bancaires de l’ombre, ajoutant qu’un « monde dans lequel 1% de la population contrôle autant de richesses que les 99% autres ne sera jamais stable ».

L’insatisfaction de nos citoyens se reflète de manière éclatante dans les « autres visions » qui se sont faites jour, dans les pays riches comme dans les pays pauvres: le nationalisme agressif, le fanatisme religieux, le populisme de droite comme de gauche.  M. Obama s’est dit convaincu que ces options, qui ne reconnaissent pas notre humanité commune, ne peuvent pas apporter la prospérité sur le long terme.  Affirmant qu’on ne peut ni arrêter les migrations ni revenir à l’isolationnisme du passé, il a dénoncé des approches « qui nous rendraient plus pauvres et augmenteraient les risques de conflit », opposant, pour l’exemple, l’écart entre la riche République de Corée et le « désert de la Corée du Nord ».   

M. Obama a également présenté comme conforme à cette vision la politique menée aux États-Unis depuis huit ans « avec des résultats évidents », comme les  15 millions d’emplois créés après la récession de 2008 et le fait que la pauvreté « n’a jamais baissé aussi vite ces 15 dernières années que l’an dernier ».  À l’extérieur, a-t-il expliqué, les États-Unis travaillent avec de nombreuses nations pour remédier aux efforts nocifs du capitalisme.  Ainsi, ils appellent à l’établissement de règles claires au niveau international pour les banques, la lutte contre la corruption et contre l’argent sale. 

M. Obama a par ailleurs appelé à faire preuve d’« audace » face aux changements climatiques, faute de quoi, a-t-il averti, la facture impliquera des migrations de masses, des villes entières submergées et des conflits.  Pour lui, il faut donc mettre en œuvre l’Accord de Paris de 2015.  Quant au Fonds vert pour le climat, il doit n’être qu’un début pour faire en sorte que les pays pauvres puissent investir à un coût raisonnable dans des énergies propres.

Le Président des États-Unis a longuement plaidé en faveur de la coopération internationale.  Le monde n’a pas toujours été unipolaire, a-t-il affirmé, relevant qu’aujourd’hui certaines estiment que « tous les problèmes viennent de Washington ou que tous les problèmes devraient être résolus par Washington ».  Il a présenté son pays comme une des « rares superpuissances qui ont été capables de  ne pas penser seulement à leurs intérêts » mais ont aussi, malgré des erreurs, cherché à agir conformément à leurs idéaux.

Sur le long terme, renoncer à une certaine marge de manœuvre, sans renoncer à protéger nos intérêts, renforce notre sécurité, a encore plaidé M. Obama, qui a appelé les dirigeants à « faire preuve d’imagination morale » et à reconnaître que  l’on peut faire plus pour son propre peuple en recherchant ce qui est juste pour tous.  Notre monde est trop petit pour des murs censés protéger nos sociétés, a-t-il ajouté.

Inversement, il a estimé que la politique actuelle de la Fédération de Russie, qui « recherche sa grandeur passée », peut valoir à ses dirigeants une « ferveur nationale » mais lui apportera, sur le long terme, des frontières moins sûres.  En mer de Chine méridionale, un accord « apporterait bien plus de stabilité que la militarisation de quelques récifs ».  Le Président américain a également opposé l’Iran qui, en acceptant des limitations à son programme nucléaire, « renforce la sécurité mondiale » à la « Corée du Nord », qui, à chaque nouvel essai nucléaire, « inquiète le monde ».  

La communauté internationale doit soutenir ceux qui cherchent à construire plutôt qu’à détruire, a encore affirmé le Président, qui a appelé à poursuivre en Syrie « le difficile travail de diplomatie », aucune solution purement militaire n’étant possible.  Il a dénoncé une mentalité, trop fréquente au Moyen-Orient, consistant à déshumaniser ou persécuter un autre groupe.

À la fin de son discours, M. Obama a appelé à faire davantage pour aider les réfugiés, à faire preuve de suffisamment de compassion et à imaginer ce qui se passerait si ce qui leur arrive nous arrivait à nous.  Certes, a-t-il reconnu, il existe une manière de voir l’histoire bien plus cynique, fondée sur les relations de pouvoir.  Les progrès de l’humanité ne sont jamais inévitables mais sont le fruit de choix.  Ce sont des choix humains qui ont produit les deux guerres mondiales et ce sont d’autres choix humains qui ont abouti à la création des Nations Unies.  Il faut choisir ce qui fait appel à nos meilleurs instincts, a conclu le Président des États-Unis.


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