Secrétaire général des Nations Unies

S.E. M. Ban Ki-moon, Secrétaire général

25 septembre 2012 (67e session)

S.E. M.Ban Ki-moon

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Résumé de la déclaration : 

« Je suis ici pour tirer la sonnette d’alarme quant à la direction que prend notre famille humaine », a déclaré d’emblée M. BAN KI-MOON, Secrétaire général des Nations Unies, évoquant tour à tour l’insécurité et l’injustice généralisées ainsi que les inégalités et l’intolérance.  Il s’est inquiété du fait que les gouvernements gaspillent d’immenses quantités de ressources précieuses sur des armes mortelles alors qu’ils réduisent leurs investissements dans l’être humain et que beaucoup de ceux qui sont au pouvoir semblent délibérément ignorer la menace des changements climatiques.

 

« C’est une époque de turbulence, de transition et de transformation », a constaté le Secrétaire général, une époque, a-t-il dit, où le temps ne joue pas en notre faveur.  Les gens veulent un emploi et la perspective d’une vie décente.  Mais trop souvent, ils se heurtent au déni de leurs rêves et de leurs aspirations.

S’adressant aux nombreux dirigeants qui viennent pour la première fois à l’Assemblée générale, le Secrétaire général leur a rappelé que leurs populations veulent des résultats maintenant, pas dans un avenir lointain.  « Les populations veulent des progrès et des solutions dès maintenant.  Elles veulent des idées, du leadership et un espoir concret pour leur avenir. »

 

Le Secrétaire général a mis en exergue les cinq impératifs de son programme d’action: le développement durable, la prévention, l’édification d’un monde plus sûr, l’aide à octroyer aux pays en transition, ainsi que l’autonomisation des femmes et des jeunes.  Il s’est enorgueilli des importantes avancées réalisées sur certains de ces fronts, notamment la transition démocratique actuellement à l’œuvre dans le monde arabe et au Myanmar.  Il a néanmoins appelé les États Membres à élever le niveau de leurs ambitions.

Voyant dans le développement durable le « véhicule de nos espoirs pour l’avenir », le Secrétaire général est revenu sur le lancement, hier, de l’initiative « Énergie durable pour tous ».  Il a annoncé qu’il lancerait demain une nouvelle initiative intitulée « L’éducation avant tout » et que de nouvelles contributions pour l’initiative « Renforcement de la nutrition » seront annoncées jeudi.  Nous prouvons, sur le terrain, que les partenariats bien pensés peuvent donner des résultats qu’aucun d’entre nous ne pourrait obtenir seul, a affirmé M. Ban.

 

Conscient du fait qu’il ne reste plus que trois ans avant l’expiration du délai fixé pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), le Secrétaire général a indiqué que la crise économique ne peut servir de prétexte pour revenir sur des engagements qui, a-t-il fait observer, concernent les besoins fondamentaux de tous les êtres humaines.  Il a parlé des objectifs de développement durable consacrés à la Conférence Rio+20 et a formulé l’espoir que ceux-ci pourraient déclencher la même « mobilisation remarquable » que les OMD.  M. Ban a exhorté les États Membres à conclure un accord juridiquement contraignant sur les changements climatiques d’ici à 2015.

« Tout comme il ne peut y avoir de paix sans développement, il ne peut y avoir de développement sans paix », a enchaîné le Secrétaire général.  Il s’est dit gravement préoccupé par la poursuite de la violence en Afghanistan et en République démocratique du Congo, et a exhorté le Soudan et le Soudan du Sud à résoudre les « questions postsécessions » qui demeurent en suspens.  Il a en revanche salué le courage et la détermination des dirigeants du Myanmar à avancer sur la voie de la démocratie et de la réconciliation.

 

M. Ban a également parlé de la crise au Sahel qui, a-t-il déploré, ne fait pas l’objet de suffisamment d’attention et d’appui.  La pauvreté, la fragilité, la sécheresse et les tensions sectaires menacent la stabilité dans l’ensemble de la région, a-t-il averti.  L’extrémisme est en hausse, les armes faciles à obtenir et les emplois rares.  Le Secrétaire général a engagé la communauté internationale à faire un important effort concerté pour répondre à cette « situation alarmante », précisant qu’il présenterait demain les idées de stratégie intégrée de l’ONU en la matière.  La situation au Sahel, a-t-il précisé, souligne la nécessité de renforcer le système d’alerte précoce pour le développement.  Pour M. Ban, il faut faire davantage pour détecter les remous de la détresse que connaissent les plus pauvres et les plus vulnérables.

