Estonie

S.E. M. Toomas Hendrik Ilves, Président

25 septembre 2013 (68e session)

S.E. M.Toomas Hendrik Ilves

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Résumé de la déclaration : 

M. TOOMAS HENDRIK ILVES, Président de l’Estonie, a déclaré que le conflit en Syrie était actuellement la situation la plus instable dans le monde.  « L’utilisation d’armes chimiques est inacceptable et exige une condamnation ferme et sans équivoque », a-t-il affirmé avant d’insister sur l’urgence d’assurer la destruction de ces armes dans les meilleurs délais.  C’est pourquoi, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques et le Conseil de sécurité doivent trouver un accord sur des termes juridiquement contraignants, de préférence en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, sans plus attendre.  En ce qui concerne le conflit syrien en général, M. Ilves a regretté qu’il soit difficile, à ce stade, de trouver rapidement une solution.  Cela ne doit pas pour autant ignorer la situation humanitaire tragique dans le pays et venir en aide à la population civile.  Il est également revenu sur les résultats de la commission d’enquête du Conseil des droits de l’homme qui montrent que des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité ainsi que des violations des droits de l’homme systématiques ont bien été commis en Syrie.  L’Estonie, a rappelé son Président, s’était jointe, en janvier dernier, à l’Initiative de la Suisse qui demandait au Conseil de sécurité de déférer la situation en Syrie devant la Cour pénale internationale (CPI), sur la base du principe de protéger les civils qui confère à la communauté internationale le droit d’intervenir lorsqu’un gouvernement n’agit pas.

Le Président de l’Estonie a évoqué la crise au Mali où des élections présidentielles ont pu avoir lieu dans un climat pacifique et transparent, ouvrant ainsi la voie à l’instauration d’un avenir plus prometteur.  Pour M. Ilves, la situation en Afghanistan est également prometteuse.  L’Estonie soutient l’idée que la responsabilisation et l’appropriation permettent aux Afghans de devenir maîtres de leur destin.  La communauté internationale doit rester aux côtés des Afghans pour que ces efforts puissent porter leurs fruits, a-t-il averti, en assurant l’Afghanistan du soutien continu de son pays.

Passant aux conflits de plus longue durée, le Président estonien a demandé à la communauté internationale de ne pas perdre de vue la situation de Nagorno-Karabakh ainsi que celles de la Géorgie et de la Moldavie car, a-t-il prévenu, sans la volonté des parties, il ne sera pas possible d’y trouver des solutions durables.

Pour M. Ilves, la vocation première du programme de développement pour l’après-2015 devrait être de transformer les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) en objectifs de développement durable.  « Les OMD étaient axés davantage sur les plus démunis et les groupes les plus exclus », a-t-il noté.  À l’avenir, il faudrait trouver un accord sur un ensemble d’objectifs de développement concrets et mesurables ancrés dans les trois piliers du développement durable et qui auraient pour centre l’éradication de la pauvreté.  Tous les pays devraient être en mesure de les appliquer et de les atteindre, a-t-il poursuivi, en insistant en particulier sur le rôle des femmes et des filles qui sont les vecteurs les plus puissants du développement dans de nombreuses sociétés.  Si elles ne peuvent bénéficier pleinement d’une éducation, d’un emploi décent et de services de santé adéquats, cela reviendrait à dénigrer le potentiel de la moitié de l’humanité, a-t-il souligné.  Dans cet esprit, il a mis en exergue le rôle important que l’aide au développement doit continuer à jouer dans de nombreux pays, tout en évitant qu’elle vienne concurrencer les flux d’investissements privés internationaux et les ressources mobilisables au plan domestique.  M. Ilves préconise par conséquent davantage de synergies entre les différentes sources de financement, de meilleures politiques et une appropriation nationale forte de ces politiques.  L’autre vecteur du développement durable est, selon lui, d’établir des politiques inclusives et responsables dans le domaine économique.  Il a ainsi souligné le rôle des nouvelles technologies de l’information qui contribuent souvent à une meilleure gouvernance.  Toutefois, il faudrait se pencher sur la question de la sécurité cybernétique et de la liberté d’utilisation d’Internet qui sont intrinsèquement liées, a soutenu le Président de l’Estonie, en appelant à la mise en place d’un mécanisme de gouvernance d’Internet qui soit régi par le droit international.


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