États-Unis d'Amérique

S.E. M. Barack Obama, Président

24 septembre 2013 (68e session)

S.E. M.Barack Obama

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Résumé de la déclaration : 

M. BARACK OBAMA, Président des États-Unis, a énuméré les progrès face à la crise économique, et à la situation en Iraq et en Afghanistan.  Il n’a pas oublié de dire que son pays a commencé à réexaminer la manière dont il collecte les renseignements pour préserver l’équilibre entre les préoccupations légitimes de ses citoyens et de ses alliés et, le respect de la vie privée.

Grâce à tous ces progrès, a dit M. Obama, « le monde est plus stable qu’il y a cinq ans ».  Mais le danger demeure, a-t-il prévenu, en rappelant les attaques terroristes au Kenya, au Pakistan, la menace que continue de représenter Al-Qaida, « les convulsions » en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. 

S’attardant sur la situation en Syrie, le Président a estimé que la communauté internationale doit d’abord et avant tout faire respecter l’interdiction des armes chimiques.  Quand, s’est-il expliqué, j’ai déclaré ma disposition à ordonner des frappes ciblées contre le régime syrien pour riposter contre l’utilisation d’armes chimiques, je ne l’ai pas fait à la légère mais je l’ai fait convaincu qu’il est de l’intérêt des États-Unis et de la communauté internationale de faire respecter une interdiction dont les origines sont bien plus anciennes que l’ONU elle-même. 

Les preuves sont « accablantes » sur le fait que le régime Assad a utilisé des armes chimiques le 21 août, a poursuivi le Président des États-Unis, en invoquant le rapport de la mission d’enquête.  Le Président s’est dit conscient que beaucoup ont douté de la légitimité d’une frappe, même limitée, sans un mandat clair du Conseil de sécurité.  Mais, a-t-il dit, sans une menace militaire crédible, le Conseil n’aurait montré aucune volonté d’agir.   

M. Obama a confié, dans les discussions qu’il a eues avec le Président Poutine, cette dernière année, que sa préférence a toujours été la diplomatie.  Il a ainsi rappelé que ces dernières semaines, son pays, la Fédération de Russie et d’autres alliés, ont conclu un Accord, à l’issue duquel la Syrie a donné, comme mesure préalable, la liste de ses stocks d’armes chimiques.  Maintenant, a-t-il tranché, il faut une résolution forte du Conseil pour veiller à ce que le régime Assad respecte bien ses engagements et pour prévoir des conséquences s’il ne le fait pas.  Un accord sur les armes chimiques pourrait galvaniser un effort diplomatique plus large pour un règlement politique de la crise syrienne.  Je ne crois pas, a-t-il affirmé, qu’une action militaire de ceux qui sont en Syrie ou des puissances étrangères peut amener à une paix durable.

Je ne crois pas non plus, a-t-il poursuivi, que les États-Unis ou tout autre pays doit choisir le prochain leader de la Syrie.  Toutefois, a-t-il souligné, un leader qui assassine ses citoyens et répand sur des enfants des gaz mortels peut recouvrer la légitimité de diriger un pays profondément divisé.  Il est temps, a-t-il dit, que la Fédération de Russie et l’Iran réalisent que leur insistance sur le rôle d’Assad mènera inévitablement à ce qu’ils craignent à savoir faire de la place aux extrémistes.  Dans le même temps, a-t-il concédé, ceux d’entre-nous qui appuyons l’opposition modérée doivent la persuader que le peuple syrien ne peut s’offrir l’effondrement de ses institutions publiques et qu’un règlement politique ne peut être atteint sans une réponse aux craintes légitimes s’agissant des Alaouites et autres minorités. 

Le Président a annoncé que son gouvernement s’est engagé à verser une autre somme de 340 millions de dollars pour appuyer l’aide humanitaire en Syrie, mais, a-t-il prévenu, aucune aide ne saurait remplacer un règlement politique qui offre aux Syriens la chance de reconstruire leur pays.

