Iran (République islamique d’)

S.E. M. Hassan Rouhani, Président

24 septembre 2013 (68e session)

Iran (République islamique d’)
Statement Summary: 

M. HASSAN ROUHANI, Président de la République islamique d’Iran, a indiqué que le monde d’aujourd’hui était tout à la fois dominé par la peur et par l’espoir.  « À côté de la peur de la guerre, de la peur de relations régionales hostiles, de la peur d’affrontements mortels entre identités religieuses, ethniques et nationales, de la peur de l’extrémisme, il y a de nouveaux espoirs », a expliqué le Président iranien, citant notamment l’espoir d’une acceptation universelle de la paix plutôt que de la guerre et l’espoir de la prévalence du dialogue sur le conflit et de la modération sur l’extrémisme.

« Les récentes élections en Iran sont la preuve vivante du choix de la paix, de la raison et de la modération », a-t-il poursuivi, indiquant que l’Iran était un pôle de stabilité dans « un océan d’instabilités régionales ».

M. Rouhani a déclaré que l’ère des jeux à sommes nulles était révolue, et ce, même si un petit nombre d’acteurs préfèrent encore recourir à des mécanismes profondément inefficaces et archaïques pour préserver leur ancienne domination.  Critiquant la persistance d’une mentalité issue de la guerre froide et d’une division bipolaire du monde entre « nous les supérieurs » et « eux les vassaux », il a indiqué que la violence stratégique qui se manifeste dans l’empiètement de la marge de manœuvre des acteurs régionaux, les politiques d’endiguement et de changements de régimes fomentés de l’extérieur était extrêmement dangereuse.

Le Président iranien a pourfendu le discours consistant à opposer un centre civilisé à des périphéries qui ne le seraient pas, qualifiant la relation entre les deux pôles d’hégémonique.  « Les discours de propagande islamophobes, iranophobes, hostiles au chiisme, représentent une menace sérieuse pour la paix dans le monde », a-t-il dit, avant de dénoncer les menaces imaginaires, dont la présumée menace iranienne.  « L’Iran ne représente nullement une menace pour le monde ou la région », a affirmé M. Rouhani.

Il a ensuite déploré que la Palestine soit toujours occupée, ajoutant que le concept d’apartheid permettait à peine de décrire les crimes et l’agression institutionnalisée dont sont victimes les Palestiniens.

Abordant la situation en Syrie, il a indiqué qu’il ne saurait y avoir de solution militaire au conflit.  « La poursuite de stratégies expansionnistes et d’objectifs visant à altérer l’équilibre régional par le biais d’intermédiaires affiliés ne peuvent être camouflés derrière une rhétorique humanitaire », a-t-il affirmé.  Tout en condamnant l’emploi d’armes chimiques, il a indiqué que l’accès à de telles armes par les groupes extrémistes terroristes représentait la plus grande menace pour la région et devait être pris en compte dans toute initiative de désarmement.  « La menace illégitime et inefficace d’utiliser la force ou l’emploi actuel de la force ne feront qu’intensifier la violence et aggraver la crise dans la région », a-t-il affirmé.

Le Président iranien a condamné les tirs de drones contre des personnes innocentes au nom de la lutte contre le terrorisme, s’interrogeant tout haut sur les crimes pour lesquels des scientifiques iraniens ont été assassinés.

« Les sanctions injustes, manifestations d’une violence structurelle, sont intrinsèquement inhumaines et frappent les peuples, et non pas les États ou les élites politiques.  Ces sanctions sont violentes, qu’elles soient appelées sanctions intelligentes ou non, unilatérales ou multilatérales, elles violent des droits inaliénables, dont le droit à la vie », a-t-il ajouté.

Pointant la lassitude du monde vis-à-vis de la guerre, de la violence et de l’extrémisme, M. Rouhani a indiqué que son pays était convaincu que tous les défis pouvaient être relevés avec succès, et ce, grâce à un alliage d’espoir et de modération.  « L’espoir de changement, pour le meilleur, est un concept religieux, inné, universel », a-t-il précisé.

Le Président a indiqué que l’Iran après les dernières élections, et en tant qu’acteur régional, agira de manière responsable dans les domaines de la sécurité nationale et internationale et qu’il se tient prêt à coopérer, bilatéralement et multilatéralement, avec d’autres acteurs responsables.  « Nous défendons la paix basée sur la démocratie et le choix des urnes, y compris en Syrie et au Bahreïn », a-t-il affirmé.

Concernant le programme nucléaire iranien, M. Rouhani a mentionné les deux objectifs qui devaient être recherchés de manière inséparable pour parvenir à une solution politique sur ce dossier.  Au titre du premier objectif, il a indiqué que ce programme nucléaire devait poursuivre des fins exclusivement pacifiques.  « Je le déclare sans ambiguïtés, il s’agit là, et s’agira toujours, de l’objectif de la République islamique d’Iran », a-t-il affirmé, ajoutant que les armes nucléaires et autres armes de destruction massive ne faisaient pas partie de la doctrine de défense de son pays et contredisaient ses convictions religieuses et éthiques.

