Turquie

S.E. M. Ahmet Davutoğlu, Ministre des affaires étrangères

28 septembre 2012 (67e session)

S.E. M.Ahmet Davutoğlu

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Résumé de la déclaration : 

« Je serai franc et je parlerai la langue des peuples que nous représentons », a d’emblée expliqué M. AHMET DAVUTOĞLU, Ministre des affaires étrangères de la Turquie.  « Chaque année, nous débattons de défis titanesques qui nous attendent et nous exprimons notre détermination à les résoudre mais, souvent, a-t-il regretté, nous n’agissons pas à l’unisson et de nombreux conflits demeurent sans solution. »  Il a cité, à cet égard, le cas de la Palestine, en émettant l’espoir qu’elle deviendra un jour Membre à part entière de cette Assemblée.  Il a également plaidé pour un règlement pacifique du conflit au Nagorno-Karabakh, dans le respect de l’intégrité de l’Azerbaïdjan.  En outre, il a insisté sur la question de Chypre qui, depuis 50 ans, n’a pas permis d’aboutir à une solution.  Les Chypriotes turcs, a-t-il dit, continuent de subir « l’isolement et un embargo injuste en raison de leur appui au règlement proposé par les Nations Unies ».

Chaque année, la communauté internationale se trouve submergée par de nouveaux problèmes, a poursuivi M. Davutoğlu.  Il a fait allusion au fait que certains États aient recours à la répression brutale à l’encontre de leurs citoyens qu’ils sont censés protéger, et au fait que des millions de personnes vivent dans la pauvreté, dans la répression ou dans des conditions qu’aucun être humain ne devrait connaître.  « Chaque matin ou chaque printemps est synonyme d’espoir.  Notre rôle est d’œuvrer pour réaliser la paix et pour répondre, ainsi, aux attentes de l’humanité », a-t-il dit.  « Mais comment parler de liberté et de justice lorsque nous sommes incapables d’agir pour préserver les principes universels qui sont les fondements des Nations Unies?  Comment allons-nous maintenir la paix et la sécurité internationales si nous demeurons incapables de contraindre des régimes brutaux de respecter la primauté du droit? » s’est-il interrogé.  Il a considéré que face à la situation que connaît jour et nuit la Syrie, l’incapacité de la communauté internationale devenait un instrument entre les mains de despotes qui détruisent leur population.

Dans ce contexte, M. Davutoğlu a estimé qu’il faudrait que les Nations Unies soient « efficaces, solides et crédibles » et qu’elles s’attaquent à « la question en souffrance », c’est-à-dire leur réforme.  « Le Conseil de sécurité devrait devenir un organe plus efficace, plus fonctionnel et plus représentatif afin de répondre aux véritables besoins du monde ».  Il a ensuite rappelé que 30 000 personnes avaient déjà été tuées en Syrie, que 300 000 Syriens avaient fui vers les pays voisins et que ce pays comptait un million de déplacés à l’intérieur de ses frontières.  « Cette tragédie s’est traduite par des statistiques.  Qu’a fait la communauté internationale pour arrêter ce carnage? a-t-il demandé.  C’est une honte de voir que, 20 ans après, les fantômes de Srebrenica et d’Halabja continuent de nous hanter dans les rues de Syrie », s’est indigné M. Davutoğlu.  Il a estimé qu’il n’y avait aucune explication légitime à « l’échec du Conseil de sécurité à se faire l’écho de la communauté internationale » et que cette incapacité encourageait, par ailleurs, le régime syrien à tuer davantage.  Il a également rappelé que son pays accueillait, à présent, 90 000 réfugiés syriens et que la situation en Syrie posait une véritable menace à la paix et à la sécurité de la région.

Avant de clore son intervention, M. Davutoğlu a condamné les attaques récemment perpétrées contre l’Islam et le prophète Mahomet, en estimant que celles-ci étaient des « provocations flagrantes visant à dénigrer les valeurs sacrées d’une confession ».  Il a également estimé que l’islamophobie était devenue une nouvelle forme de racisme et que la liberté d’expression ne devrait pas être synonyme d’anarchie mais de responsabilités.  Il a, par ailleurs, vigoureusement condamné l’assassinat de l’Ambassadeur américain Chris Stevens, en Libye.  « Toute forme de violence à l’encontre d’innocents ne pourra jamais trouver de justification », a-t-il soutenu.


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