Fédération de Russie

S.E. M. Vladimir Putin, Président

28 septembre 2015 (70e session)

Statement Summary: 

« C’est à Yalta, en Crimée, dans mon pays, que se sont rassemblés en 1945 les dirigeants de la coalition antihitlérienne afin de jeter les bases  de ce qui sera le système de l’ONU », a déclaré M. VLADIMIR PUTIN, Président de la Fédération de Russie.  Il a évoqué les critiques récurrentes dont l’ONU est l’objet et qui ont trait à son manque d’efficacité et aux contradictions insurmontables que connaît le Conseil de sécurité.  Les différends ont toujours existé au sein de l’ONU et le droit de veto a été utilisé par chacun des cinq membres permanents du Conseil, a-t-il rappelé, indiquant que, s’il ne saurait toujours y avoir unanimité, la conciliation devait être en permanence recherchée au sein des Nations Unies.  « Les décisions passent ou ne passent pas », a-t-il dit, ajoutant que ceux qui ignoraient cela contrevenaient à la Charte des Nations Unies.

M. Putin a déclaré qu’après la fin de la guerre froide, il n’y avait plus qu’un seul centre de domination.  Le sommet de la pyramide a pu penser qu’il n’était plus nécessaire de prendre en compte les Nations Unies, a-t-il dit, mentionnant les rumeurs qui avaient circulé sur l’obsolescence de l’Organisation.  Le Président Putin a qualifié de « très dangereuses » les tentatives visant à saper la légitimité de l’ONU car elles menacent l’architecture internationale dans son ensemble et ouvrent la voie à un monde où règnerait la loi du plus fort.  Ce serait alors un monde de protectorats, a-t-il dit.

Estimant que la souveraineté c’est la liberté, M. Putin a estimé que les États étaient tous différents et qu’il fallait respecter cet état de fait.  Nous ne devons pas nous adapter à un seul modèle de développement, a-t-il affirmé, avant d’inviter à se souvenir du précédent de l’Union soviétique.  Il a expliqué que « l’exportation de ses propres clichés idéologiques en vue de tel ou tel changement » ne saurait aboutir qu’à des reculs.  « Nous assistons aujourd’hui à l’exportation de soi-disant révolutions démocratiques. »  Il a demandé à ceux qui ont prôné de telles révolutions, notamment en Iraq, s’ils avaient conscience de ce qu’ils avaient fait.  « J’en doute. »  L’invasion de l’Iraq a eu pour conséquence de créer des « zones d’anarchie » qui ont attiré les extrémistes, dont des anciens soldats iraquiens en déshérence.

S’agissant de la situation en Libye, théâtre d’une intervention décidée en violation des résolutions du Conseil de sécurité, le Président de la Fédération de Russie a affirmé que des éléments libyens dits modérés se retrouvaient maintenant aux côtés de Daech qui a été nourri et choyé par ceux qui pensaient qu’ils pouvaient en faire un instrument contre les régimes laïques indésirables, a-t-il affirmé.  Il a qualifié « d’hypocrite et d’irresponsable » la position consistant à dénoncer la menace du terrorisme tout en fermant les yeux sur les soutiens apportés aux groupes terroristes.  Il est irresponsable de manipuler les réseaux terroristes en espérant les anéantir ensuite, a poursuivi le Président russe.

« Qui manipule qui? » a-t-il demandé, ajoutant que si les terroristes étaient cruels, ils n’étaient pas stupides.  M. Putin a déclaré que la Fédération de Russie apportait un soutien à la Syrie et à l’Iraq.  « Nous pensons que c’est une énorme erreur de refuser de coopérer avec le Gouvernement syrien et ses forces armées qui combattent le terrorisme si vaillamment. »  Il a aussi déploré que la Fédération de Russie se voie accusée d’avoir des ambitions dans la région « comme si ceux qui brandissent de telles accusations n’avaient pas, eux-mêmes, des ambitions ».

Le Président Putin a proposé la création d’une coalition à portée mondiale contre Daech qui rallierait les forces prêtes à agir comme cela avait été décidé face au nazisme.  Les pays musulmans en seraient des éléments clefs, a poursuivi M. Putin, car les terroristes profanent l’une de plus grandes religions qui soient: l’islam.  Le plus sûr remède qui puisse être apporté au phénomène des réfugiés est le renforcement des structures publiques en place, par la fourniture notamment d’un soutien militaire.  « Toute assistance doit être proposée et non pas imposée », a-t-il dit, avant de souligner la nécessité de soutenir ces structures en Iraq et en Libye, ainsi que le Gouvernement légitime syrien.

M. Putin a vivement critiqué la persistance d’une mentalité de guerre froide et la logique de confrontation qui ont abouti à une grave crise en Ukraine, où, à un moment donné, le changement politique a été instrumentalisé.  Il faut appliquer de bonne foi les Accords de Minsk et respecter le choix des populations du Donbass, a-t-il dit.

Le Président russe a ensuite déploré le détournement des règles du commerce international au profit de quelques-uns et qui visent à éliminer de manière indue des rivaux commerciaux.  « On veut nous mettre devant le fait accompli », a-t-il affirmé, regrettant que certaines négociations commerciales soient menées à l’insu des États.

En ce qui concerne le défi des changements climatiques, M. Putin a jugé que l’introduction de quotas de gaz à effet de serre ne serait pas suffisante et qu’il fallait développer des technologies novatrices, en harmonie avec la biosphère.  Il a proposé la tenue d’un forum spécial sous l’égide de l’ONU pour traiter de ces questions, la Fédération de Russie étant prête à jouer un rôle de coordinateur.  En conclusion, le Président Putin a affirmé qu’il fallait privilégier la bonne coopération et fait part de sa foi dans la faculté de l’ONU à éviter la confrontation.


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