Géorgie

S.E. M. Mikheil Saakashvili, Président

25 septembre 2013 (68e session)

Georgia
Statement Summary: 

M. MIKHEIL SAAKASHVILI, Président de la Géorgie, a déclaré qu’il était venu à New York pour partager les espoirs de son pays et fustiger le fatalisme ambiant de certains.  « Si l’Occident est démodé, pourquoi des millions de Polonais, de Tchèques, d’Estoniens et de Roumains chérissent autant le jour où ils ont adhéré à l’OTAN et pourquoi des millions d’Ukrainiens, de Géorgiens, de Moldaves frappent-ils si désespérément à la porte de l’Union européenne? » s’est demandé le Président géorgien.  Parce que la liberté restera toujours le moteur et l’horizon de l’histoire, a-t-il répondu.  Il a regretté que les pays d’Europe orientale, dont l’Arménie, la République de Moldova, l’Ukraine et l’Azerbaïdjan, qui aspirent à rejoindre les nations libres et démocratiques de la famille européenne, font face à des pressions et des menaces constantes, alors que la Géorgie est occupée.  « Tout cela, parce qu’un vieil empire essaye de regagner ses frontières perdues », a-t-il dit en ajoutant que la Fédération de Russie n’avait aucun intérêt à avoir des États stables autour d’elle.  Il a dit que la Fédération de Russie ne souhaitait ni l’avènement d’un État moderne en Azerbaïdjan, ni une Arménie forte, parce que le maintien d’une situation de conflit est le meilleur moyen de bloquer l’intégration de ces deux pays dans l’espace européen.  L’Ukraine fait face à des pressions constantes tandis que l’annexion de la Géorgie se poursuit, a-t-il fait observer. 

Malgré les déclarations amicales publiées par le nouveau Gouvernement géorgien, les militaires russes continuent d’avancer leurs positions en Géorgie en divisant des communautés avec des barbelés.  En menaçant l’économie géorgienne et en se déplaçant vers l’oléoduc Bakou-Soupsa et la principale autoroute de Géorgie, les forces russes remettent en question la stabilité même de notre pays, a ajouté le Président géorgien.

Par ailleurs, M. Saakashvili a soutenu que les efforts pour repousser les avancées de l’Union européenne et de l’OTAN dans la région devenaient de plus en plus intenses.  Il a déclaré que ces efforts se résumaient aujourd’hui au projet d’Union eurasiatique imaginé par Vladimir Putin comme une alternative à l’Union européenne.  Il a regretté que l’intégration européenne et euro-atlantique exige autant d’efforts, en s’inquiétant des risques de voir certains pays renoncer à cause de pressions de plus en plus fortes.  L’Union eurasiatique est un projet d’anciens officiers du KGB, a-t-il affirmé, avant de saluer la qualité des sociétés européennes dans lesquelles la méritocratie a la primauté sur le népotisme.  Le Président de la Géorgie a qualifié l’Union européenne du plus grand succès politique de ces dernières décennies.  Il a indiqué que l’Union européenne s’appuyait sur trois piliers que sont le rejet du nationalisme extrême, le rejet du communisme et le rejet du colonialisme et de l’impérialisme, alors que l’Union eurasiatique s’appuie sur l’intolérance dans le seul but de faire revivre un vieil empire. 

Aucun critère social, économique ou politique n’est nécessaire pour adhérer à l’Union eurasiatique et la passivité et la médiocrité sont les seuls critères, a estimé M. Saakashvili.  Aucun empire n’est viable aujourd’hui, pas plus que l’« empire russe », a-t-il rappelé, en ajoutant que la Fédération de Russie deviendra tôt ou tard un pays, démarqué par des frontières et non plus des « marges ».  Il a estimé que « lorsque Vladimir Poutine disparaîtra de la politique dans quelques années, les Russes s’en rappelleront comme d’un fantôme d’une vieille époque, de l’époque de l’empire, de la corruption et de l’oppression ».  La Fédération de Russie ne sera alors plus un empire mais un État-nation normal.  Le Président géorgien a appelé à investir plus dans le Partenariat oriental lancé par l’Union européenne en réponse à l’invasion de la Géorgie en 2008.  En outre, il a mis l’accent sur les projets que son pays a lancés pour renforcer les contacts entre le Nord et Sud-Caucase.  Enfin, il a dit combien il était fier de la maturité et de la bravoure du peuple géorgien et des sacrifices concédés, avant d’ajouter que la route vers la liberté, l’unité régionale et l’intégration européenne était encore longue. 


Source

Déclaration

Vidéo


Audio

Arabe | MP3

Chinois | MP3

Anglais | MP3

Français | MP3

Russe | MP3

Espagnol | MP3

Sessions précédentes