La situation en Syrie, a constaté le Président, témoigne d’une contradiction qui persiste, dans la région, depuis une décennie: les États-Unis sont accusés de vouloir s’ingérer dans les affaires régionales et d’avoir la main haute sur tous les complots.  Mais on les accuse aussi dans le même temps, de ne rien faire pour résoudre les problèmes de la région et de montrer de l’indifférence face aux souffrances des musulmans.  

Cette contradiction, a fait observer le Président, a un impact direct sur l’appui des Américains à l’implication de leur pays dans la région et permet aux leaders régionaux mais aussi à la communauté internationale d’éviter de résoudre eux-mêmes les problèmes difficiles.  Les États-Unis, a affirmé le Président, sont prêts à utiliser tout ce qui est en leurs pouvoirs, « y compris la force militaire », pour protéger leurs intérêts dans la région, qu’il s’agisse d’une réponse à l’agression, de l’accès à l’énergie, de la lutte contre le terrorisme, du démantèlement des armes de destruction massive ou de la promotion de la démocratie, des droits de l’homme et du libre-échange. 

Mais, a reconnu le Président, ces objectifs ne peuvent être atteints par la l’action unilatérale, soit-elle militaire.  Les États-Unis, a-t-il dit, vont concentrer leurs efforts diplomatiques sur deux questions: le nucléaire iranien et le conflit arabo-israélien.  Si on parvient à régler le problème du programme nucléaire iranien, il sera possible, a prédit le Président, de faire un grand pas vers des relations différentes entre les États-Unis et l’Iran, des relations fondées sur les intérêts et le respect mutuels.

M. Obama s’est félicité de la fatwa que vient d’édicter le Guide suprême iranien contre la production d’armes nucléaires.  Mais les actes doivent suivre la parole, a-t-il prévenu.  Compte tenu de la bonne volonté affichée par le nouveau Président iranien, M. Obama a dit avoir demandé à son Secrétaire d’État de continuer à dialoguer avec Téhéran, convaincu que la voie diplomatique doit être explorée.

S’agissant du conflit israélo-palestinien, M. Obama l’a répété clairement: les États-Unis ne reviendront jamais sur leur engagement en faveur de la sécurité d’Israël ni sur son appui à son existence comme État juif.  Les États-Unis sont tout aussi convaincus du droit des Palestiniens de vivre dans la sécurité et la dignité dans leur propre État.  Compte tenu du retour des dirigeants palestiniens et israéliens à la table des négociations, le Président a appelé les amis d’Israël à reconnaitre que la sécurité d’Israël dépend de la création d’un État palestinien.  Aux États arabes et autres partisans de la cause palestinienne, M. Obama a dit qu’il faut aussi reconnaître que la stabilité ne viendra que de la solution à deux États et d’un État d’Israël vivant en toute sécurité.  La paix serait l’arme la plus puissante pour défaire les extrémismes, a-t-il insisté.

Venant à la crise en Égypte dont le Gouvernement provisoire « a pris des décisions pas tout à fait conformes à une démocratie inclusive », M. Obama a dit qu’il a refusé de prendre parti pour l’une partie ou l’autre pendant les manifestations qui ont conduit au départ du Président Morsi.  Aujourd’hui, il a dit que l’appui américain dépendra des progrès de l’Égypte sur une voie plus démocratique.

Nous ne cesserons jamais d’appuyer les principes conformes à nos idéaux et rejetterons la notion selon laquelle ces principes ne sont que des exportations occidentales incompatibles avec le monde musulman ou arabe.  Le danger n’est pas une Amérique impatiente de s’ingérer dans les affaires des autres mais une Amérique qui, après une décennie de guerre, préoccupée, à juste titre, par ses propres problèmes, consciente de l’hostilité née de son engagement dans la région, se désengage, créant ainsi le vide dans un leadership qu’aucune autre nation ne veut assumer. 


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