Serbie

S.E. M. Tomislav Nikolić, Président

25 septembre 2012 (67e session)

Statement Summary: 

M. TOMISLAV NIKOLIC, Président de la Serbie, s’est longuement attardé sur la « Déclaration unilatérale d’indépendance autoproclamée par les autorités de la République du Kosovo ».  Je ne suis pas un prophète, mais je dois dire que cela représente un dangereux précédent et une menace à long terme à la stabilité de l’ouest des Balkans et au-delà, a-t-il averti.  M. Nikolic a fait observer que la majorité des États Membres s’étaient abstenus de reconnaître cette Déclaration.  Il les a exhortés à rejeter toute solution qui ne serait pas issue d’un accord clairement défini entre la Serbie et les « parties albanaises » dans le but de maintenir la paix et la stabilité.

 

Après avoir expliqué qu’en vertu de la Constitution serbe, le Kosovo et le Metohija sont une partie intégrante de la Serbie, M. Nikolic a indiqué que son pays était la victime d’une politique de deux poids, deux mesures.  Les principes de respect de l’intégrité territoriale impliquent la prévention des sécessions ou la modification des frontières d’un État internationalement reconnu.  Notre lutte contre la Déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo est un combat pour protéger les principes de l’intégrité territoriale, a-t-il ainsi affirmé.

M. Nikolic a ensuite rappelé que la Serbie avait rendu à la justice internationale ses citoyens soupçonnés d’avoir commis des violations graves du droit international.  Pour cette raison, nous nous attendons à ce que justice soit faite à notre pays et à notre population qui se sont alignés du côté du droit et de la justice lors des deux guerres mondiales.  Comment se fait-il que les règles du droit et de la justice internationale ne soient bafouées à ce point que lorsqu’il s’agit de la Serbie et des Serbes.  « On peut parler de discrimination avec raison? » s’est-il emporté, s’insurgeant contre le fait que la Serbie se voit de plus en plus souvent sommée par « les puissants » à faire le choix difficile entre l’abandon du Kosovo et Metohija ou l’abandon de son adhésion à l’Union européenne.

Le Président serbe a indiqué que la Serbie s’était engagée à honorer ses obligations découlant de l’Accord conclu jusqu’à présent, même s’il a dit y voir une manière de répondre aux souhaits de la « partie albanaise » et aux concessions acceptées « sous une forte pression » par les dirigeants serbes d’alors.

La Serbie, a-t-il martelé, n’est pas prête et ne reconnaîtra jamais sous quelque circonstance que se soit, explicitement ou implicitement, la Déclaration unilatérale d’indépendance.  M. Nikolic a toutefois assuré que la Serbie prendrait part au suivi des négociations dans le but d’aider l’ensemble des « citoyens du Kosovo et Metohija » à avoir une meilleure vie.  La Serbie, a-t-il précisé, ne négociera cependant pas la mise en œuvre de l’indépendance du soi-disant État du Kosovo.  Le Président serbe a réclamé des négociations directes au plus haut niveau politique possible, estimant qu’un accord ne pourrait être conclu que de manière consensuelle et dans l’absence d’actions ou de décisions unilatérales.

M. Nikolic a condamné dans les termes les plus fermes toute tentative par la « soi-disant République du Kosovo » de s’accaparer du patrimoine de « l’État serbe médiéval », héritage spirituel du peuple serbe, et la propriété de l’Église orthodoxe serbe dans la province serbe du Kosovo.  La tentative de transformer quatre monastères de l’Église orthodoxe serbe en héritage culturel du soi-disant Kosovo est une tentative flagrante de falsification de l’histoire, a-t-il accusé.

Le Président serbe a également réclamé une enquête sur les allégations de trafic d’organe contenues dans le rapport du Rapporteur de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, M. Dick Marty.  Certains doivent avoir mauvaise conscience car deux ans se sont écoulés depuis la publication de ce rapport, a-t-il lancé.  La Serbie ne cherche qu’à connaître le destin des centaines de Serbes qui ont disparu du Kosovo et Metohija et qu’on croit à juste titre victimes d’un trafic d’organes et autres crimes commis au Kosovo et Metohija.  Les Serbes, a-t-il par ailleurs fait observer, ont toujours été injustement considérés comme les seuls auteurs de crimes, jamais comme les victimes.


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