Libéria

S.E. M. Augustine Kpehe Ngafuan, Ministre des affaires étrangères

29 septembre 2014 (69e session)

S.E. M.Augustine Kpehe Ngafuan

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Résumé de la déclaration : 

M. AUGUSTINE KPEHE NGAFUAN, Ministre des affaires étrangères du Libéria, s’est félicité à la perspective que les concepts et stratégies définis dans le cadre de chacun des six piliers de la position commune africaine deviennent une partie intrinsèque du programme de développement pour l’après-2015.  Il s’est inquiété de la propagation d’idéologies extrémistes et d’activités terroristes dans le monde, en Afrique notamment.  Le Ministre a ensuite indiqué que son Gouvernement s’était engagé de manière concrète pour favoriser un développement durable et sensible aux changements climatiques.  Il a appelé l’ensemble des États Membres à prendre des « engagements proportionnés » pour sauver la planète.

M. Ngafuan a ensuite indiqué que dans son discours prononcé depuis cette tribune, il y a un an, la Présidente du Libéria était porteuse d’un message positif qui faisait notamment état des avancées notables réalisées par le pays depuis la fin de la guerre.  Un an plus tard, a-t-il poursuivi, je suis le porteur d’une toute autre histoire, triste de surcroit.  Depuis les six derniers mois, un sombre nuage plombe le paysage libérien, de telle manière qu’au lieu de faire état de croissance économique, nous nous voyons contraints de signaler un déclin économique.  La mise en œuvre pratiquement de tous les piliers de l’Agenda pour la transformation du Libéria a été interrompue et au lieu de consacrer son attention à l’intégration régionale, le Libéria envisage à présent la coopération régionale pour affronter un ennemi mortel, à savoir la maladie à virus Ebola, a déploré le Ministre.

Il a expliqué qu’afin de faire face à ce fléau, son gouvernement avait lancé diverses mesures, en décrétant notamment une situation d’urgence, en fermant les écoles et en lançant des campagnes de prévention afin de répondre aux problèmes causés par le déni et par les pratiques culturelles et traditionnelles qui créent un terreau fertile pour la propagation de la maladie.  Le Libéria consacre également une part importante de ses maigres ressources à ce combat.

En dépit de tous ces efforts et de ceux de nos partenaires, a-t-il enchaîné, l’Ebola a devancé de loin tous nos efforts collectifs, faisant plus de 1 800 morts et infectant près de 3 500 personnes dans le pays.  En outre, les femmes, qui représentent la majorité des soignantes, ont été frappées de manière disproportionnée par la maladie.  Alors que l’Ebola élargit sa circonférence mortelle, la maladie crée un sillage d’orphelins traumatisés et le nombre de professionnels de la santé, qui était déjà limité, s’est vu d’autant plus réduit avec la mort de 89 des leurs.

M. Ngafuan a expliqué que la panique qui s’est emparée des travailleurs de santé lorsqu’ils ont vu leurs collègues mourir a provoqué la fermeture de nombreux centres de santé dans le pays.  Qui plus est, le pays n’a plus de ressources adéquates, ni le temps ou le personnel pour faire face aux maladies quotidiennes comme le paludisme, la fièvre typhoïde et la rougeole.  De plus en plus de femmes meurent en couche.  En bref, a-t-il déploré, notre système de santé publique qui s’était complètement effondré pendant les années de conflit et qui était en train d’être reconstruit progressivement, a été démantelé sous le poids de ce virus mortel.

Le Ministre a aussi indiqué que sur le plan économique, la maladie avait provoqué une baisse de 3,4% de la croissance économique qui est passé de 5,9% à 2,5% en 2014.  Selon certains experts, s’est-il alarmé, Ebola pourrait provoquer une baisse de 12% en 2015.  De nombreux secteurs productifs du pays, notamment la production alimentaire, l’extraction minière et les transports, ont enregistré des baisses notables.  Les concessionnaires ont revu les activités à la baisse, provoquant le départ de nombreux expatriés et le budget fiscal pour l’année 2014-2015 a été revu 20% à la baisse.  La capacité du Libéria à fournir des services sociaux de base et à continuer de financer des projets de développement clefs a été sévèrement limitée.  M. Ngafuan a ajouté que la suspension des vols et les autres restrictions imposées au Libéria, et ce contre l’avis de l’Organisation mondiale de la Santé, avaient non seulement entravé la réponse humanitaire mais également aggravé les effets économiques adverses de cette crise sanitaire.

Aussi destructrice que fut la guerre civile, a-t-il enchaîné, au moins nos populations savaient qui étaient les parties au conflit et où se trouvaient les lignes de front.  Avec l’Ebola, l’ennemi est d’autant plus perfide et il n’existe aucune ligne de front car un enfant, un mari ou un collègue peut être à la fois l’ennemi et la ligne de front.  Le Ministre a salué le fait que suite aux appels lancés par la Guinée, la Sierra Leone et le Libéria, la communauté internationale a fait preuve d’une profonde appréciation pour l’ampleur et l’étendue sans précédente de l’épidémie Ebola.  Il a passé en revue les principaux évènements de ces dernières semaines, notamment le déploiement de 3 000 soldats annoncé par les États-Unis et la création par le Secrétaire général de la Mission pour l’action d’urgence contre l’Ebola.

Le Ministre a indiqué qu’alors que son pays s’est engagé dans une « première guerre » qui consiste à interrompre la transmission du virus Ebola, il doit également, de concert avec ses partenaires, se préparer pour une « deuxième guerre », à savoir répondre à l’impact socioéconomique à long terme de la maladie et bâtir un nouveau système de santé publique capable de faire face aux prochains défis sanitaires.

M. Ngafuan a souligné que la présence continue de la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL) serait essentielle pour aider son pays à opérer une sortie de crise sans heurts et à reprendre la mise en œuvre de son agenda pour le développement.  Il a indiqué que selon certains experts, dans le pire des cas, l’épidémie pourrait coûter la vie à environ 1,4 million de personnes dans la région d’ici au mois de janvier 2015.  Malgré la morosité actuelle, a-t-il affirmé, nous ne sombrons pas dans le défaitisme, mais estimons que le virus Ebola a placé devant nous une épreuve pour laquelle il n’y a qu’une réponse possible: se battre.


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