Iran (République islamique d’)

S.E. M. Hassan ROUHANI, Président

25 septembre 2014 (69e session)

Iran (République islamique d’)
Statement Summary: 

M. HASSAN ROUHANI, Président de la République islamique d’Iran, a déclaré d’emblée qu’il venait d’une région du monde où de nombreuses parties brûlaient sous le feu de l’extrémisme et du radicalisme.  « À l’est et à l’ouest de mon pays, des extrémistes menacent nos voisins, recourent à la violence et au bain de sang. Ils ne parlent pas une seule langue; n’ont pas la même couleur de peau ni la même nationalité; ils sont venus au Moyen-Orient du monde entier. »  Mais ils ont néanmoins une seule idéologie: « violence et extrémisme ».  Et un objectif unique: « la destruction de la civilisation, la montée de l’islamophobie et la création d’un terrain fertile pour de nouvelles interventions de forces étrangères dans notre région », a-t-il ajouté, en regrettant la mondialisation du terrorisme et le fait que les extrémistes du monde se sont trouvés les uns les autres sous le cri de ralliement « Extrémistes du monde, unissez-vous! »

Le Président iranien a affirmé que certains pays avaient aidé à la création de l’extrémisme et, à présent, ils n’arrivaient pas à y faire face.  Ce sont nos populations qui en paient le prix, a-t-il constaté, rappelant que l’anti-occidentalisme actuel était le résultat du colonialisme d’hier, et une réaction au racisme de jadis.  Certaines agences de renseignement ont mis les couperets dans les mains de fous qui, désormais, n’épargnent personne.  Tous ceux qui ont joué un rôle dans l’établissement et le soutien à ces groupes terroristes doivent admettre leurs erreurs, qui ont conduit à l’extrémisme, et présenter leurs excuses non seulement aux générations passées mais également futures, a-t-il déclaré.

M. Rouhani a affirmé que le terrorisme puisait ses racines dans la pauvreté, le chômage, la discrimination, l’humiliation et l’injustice, et prospérait dans la culture de violence.  En conséquence, pour l’extirper de nos sociétés, il importe de favoriser la justice et le développement, en faisant barrage à la distorsion des enseignements divins pour justifier la brutalité et la cruauté.  La douleur n’en est que plus forte lorsque ces terroristes font couler le sang au nom de la religion et décapitent au nom de l’islam, a-t-il insisté, en se déclarant étonné que ces groupes meurtriers se font appeler « islamiques », et, plus étonnant encore, que les médias occidentaux répercutent cette contrevérité, contribuant ainsi à alimenter la haine envers tous les musulmans, lesquels, à leur tour, perçoivent cette diffamation comme faisant partie d’un projet islamophobe.

Pour le Président iranien, l’agression militaire contre l’Afghanistan et l’Iraq, et l’ingérence dans le conflit syrien sont des exemples clairs d’une approche stratégique erronée au Moyen-Orient.  De la même façon, la démocratie ne saurait être transplantée de l’étranger: la démocratie est le produit de la croissance et du développement et non de la guerre et de l’agression, a-t-il expliqué, estimant que la démocratie n’était pas un produit exporté susceptible d’être commercialement importé de l’Ouest vers l’Est.  Dans une société sous-développée, une démocratie importée mène uniquement à un gouvernement faible et vulnérable, a-t-il jugé. 

Pour M. Rouhani, la région attend qu’une fois pour toutes, le monde occidental se mette du côté de ceux qui recherchent sincèrement la démocratie et allègent ainsi les souvenirs amers de son appui aux dictateurs.  L’expérience de la création d’Al-Qaida et des groupes extrémistes modernes a montré que l’on ne saurait se servir de tels groupes pour s’opposer à un État.  Il a rappelé que l’Iran avait invité tout le monde au « dialogue » face à l’action criminelle du 11 septembre 2001, et avait préconisé un « monde exempt de violence et d’extrémisme ».

Le Moyen-Orient a soif de développement et n’aime pas la guerre, et il y existe des personnalités politiques et des élites modérés qui jouissent de la confiance du peuple, a poursuivi le Président iranien.  Ils ne sont ni pro ni anti-occidentaux, et bien que conscients du rôle du colonialisme dans le sous-développement de leurs nations, ils recherchent réellement le développement de leurs nations. 

