Suisse

S.E. Mme  Eveline Widmer-Schlumpf, Président

25 septembre 2012 (67e session)

S.E. Mme Eveline Widmer-Schlumpf

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Résumé de la déclaration : 

Mme EVELINE WIDMER-SCHLUMPF, Présidente de la Confédération suisse, a rappelé que la Suisse a adhéré à l’ONU il y a 10 ans en devenant à l’époque le 190e  État Membre et le premier pays dont les citoyens ont pu décider de l’adhésion par votation populaire.  Mettant l’accent sur les défis importants et urgents auxquels nous sommes confrontés, Mme Widmer-Schlumpf a cité les changements climatiques, les pénuries de nourriture et d’eau, les migrations, la criminalité organisée, le terrorisme et la prolifération des armes.

 

Au vu de l’interdépendance croissante de ces défis, la Présidente a dit que l’ONU est plus importante que jamais et doit être au centre de la gouvernance internationale.  Elle a ajouté que l’ONU sera efficiente si elle parvient à moderniser et améliorer ses processus afin de pouvoir agir de manière plus rapide et coordonnée malgré la pression budgétaire croissante.  C’est pourquoi, elle a appuyé le projet de réforme porté par le Secrétaire général de l’ONU en appelant à sa mise en œuvre rapide.

Estimant que les structures actuelles de l’ONU n’incitent pas à sortir des sentiers battus, elle a dit qu’une intensification des échanges non seulement au sein de l’ONU, mais aussi entre l’ONU et les milieux scientifiques, la société civile et le secteur privé favoriserait la créativité et assurerait aux activités de l’ONU un soutien plus large.  De tels échanges sont encouragés de manière ciblée au siège de l’ONU à Genève, a-t-elle rappelé en arguant que le recours au droit de veto au sein du Conseil de sécurité est difficilement justifiable en cas de génocides, de crimes de guerre ou de crimes contre l'humanité.  C’est pourquoi la Suisse, conjointement avec d’autres pays, continue de revendiquer une réforme des méthodes de travail du Conseil de sécurité.  En effet, la transparence et la collaboration de ce dernier avec les autres organes de l’ONU doivent être améliorées, et le droit de veto limité.

La Présidente a appelé à aller plus loin dans les domaines de la médiation et de la diplomatie préventive, en notant que la majeure partie du budget de l’ONU reste consacrée aux opérations de maintien de la paix.  « Mieux vaut prévenir que guérir, cela vaut pour les individus comme pour les États », a-t-elle insisté.  Lorsque la prévention ne suffit pas, la communauté internationale doit agir fermement et l’ONU doit se montrer capable d’agir et de s’imposer, a-t-elle encore dit.

La Suisse suit avec inquiétude l’aggravation dramatique de la situation en Syrie où les droits de l’homme et le droit international humanitaire sont bafoués.  La Suisse a débloqué plus de 15 millions de dollars pour l’aide humanitaire en Syrie et dans les pays voisins.  La Suisse mène aussi un groupe composé de quelque 30 pays qui demandent que la Cour pénale internationale se saisisse du cas de la Syrie.  La Présidente a exhorté la communauté internationale à prendre conscience de la gravité des violations des droits de l’homme commises en Syrie et a salué le travail de la Commission d’enquête instituée par le Conseil des droits de l’homme, en en demandant le renforcement.

S’agissant des objectifs de développement durable, elle a déclaré que tout ou presque va dépendre de la réussite du passage à un développement durable et de la transition vers une « économie verte ».  Elle a estimé que le Document final de Rio+20 nous offre une chance qu’il faut saisir.  Elle a précisé que la Suisse fournira toute sa contribution dans le cadre du partage des efforts à accomplir entre le Nord et le Sud.  Elle a appelé à mettre en place sans tarder le Fonds vert pour le climat qui sera un élément clef du financement de la transition.  Elle a ajouté que le passage à une économie verte exige de nouveaux modes de pensée et d’action.

La Présidente a dit l’importance de l’Agenda post-2015 qui nous permet de tirer profit des expériences faites avec les Objectifs du Millénaire pour le développement et d’élaborer pour la première fois un ensemble d’objectifs universels pour le bien-être des générations futures du monde entier.  Citant le philosophe romain Sénèque, qui a écrit « nous aurions assez de temps si nous en perdions moins », Mme Widmer-Schlumpf a appelé à s’attaquer tout de suite aux grands défis, en unissant nos forces pour promouvoir la paix et la sécurité dans le monde et pour mieux protéger les droits de l’homme.


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