Secrétaire général des Nations Unies

S.E. M. Ban Ki-moon, Secrétaire général

24 septembre 2013 (68e session)

S.E. M.Ban Ki-moon

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Résumé de la déclaration : 

M. BAN KI-MOON, Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, a déclaré que chaque année, à cette époque, nous nous retrouvons non pas pour préserver le statu quo mais pour pousser le monde vers l’avant.  Nous vivons une époque riche de possibilités.  Nous sommes la première génération qui a les moyens de faire disparaître la pauvreté de la surface de la terre.

 

Pourtant, a fait observer le Secrétaire général, des pressions de plus en plus fortes s’exercent sur la planète et ses habitants.  Le climat se réchauffe.  Les jeunes ne trouvent pas d’emploi.  Les conflits perdurent.  Les choses évoluent à la vitesse du siècle nouveau, souvent si vite que les mécanismes et les institutions créés pour un autre âge ne suivent pas.

Partout dans le monde, des gens descendent dans la rue ou occupent des places pour se faire entendre de ceux qui sont au pouvoir.  « Ils veulent que vous, leurs dirigeants, vous les écoutiez. »

L’année 2015 est l’occasion d’écrire l’histoire, a dit le Secrétaire général.  Le nouveau programme de développement doit être aussi mobilisateur que les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Il doit être universel, l’éradication de la pauvreté doit en être la priorité absolue, le développement durable, l’élément central, et la gouvernance, le ciment.

Il doit s’exprimer en une seule et unique série d’objectifs et ne doit pas établir de hiérarchie entre les trois dimensions du développement: la protection de l’environnement et la justice sociale ne doivent pas être reportées à plus tard, une fois que la croissance économique sera assurée.  L’autonomisation des femmes et leurs droits doivent être au cœur de tout ce que nous faisons.  Le XXIe siècle doit être le siècle des femmes.  Le succès, a poursuivi le Secrétaire général, passe aussi par des efforts accrus du secteur privé.  L’ONU doit se doter de plus de moyens encore pour travailler non seulement avec le monde des affaires et de la finance mais aussi avec la société civile et les organisations philanthropiques.

Les effets des changements climatiques, a poursuivi le Secrétaire général, menacent tous les acquis du développement.  Ces périls s’accompagnent d’occasions à saisir: celle de changer nos modes de fonctionnement et nos plans d’urbanisme, nos moyens de transport et la façon dont nos maisons et nos usines sont alimentées en énergie.  La voie d’une économie à faible émission de carbone s’ouvre devant nous – une voie qui peut mener à la création d’emplois et à une amélioration de la santé publique, tout en nous permettant de protéger l’environnement.

Le Secrétaire général a invité les dirigeants du monde à un sommet sur les changements climatiques qui se tiendra dans un an à New York.  Il a espéré que ce sommet ouvrira la voie à l’adoption d’un instrument juridique ambitieux dans le cadre du processus relatif à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

M. Ban est ensuite passé « au plus grand problème que le monde connaisse actuellement en ce qui concerne la paix et la sécurité: la crise syrienne ».  « Des comptes vont nous être demandés », a-t-il prédit.  Il a appelé le Gouvernement syrien à s’acquitter intégralement et rapidement des obligations qu’il a acceptées en adhérant à la Convention sur les armes chimiques.

La communauté internationale doit tenir responsables ceux qui ont employé des armes chimiques en Syrie - « emploi indéniablement confirmé par la mission d’enquête des Nations Unies ».  Mais, a estimé le Secrétaire général,  nous ne saurions nous contenter de détruire les armes chimiques pendant que la guerre continue de détruire la Syrie.

Il a demandé à tous les États d’arrêter d’alimenter le conflit sanglant qui déchire la Syrie et de mettre un terme aux livraisons d’armes à toutes les parties.  Il a dit compter sur l’adoption d’une résolution contraignante du Conseil de sécurité sur les armes chimiques.  Une intervention humanitaire devrait venir juste après, a précisé M. Ban.  Il a également demandé au Gouvernement syrien et à l’opposition de se conformer aux obligations que leur font le droit international humanitaire et les droits de l’homme.