M. Rouhani a indiqué que les voix de ces dirigeants étaient les véritables voix de la modération dans le monde islamique.  Il a estimé que si les pays à la tête de la coalition agissaient pour perpétuer leur hégémonie dans la région, ils commettaient une erreur stratégique.  En revanche, si la douleur est ressentie par les pays de la région, ils sont les plus indiqués pour former une coalition et accepter la responsabilité de chef de file pour contrecarrer la violence et le terrorisme.  Et si d’autres nations désirent agir contre le terrorisme elles peuvent alors venir apporter leur appui.

Renvoyant à la proposition de son pays « Un monde exempt de violence et d’extrémisme », qui avait recueilli un soutien général, il a déclaré que dans une région tumultueuse et chaotique comme le Moyen-Orient, l’Iran était l’une des nations les plus tranquilles, sûrs et stables.

Il a estimé par ailleurs que la question nucléaire ne pouvait être résolue que par les négociations, négociations qui se poursuivent du reste entre l’Iran et les gouvernements des « 5+1 » avec sérieux et optimisme de part et d’autre.  Les observateurs internationaux ont remarqué que l’Iran avait honoré ses engagements en toute bonne foi.  Il a espéré néanmoins que les négociations en cours aboutiront à un accord final dans la courte période encore impartie.  Il a réitéré la détermination de son pays à mener son programme nucléaire, notamment d’enrichissement, et à pleinement jouir de ses droits nucléaires sur le sol iranien dans le cadre du droit international.

Les sanctions ne feront que créer des obstacles supplémentaires sur la voie de la coopération, a-t-il commenté, en demandant aux partenaires de comprendre cela et de ne pas faire de mauvais calculs dans le processus de négociations.  Le Président iranien a aussi prié les partenaires de faire preuve de souplesse afin de s’attaquer, ensemble, à des vrais problèmes à l’échelle de région, autrement plus graves, comme celui de l’extrémisme et du terrorisme.  Il a invité à mettre fin à cette « iranophobie trompeuse » car si cela ne se fait pas, la région deviendra encore plus chaotique car la solution viendra de l’intérieur de cette région-même, a-t-il conclu en citant des versets du Coran à ce propos.


Source

Droit de réponse (27 septembre)

Le représentant de l’Iran a répondu aux observations des Émirats arabes unis sur la question « des trois îles iraniennes dans le Golfe persique ».  À ce sujet,  les mesures prises par les autorités iraniennes ont toujours été menée sur la base des principes de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Iran.  « Toute affirmation contraire est considérée comme une ingérence dans les affaires intérieures de l’Iran », a-t-il dit.  L’Iran a toujours cherché à mener une politique de bon voisinage dans la région et souhaite éliminer tout malentendu qui pourrait exister entre les deux pays.

Source: AG/11564

Droit de réponse (29 septembre)

Le représentant de la République islamique d’Iran a fustigé les allégations sans fondements du représentant d’Israël ce matin en regrettant que ce dernier fasse un amalgame entre le groupe terroriste de l’État islamique en Iraq et au Levant et le monde islamique.  Il a regretté « l’iranophobie et l’islamophobie propagées par Israël sous les applaudissements d’une foule ramenée de l’extérieure de l’ONU ». 

Le représentant de l’Iran a jugé « risible » qu’une personne qui a conduit des opérations qui ont coûté la vie à 2 000 civils à Gaza, « qui étouffe sous un blocus depuis huit ans », parle de cette manière des atrocités commises par le groupe terroriste de l’État islamique en Iraq et au Levant.

Réagissant à une déclaration du Ministère des affaires étrangères du Bahreïn, le représentant de l’Iran a souhaité rappeler la déclaration faite par son pays à l’Assemblée générale le 27 septembre au sujet des trois îles iraniennes du Golfe persique.  Il a insisté sur le fait que le terme « golfe persique », désignant les eaux maritimes entre l’Iran et la péninsule arabique, représentait la toponymie historique de ce golfe.   

Source: AG/11565

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