Brésil

S.E. Mme Dilma Roussef, Président

24 septembre 2014 (69e session)

S.E. MmeDilma Roussef

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Résumé de la déclaration : 

Mme DILMA ROUSSEFF, Présidente du Brésil, a rappelé qu’elle intervient ici à la veille de l’élection présidentielle dans son pays, élection qui, a-t-elle affirmé, représente la célébration d’une démocratie arrachée à une dictature de près de deux décennies.  La « Grande transformation » dans laquelle nous sommes engagés a débouché sur une économie moderne et une société plus égalitaire, s’est-elle félicitée.

Mme Rousseff s’est aussi félicitée de ce qu’il y a quelques jours, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ait retiré le Brésil de la « carte mondiale de la faim », une transformation qui est le fruit de politiques économiques ayant permis la création de 21 millions d’emplois et une augmentation de 71% du pouvoir d’achat.  Aujourd’hui, 36 millions de Brésiliens ont pu s’extirper de la pauvreté extrême, dont 22 millions au cours de mon administration, a souligné Mme Rousseff.  La Présidente a aussi parlé des avancées dans le domaine de l’éducation, notamment de l’accès universel à l’éducation primaire, de la formation professionnelle de 8 millions de jeunes au cours des quatre dernières années et des politiques de discrimination positive pour faciliter l’inscription, dans les universités, d’étudiants pauvres, autochtones ou d’ascendance africaine.  Qui plus est, le Congrès a adopté une loi qui alloue 75% des revenus de l’exploration pétrolière dans la zone ante-salifère au secteur de l’éducation et 25% à celui de la santé.

La Présidente du Brésil a également parlé de la discipline fiscale, se félicitant que son pays ait su résister aux pires retombées de la crise économique de 2008.  Pendant la crise, s’est-elle enorgueillie, le Brésil a réussi à créer 12 millions d’emploi dans le secteur formel et à devenir une des principales destinations pour l’investissement étranger direct, tandis que sa dette extérieure est passée de 42% à 14%.  Mme Rousseff a jugé urgent de rétablir le dynamisme de l’économie mondiale et d’éliminer les disparités entre l’importance économique croissante des pays en développement dans l’économie mondiale et leur manque de représentation et de participation aux processus de prise de décisions des institutions financières internationales.  Les retards pris par ces dernières pour élargir aux pays en développement le droit de vote est « inacceptable ».  Ces institutions risquent de perdre toute légitimité et toute efficacité, a-t-elle notamment averti.

La Présidente a fait savoir que le Brésil avait accueilli, au mois de juillet dernier, le sixième Sommet des pays du Groupe BRICS et que des accords avaient été signés pour établir une nouvelle banque du développement et des réserves en cas d’imprévu afin de protéger les pays de la volatilité financière.  Chaque instrument aura un capital de départ de 100 milliards de dollars.

Mme Rousseff s’est ensuite inquiétée de l’incapacité de la communauté internationale de résoudre d’anciens conflits et de prévenir de nouvelles menaces dans le monde, constatant notamment que chaque intervention militaire mène non pas à la paix mais provoque à l’aggravation des conflits.  La Présidente s’est également dite préoccupée du fait que le Conseil de sécurité peine à promouvoir des solutions pacifiques aux conflits.  Elle a réclamé une « véritable réforme » de cet organe afin de mettre un terme à sa « paralysie actuelle ». 

Passant ensuite à la question des changements climatiques, Mme Rousseff a indiqué qu’entre 2010 et 2013, son pays « avait évité » d’émettre 650 millions de tonnes de dioxyde de carbone par an.  Pendant la dernière décennie, a-t-elle poursuivi, le taux de déforestation a été réduit de 79% sans pour autant entraver le développement économique et l’intégration sociale dans le pays.  La Présidente a appelé les pays développés à démontrer sans équivoque leur engagement à répondre au défi des changements climatiques.  Elle a aussi appelé à la création d’un mécanisme pour faciliter le développement, le transfert et la dissémination de technologies propres.

La Présidente du Brésil a ensuite appelé la communauté internationale à combattre la discrimination et l’exclusion.  Elle a fait part de l’attachement de son gouvernement à l’autonomisation de la femme et des efforts qu’il déploie pour combattre la violence à leur encontre.  Mme Rousseff a aussi parlé de l’égalité raciale et de la lutte de son pays contre l’homophobie.  En la matière, elle a indiqué que la Cour suprême du Brésil reconnait désormais les unions de personnes du même sexe.  Elle a insisté sur l’importance de combattre la corruption et a évoqué la création sur Internet, du portail pour la transparence du Gouvernement  qui, a-t-elle expliqué, permet à tous les citoyens d’obtenir des informations sur les dépenses de l’État.  Une loi sur l’accès à l’information a récemment été adoptée, permettant ainsi aux citoyens d’obtenir des données du Gouvernement, à l’exception d’informations sur la souveraineté.

Mme Rousseff a aussi jugé essentiel de prendre des mesures pour protéger de manière effective les droits de l’homme, « non seulement hors ligne, mais également en ligne ».  Elle a rappelé qu’elle avait proposé, il y un an, la création d’un cadre de droits civiques pour la gouvernance et l’utilisation d’Internet, fondé sur les principes de la liberté d’expression, du respect de la vie privée, de la neutralité et de la diversité culturelle.  Elle s’est félicitée de ce que, depuis lors, la communauté internationale se soit engagée à renforcer l’architecture de gouvernance d’Internet.  Une mesure importante, à cet égard, a-t-elle estimé, a été la tenue, à l’initiative du Brésil, d’une réunion mondiale des parties prenantes sur l’avenir de la gouvernance d’Internet –NETmundial- à Sao Paulo, en avril dernier.


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