Au titre du second objectif, il a indiqué que l’acceptation et le respect de la mise en œuvre par l’Iran de son droit à l’enrichissement et à la jouissance d’autres droits nucléaires afférents esquissaient la seule voie pour atteindre le premier objectif.  « Il est en conséquence illusoire et extrêmement irréaliste de supposer que le caractère pacifique du programme nucléaire iranien pourra être garanti via l’empêchement de ce programme par des pressions illégitimes », a-t-il affirmé.

« Dans un tel contexte, l’Iran est prêt à s’engager immédiatement dans des pourparlers enserrés dans un calendrier défini et visant à l’obtention de résultats afin de construire une confiance mutuelle et de dissiper les incertitudes en toute transparence », a-t-il poursuivi.

Indiquant qu’il ne cherchait pas à accroître les tensions avec les États-Unis, M. Rouhani a espéré que le Président Obama, dont il a écouté attentivement le discours ce matin, s’abstiendra de suivre les intérêts à court terme des groupes de pression qui cherchent à semer la guerre.  « Ce faisant, nous pouvons parvenir à un cadre pour aplanir nos différences. »

Enfin, à rebours du discours dominant qui postule que l’option militaire est sur la table, M. Rouhani a indiqué que la paix était à portée de main et soumis à l’attention des Nations Unies le projet WAWE « the World Against Violence and Extremism », le Monde contre la Violence et l’Extrémisme, afin de guider le monde dans la direction de la paix.

Faisant part de son optimisme profond pour le futur, qu’il annonce brillant, le Président iranien a conclu son intervention par un verset du Coran.  « Nous avons proclamé dans les Psaumes, après l’avoir proclamé dans la Torah, que mes serviteurs vertueux hériteront de la terre. »


Source

Droit de réponse (28 Septembre 2013)

À son tour, le représentant de l’Iran a jugé inacceptable la terminologie utilisée par le Ministre des affaires étrangères des Émirats arabes unis pour designer le Golfe persique, en rappelant qu’il est un fait incontestable que la mer située entre la péninsule arabe et l’Iran s’appelait Golfe persique. Toutes les cartes géographiques en témoignent, a-t-il dit, avant de qualifier de « sans fondement », les revendications sur les trois îles d’Abu Musa, de la Petite et Grande Tonb.  Il a toutefois assuré que son pays était prêt à discuter de la question bilatéralement. 

Source: GA/11430

 

Droit de réponse (1 Octobre 2013)

Première déclaration :

Le représentant de l’Iran a souligné le droit inaliénable de son pays à l’énergie nucléaire.  Le programme nucléaire iranien est mené à des fins pacifiques et l’Iran continue de travailler avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).  Les contrôleurs de l’AIEA font leur travail et les échantillons qu’ils contrôlent sont systématiquement mis sous scellés.  Le dernier rapport de l’AIEA confirme qu’il n’y a pas de détournement, a encore dit le représentant.  Il a rejeté les accusations d’Israël, se disant attaché au principe « énergie nucléaire pour tous, arme nucléaire pour personne ».  Les enseignements de l’Islam, a-t-il insisté, nous obligent à renoncer à l’arme nucléaire.  L’arme nucléaire n’apportera jamais la sécurité, elle n’a pas de place dans notre doctrine de défense.

Le représentant a donc regretté que certains pays refusent toujours de faire confiance à son pays et pour y remédier, il a dit privilégier la voie diplomatie et les négociations.  L’Iran est prêt et a demandé un calendrier précis, a souligné le représentant, en ajoutant qu’en retour, les États pourraient lever les sanctions.  Il faut, a-t-il encouragé, soutenir l’atmosphère positive actuelle car personne ne pourra ordonner à l’Iran ce qu’il a à faire ou à ne pas faire. 

Israël, a accusé le représentant, reste le seul pays de la région à ne pas avoir ratifié le Traité sur la non-prolifération, à posséder toutes la panoplie des armes de destruction massive et à avoir mené au moins 10 guerres contre ses voisins, depuis 65 ans.  Israël, a conseillé le représentant, devrait éviter toute erreur avec l’Iran et ne pas prendre cette position pour une faiblesse.  Une offensive de charme vaut mieux qu’une offensive de mensonges, a conclu le représentant, en citant son Ministre des affaires étrangères.

Source: GA/11432

 

Deuxième déclaration :

À son tour, le représentant de l’Iran a tenu à préciser que le Ministre iranien des affaires étrangères a dit qu’une offensive de charme vaut mieux qu’une offensive de mensonges.

Source: GA/11432

Déclaration

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