Serbie

S.E. M. Tomislav Nikolić, Président

25 septembre 2013 (68e session)

Statement Summary: 

Avant de parler longuement de la situation au Kosovo, M. TOMISLAV NIKOLIĆ, Président de la Serbie, a souligné qu’en tant que nouveau membre du Conseil économique et social (ECOSOC) pour la période 2014-2016, la Serbie compte bien participer activement à tous les travaux liés aux OMD et à la définition du programme du développement pour l’après-2015.  Mais, a dit à son tour le Président, il ne peut y avoir de développement sans paix.  Il a insisté sur l’attachement de son pays aux activités de maintien de la paix des Nations Unies, comme en atteste d’ailleurs le nombre de Casques bleus serbes déployés dans les missions.

Le Président s’est aussi attardé sur le fléau du terrorisme, sur les progrès de son pays en matière de droits de l’homme et sur son attachement au Traité sur le commerce des armes.  Il a parlé des efforts de son pays pour accélérer l’intégration régionale et a espéré que les négociations sur l’adhésion de son pays à l’Union européenne commenceront dès janvier 2014.  La Serbie, qui présidera l’OSCE en 2015, le fera d’autant sérieusement que l’année marquera le quarantième anniversaire du Pacte d’Helsinki.

Le fait que le Kosovo ait déclaré unilatéralement son indépendance a créé un problème et compromis le système établi par l’ONU dès sa création, a d’emblée déclaré le Président de la Serbie.  Cette « sécession illégale » n’a d’ailleurs jamais été reconnue par l’ONU mais par quelques États, au mépris du système juridique international.  Soumis à une pression et à des menaces constantes, d’autres pays, dont des amis traditionnels de la Serbie, ont fini par céder, a accusé le Président.

Pour sa part, la Serbie a répondu avec mesure et diplomatie, en rejetant la voie militaire au profit de la voie politique pour sauvegarder sa souveraineté et l’unité de son territoire.  Grâce à la médiation de l’Union européenne, a confié le Président, la Serbie est parvenue à des arrangements avec « les Albanais du Kosovo et Metohija ».  Ce faisant, elle a montré que son objectif ultime était de protéger la communauté serbe aussi efficacement que possible et d’assurer une vie normale à tous les habitants de la « province ».

Le Président de la Serbie a tenu à souligner que Belgrade et Pristina avaient certes conclu des accords mais qu’ils s’étaient limités à « des questions clairement définies ».  La Serbie, a-t-il insisté, n’a reconnu « ni de facto, ni de jure » l’indépendance du Kosovo et le Premier Accord, a-t-il dit, ne traduit en aucun cas l’intention d’admettre le Kosovo comme membre des Nations Unies et d’autres organisations internationales où le statut de membre reste la prérogative exclusive des États souverains.

Les Nations Unies, a rappelé le Président Nikolić, sont au Kosovo, depuis 14 ans, pour administrer « cette partie de la Serbie ».  Nous demandons en conséquence que le mandat de la Mission de l’ONU reste inchangé, que son personnel soit maintenu et que ses activités soient renforcées.  Le rôle de la Mission est « indispensable » et la résolution qui définit son mandat réaffirme bien le statut de province d’un Kosovo qui « fait partie intégrante de la Serbie », a insisté le Président.  Il a demandé à l’Union européenne, « vers laquelle la Serbie se dirige résolument », de respecter ses propres principes s’agissant du Kosovo et Metohija.

En maintenant une approche neutre, la mission « état de droit » de l’Union européenne -EULEX-, a-t-il dit, doit continuer à contribuer à la mise en place des institutions démocratiques et au respect des droits de l’homme des Serbes et des autres non-Albanais car « les menaces ne pèsent que sur leurs droits ».

« Soucieux d’épargner à la communauté internationale un poids sur la conscience dans quelques années », le Président a rappelé que le Rapporteur spécial du Conseil de l’Europe a confirmé, sans jamais être contredit, que certains des dirigeants albanais actuels du Kosovo avaient organisé l’enlèvement et le meurtre de Serbes dont les organes ont été clandestinement prélevés et vendus.  Il est nécessaire, a estimé le Président, que les Nations Unies participent à l’enquête sur ces crimes, sur la base du rapport du Conseil de l’Europe sur le trafic illicite des organes.

Le Président de la Serbie a ensuite réitéré ses propos selon lesquels le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) n’avait pas contribué à la réconciliation et qu’il avait compromis l’idée de justice pénale internationale, agi sous une forte pression politique, manqué d’indépendance, émis des jugements inédits, acquitté certains criminels et, bien souvent, échoué à en poursuivre d’autres, humilié les victimes serbes et essayé de réécrire l’histoire.

C’est la raison pour laquelle, a aussi rappelé le Président, la Serbie a demandé aux Nations Unies et au TPIY de faire en sorte que les Serbes condamnés puissent purger leur peine en Serbie.  Cette demande ne signifie pas que la Serbie remet en question les jugements ou qu’elle relativise les crimes commis.  Il s’agit tout simplement, a insisté le Président de la Serbie, de faciliter leur retour à la vie normale lorsqu’ils seront libérés.


Source

Droit de réponse (28 Septembre 2013)

La représentante de la Serbie, qui a répondu à l’intervention du Premier Ministre de l’Albanie, a affirmé que la consolidation de la paix et de la stabilité régionale dans les Balkans constituait une priorité absolue de la Serbie.  Mais les appels à des actions unilatérales qui ont été lancés représentent une violation de la Charte des Nations Unies et des résolutions du Conseil de sécurité.  Une telle approche est contreproductive et va à l’encontre de tous les efforts entrepris jusqu’ici pour trouver une solution durable à la question du Kosovo, a-t-elle tranché.

Elle a ajouté que l’accord scellé, il y a six mois, sous les auspices de l’Union européenne, fournissait un cadre permettant de trouver une solution pratique et réelle à la situation des citoyens de la région, ce qui n’implique pas la reconnaissance par la Serbie d’un acte unilatéral.  L’appel à la reconnaissance du Kosovo, entendu aujourd’hui, est contraire au processus en cours et ne contribue pas au renforcement de la confiance, a-t-elle conclu.

Source : AG/11430

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