Turquie

S.E. M. Abdullah Gül, Président

24 septembre 2013 (68e session)

S.E. M.Abdullah Gül

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Résumé de la déclaration : 

M. ABDULLAH GÜL, Président de la Turquie, a constaté que les crises les plus profondes de notre époque émergeaient de conflits internes, conflits qui ont augmenté, tant en termes de fréquence que d’intensité.  Ceux-ci, a-t-il dit, sont dus pour une large partie au problème de légitimité politique, qui conduit à ignorer les consentements des gouvernés et à limiter les perspectives d’un ordre interne.  Des dirigeants sans légitimité politique partagent une illusion commune: au lieu de lire l’avenir et de mener les transformations, ils pensent pouvoir gagner du temps par des actes irresponsables contre leur propre peuple.

Finalement, ces conflits dégénèrent en guerres civiles, comme la tragédie dont nous sommes témoins en Syrie, a souligné M. Gül, pour qui les actes de ce type de dirigeants ont des conséquences pour la paix et la sécurité au-delà des frontières de leurs pays.  Si des dirigeants persistent à définir leur sécurité d’une façon qui inflige l’insécurité à d’autres nations, il ne peut y avoir de sécurité collective, a estimé le Président turc.

Aujourd’hui, a-t-il ajouté, la paix et la sécurité régionales et internationales dépendent du maintien de l’ordre intérieur dans chaque nation.  Une véritable paix intérieure est essentielle à la paix et à la stabilité régionale et internationale.  C’est un défi, a-t-il précisé, auquel nous continuerons de faire face dans les années qui viennent.

M. Gül a mis l’accent sur la nécessité de compter sur une Organisation des Nations Unies forte, efficace et crédible, apte à s’adapter aux réalités du monde actuel, capable de prendre des mesures visant à maintenir la paix et la sécurité internationales, à préserver la sécurité, la justice et les droits fondamentaux et les libertés des individus.  Nous avons besoin d’un Conseil de sécurité véritablement démocratique, représentatif, efficace et comptable de ses actes.

Le Chef de l’État turc a salué et appuyé fermement l’accord russo-américain visant à éliminer l’arsenal d’armes chimiques de la Syrie.  Cet accord, a-t-il dit, doit être traduit dans une résolution du Conseil de sécurité tangible. 

En tant qu’État voisin de la Syrie, la Turquie souhaite plus que tout une destruction complète et véritable de ces armes.  Toutefois, on ne peut oublier que des armes chimiques ont été utilisées contre des civils syriens il y a un mois, les auteurs de ce crime contre l’humanité devant être tenus pour responsables et conduits devant la justice.  Il a espéré que cet accord constituera une première étape dans l’établissement d’une architecture de sécurité garantissant l’élimination de toutes les armes de destruction massive au Moyen-Orient.

Le Président turc a en outre jugé honteux que le Conseil de sécurité n’ait pu assumer sa responsabilité première dans cette situation, regrettant que des divergences politiques, des équilibres de puissances et des considérations géopolitiques aient prévalu sur l’impératif de mettre un terme à cette tragédie.

Il a souligné, de même, que la poursuite de la crise des réfugiés posait une menace sociale, politique et économique vitale aux nations hôtes.

Une telle tragédie exige, selon lui, un engagement international ferme et totalement déterminé, c’est-à-dire, a-t-il dit, tout ce dont on a manqué depuis le début du conflit.  Nous ne pouvons et ne laisserons pas le peuple syrien livré à son sort, a-t-il déclaré, estimant que la tâche de mettre fin à cette situation revenait à la communauté internationale.  Il faut, a-t-il ajouté, une stratégie politique menée par les cinq États membres permanents du Conseil de sécurité et les pays voisins de la Syrie.

Par ailleurs, le Président turc a jugé que le déni du droit des Palestiniens à avoir leur propre État n’avait aucune justification sur les plans moral, politique et juridique.  Il a souligné qu’en dépit des appels persistants de la communauté internationale, la poursuite de l’expansion des colonies illégales de peuplement sur les terres palestiniennes sapait la perspective d’une solution à deux États.  Il s’est ainsi félicité de la reprise des pourparlers entre les parties sous les auspices des États-Unis.

En outre, M. Gül a dit attendre de la communauté internationale qu’elle exhorte les Chypriotes grecs à s’engager dans des négociations axées sur des résultats et en toute bonne foi.  Le règlement de la question chypriote est essentiel à la paix et à la stabilité de la région de l’est méditerranéen, a-t-il assuré.

Le Président turc a aussi appelé vivement à la résolution pacifique du conflit au Nagorno-Karabakh et à l’établissement d’une paix durable dans le Caucase fondée sur le principe de l’intégrité territoriale.  Il a aussi passé en revue l’action de son pays dans les Balkans, en Afghanistan, en faveur des pays les moins avancés (PMA), avant d’annoncer que la Turquie est candidate à un siège non permanent au Conseil de sécurité pour 2015-2016. 


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