L’emploi d’armes chimiques, « acte odieux », a suscité un mouvement diplomatique, premier signe d’unité depuis bien trop longtemps.  Nous devons, a-t-il suggéré, en tirer parti pour amener les parties à la table des négociations.  « Toute victoire militaire est une illusion.  La seule solution est un règlement politique. »

« Je demande instamment au Gouvernement syrien et à l’opposition- et, Mesdames et Messieurs, je demande instamment à tous ceux, ici présents, qui ont de l’influence et de l’autorité sur eux- de faire en sorte que la deuxième conférence de Genève se tienne », a plaidé le Secrétaire général. 

Au-delà de la Syrie, toute la région connaît des tensions et des troubles, a-t-il reconnu, en prévenant que les difficultés sont immenses: il faut construire la démocratie et mettre en place un dialogue pluraliste, étouffer les flammes du fanatisme et combler le vide sécuritaire une fois desserré l’étau de la dictature.  M. Ban s’est félicité de ce que les Israéliens et les Palestiniens aient repris des négociations directes.

Au-delà du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, il a dit voir des pays d’Afrique écrire un nouveau chapitre dans lequel le dynamisme va de pair avec la démocratie et une croissance économique aussi soutenue qu’impressionnante.  Cela étant, a-t-il regretté, au Sahel, la misère et l’instabilité persistent.  En République centrafricaine, l’ordre public s’est effondré.  « Pourtant, de même que l’appel humanitaire pour la Syrie, notre appel à l’aide en faveur de ce pays ne suscite que des contributions désespérément insuffisantes. »

Et rien qu’au cours de cette dernière semaine, a-t-il fait observer, des attaques consternantes commises au Kenya, en Iraq et au Pakistan, nous ont une nouvelle fois, rappelé combien les terroristes peuvent faire du mal et causer de dégâts.  Partout dans le monde, nous constatons une fois de plus que les droits de l’homme et la primauté du droit sont les fondements de la stabilité et de la coexistence.  Il est temps de nous engager plus fermement en faveur de la justice internationale et de la Cour pénale internationale, a souligné le Secrétaire général.

Il a prévenu que la faillite des Chambres extraordinaires des tribunaux cambodgiens serait une tragédie pour les Cambodgiens, qui ont si longtemps attendu la justice.  Il a demandé à la communauté internationale de dégager les ressources nécessaires pour que toutes les affaires puissent être menées à terme.

Pour M. Ban, le fait que les États Membres et l’ONU aient été incapables d’empêcher et de faire cesser des violations graves des droits de l’homme a eu des conséquences désastreuses alors que les violations des droits de l’homme sont les meilleurs signaux annonciateurs de crises.  En ce vingtième anniversaire de la Conférence mondiale de Vienne sur les droits de l’homme, il a promis de faire plus pour aider les États à parvenir rapidement à un consensus propre à prévenir les violations à grande échelle.

Mais le Secrétaire général a insisté sur le fait que la paix et l’exercice des droits de l’homme resteront des mirages tant que nous ne nous attaquerons pas au problème des armes.  Le désarmement nucléaire n’avance pas, s’est-il impatienté.  Alors que les besoins de l’humanité sont immenses, les dépenses d’armement demeurent « absurdement » élevées.  Nous devons reconnaître les vraies priorités et investir dans les gens au lieu de gaspiller des milliards dans les armes.

Dans ce paysage mondial transformé, nous devons trouver de nouvelles manières de gouverner, de nous associer et de régler les problèmes, a conclu le Secrétaire général.  Nous devons trouver les moyens d’être plus que l’équipe des premiers secours ou l’intervenant de dernier ressort.  « Les changements sont inévitables mais les progrès ne le sont pas.  C’est le leadership qui fait la différence. »


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