Le Secrétaire général a engagé les États Membres à accorder davantage d’attention à la sécurité alimentaire et à renforcer les filets de sécurité, appelant notamment à la hausse des investissements dans l’agriculture durable.  Les gouvernements, a-t-il ajouté, doivent s’abstenir d’imposer des barrières commerciales sur les céréales et autres produits agricoles.

 

Le Secrétaire général s’est ensuite penché sur l’aggravation de la situation en Syrie, y voyant une « catastrophe régionale » aux ramifications mondiales.  Il a réclamé une action du Conseil de sécurité et appelé la communauté internationale, dont le Conseil et les pays voisins de la Syrie, à appuyer de manière concrète et forte les efforts de l’Envoyé spécial conjoint de l’ONU et de la Ligue des États arabes, M. Lakhdar Brahimi.  Il faut mettre un terme à la violence et à l’afflux d’armes vers les deux côtés et lancer dès que possible une transition dirigée par les Syriens eux-mêmes. 

M. Ban a exhorté la communauté internationale à ne pas détourner le regard alors que la violence dégénère en une spirale incontrôlable.  Des abus flagrants des droits de l’homme continuent d’être perpétrés, principalement par le Gouvernement, mais aussi par l’opposition, a accusé le Secrétaire général pour qui « il est de notre devoir de donner un sens concret à la responsabilité de protéger ».

 

Le Secrétaire général a ensuite estimé que le peuple palestinien doit pouvoir réaliser son rêve de vivre dans son propre État et qu’Israël doit pouvoir vivre dans la paix et la sécurité à l’abri des menaces et des roquettes.  La solution à deux États est la seule option viable mais, a-t-il averti, la porte semble être en train de se fermer pour de bon.  Il a pointé du doigt la construction des colonies de peuplement israéliennes dans les territoires occupés.

Il s’est également dit alarmé par les « discours guerriers » prononcés ces dernières semaines.  Les dirigeants ont la responsabilité de se servir de leur voix pour apaiser les tensions et pas pour faire monter la température et aggraver les situations volatiles, a-t-il lancé.

 

Le Secrétaire général a réclamé le succès, à la fin de l’année, de la Conférence sur la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient.  Il a exhorté l’Iran à prouver la nature entièrement pacifique de son programme nucléaire et à la République populaire démocratique de Corée à s’avancer vers la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

M. Ban a ensuite dénoncé « l’acte disgracieux d’un manque de sensibilité flagrant » qui a provoqué, ces deux dernières semaines, « une offense justifiable et une violence injustifiable ».  Pour le Secrétaire général, la liberté d’expression et la liberté de réunion sont fondamentales.  Mais, a-t-il argué, ces libertés ne sont pas une invitation pour inciter ou commettre des actes de violence.

Le Secrétaire général s’est inquiété de ce que « trop de gens sont prêts à se saisir des petites flammes de la différence pour les transformer en brasiers » et que « trop de gens tolèrent l’intolérance ».  Il a appelé « la majorité modérée à ne pas être une majorité silencieuse ».  Elle doit s’affranchir et dire aux bigots et aux extrémistes, « vous ne parlez pas pour nous », a-t-il encouragé.

 

Face à de tels enjeux, a poursuivi le Secrétaire général en français, l’ONU doit continuer à se renouveler.  Il a évoqué la création d’un « Secrétariat mondial » capable d’appuyer la présence mondiale de l’ONU, observant que la mobilité du personnel est un premier pas essentiel en la matière.  Il a annoncé une proposition à ce sujet dans les toutes prochaines semaines.  Il a aussi souligné l’importance de rationaliser le processus budgétaire et de l’ancrer dans la confiance.  « La microgestion ne sert les intérêts de personne », a-t-il fait observer.  En tant que Secrétaire général, a-t-il ajouté, « je dois avoir assez de marge de manœuvre pour assurer la gestion dans un environnement dynamique ».

M. Ban a aussi parlé de l’importance d’exploiter pleinement le potentiel des partenariats dans tous les domaines et a annoncé qu’il ferait prochainement des propositions précises sur le renforcement des moyens dont l’ONU dispose pour constituer de tels partenariats.  Une ONU plus forte, a-t-il affirmé, est indispensable pour tout ce que nous espérons accomplir pour les peuples du monde.

 

« Ensemble, si nous nous mettons tous à la hauteur de nos responsabilités, nous pourrons répondre aux défis actuels, saisir les chances d’une époque pleine de changements spectaculaires et donner une nouvelle vie aux principes et aux objectifs de notre Charte. »


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